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Violences conjugales : les policiers s'équipent de QR codes

Pour lutter contre les violences conjugales, dont le risque de hausse du nombre de victimes s'est accru avec le second confinement, les policiers du département des Yvelines se sont équipés de cartes QR codes, facilement distribuables, notamment lors des visites à domicile.
Violences conjugales : les policiers s'équipent de QR codes
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Société Publié le ,

Parce que le confinement du printemps dernier a engendré une hausse du nombre de signalements de violences conjugales, « cinq fois plus qu'en temps normal » comme le soulignait Marlène Schiappa, ministre déléguée auprès du ministre de l'Intérieur, chargée de la Citoyenneté, la crainte que ce scénario ne recommence lors du reconfinement a incité les policiers yvelinois à se doter de ce nouveau dispositif discret.

Si, à date, l'association Développement ignymontain de rencontres et d'entraide (Dire) et le Centre d'information sur les droits des femmes et des familles (CIDFF), n'ont pas relevé une importante augmentation de ces violences, le major Fabienne Boulard, à l'origine de cet outil, reste sur ses gardes : « À mon avis ça va repartir à la hausse, pense-t-elle. Je ne vois pas pourquoi ça ne serait pas pareil. ». C'est pour cela qu'elle a instauré ce dispositif simple et discret, qui permet à la police de prévenir les violences conjugales lorsqu'elle se déplace à domicile. « Lorsqu'on intervient pour tapage et que le couple affirme que tout va bien, même si on a un soupçon, on est contraint de partir sans avoir pu être allé au bout de notre travail, qui consiste avant tout à informer l'éventuelle victime. Cette petite carte à scanner à l'aide de son téléphone portable passe inaperçu », explique-t-elle.

Information et prévention

Loin du regard du conjoint violent, la victime scanne la carte grâce à son téléphone portable et, grâce au QR code qu'elle contient, a accès à de nombreuses informations sur les dispositifs d'aide et d'accompagnement locaux et les coordonnés des contacts d'urgence à solliciter en cas de besoin mais aussi sur les dispositions légales réprimant les violences conjugales et les démarches d'aide juridiques à entamer contre son auteur. Par ailleurs, l'assouplissement du second confinement permet aux victimes de se déplacer plus facilement et donc de s'adresser aux associations d'aide aux victimes, qui sont restées ouvertes et mobilisées en cette période que la ministre déléguée à l'Intérieur qualifiait de
« terreau hélas propice aux violences conjugales ». Preuve en est, fin novembre, la plateforme de signalement internet des violences sexuelles et sexistes de Guyancourt, qui fonctionne 24h/24 et 7 j/7, enregistrait une hausse de 15 % des appels depuis le 30 octobre. Sur la trentaine de policiers qui y orientent les victimes vers un commissariat ou une brigade de gendarmerie pour déposer plainte, douze ont été recrutés fin octobre dernier en prévision du reconfinement.

Cet outil a été récompensé par le ministre de l'Intérieur qui lui a décerné le 3 septembre dernier le prix de l'accompagnement des victimes. Sur le même modèle, des flyers devraient bientôt être mis à disposition dans les pharmacies ou les salles d'attente des cabinets médicaux.

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