AccueilÉconomieTrappes : Yprema, pionnière du recyclage dans le BTP en Île-de-France, a 30 ans

Trappes : Yprema, pionnière du recyclage dans le BTP en Île-de-France, a 30 ans

La centrale de recyclage Yprema de Trappes a fêté dernièrement ses 30 ans au Vélodrome National de Saint-Quentin-en-Yvelines.
Yprema entend bien rester 30 années de plus sur SQY pour accompagner les évolutions des communes.
© Eric Morency - Yprema entend bien rester 30 années de plus sur SQY pour accompagner les évolutions des communes.

Économie Publié le ,

Implantée au cœur de la ville nouvelle, entre la voie ferrée et la RN10, cette entreprise a depuis toujours placé le développement durable au cœur de son projet, consistant à traiter et recycler des matériaux de déconstruction (terres, bétons, couches de chaussée). Se considérant comme pionnière en la matière, Yprema, présente dans trois Régions françaises et forte d’une centaine de salariés, applique donc les principes de l’économie circulaire et des circuits-courts au secteur du BTP. Présente depuis 30 ans à Trappes, au cœur de SQY, elle ne compte pas s’arrêter là et souhaite accompagner l’agglomération sur le long terme. Mais il lui faudra, pour ce faire, franchir d’ultimes obstacles.

« Que de chemin parcouru depuis 1992 ». C’est au Vélodrome national de Saint-Quentin-en-Yvelines, à « quatre tours de pistes » du site trappiste d’Yprema, que Claude Prigent, son président, et ses équipes, ont reçu leurs partenaires, à l’occasion des 30 ans de cette société. « A cette époque, l’activité de recyclage dans le BTP était encore marginale, il fallait prendre son bâton de pèlerin, pour convaincre », s’est remémoré Claude Prigent. Considérant qu’il fallait prendre en compte l’épuisement des matière premières et les effets du développement des villes sur les rejets en gaz à effet de serre, Yprema a souhaité, dès le départ, proposer aux professionnels du BTP francilien une solution de proximité.

Claude Prigent, président d'Yprema.

L’idée était de prendre en charge leur déchets, issus de déconstructions, sur des centrales proches des chantiers des villes nouvelles, et de faire le chemin inverse avec des matériaux recyclés sur place, adaptés pour les sous-couches des chaussées. « Transformer les déchets des uns en ressource pour les autres », tel est la vocation d’Yprema depuis ses débuts.

« Après une période de rodage, le site de Trappes a rapidement trouvé sa clientèle, au cœur d’une communauté d’agglomération qui se régénère en permanence et qui relève désormais les défis liés aux travaux du Grand Paris Express », a relaté Claude Prigent. L’entreprise a, par exemple, livré des matériaux pour la construction du Vélodrome et pour le chantier de la piste de BMX de ce même site. Dans la Région, Yprema a aussi comme références la gare TGV Montparnasse, le parc Disneyland-Paris, et l’aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle. Près de 10 % de l’activité francilienne, sur les 600 000 tonnes que représentent ses sept sites d’implantation, est réalisée sur le site trappiste. Concrètement, en 2021, 60 000 tonnes de déconstruction du BTP ont été réceptionnées, tandis que 59 000 tonnes de matériaux recyclés en sont sorties (des plastiques et des métaux sont parfois retirés), pour être utilisées sur des chantiers à proximité.

Le combat d’Yprema pour le recyclage dans le BTP

L’entreprise a su évoluer avec son temps et augmenter ses exigences, notamment en matière d’externalités négatives (poussières, nuisances sonores…). Il faut dire que pour Yprema, le « développement durable n’est pas qu’une formule, c’est surtout un objectif au centre d’une vision industrielle ».

Du côté des politiques, le discours a également changé depuis les débuts d’Yprema, et sa vision fait aujourd’hui consensus. « Nos activités sont devenues indispensables, nous avons réussi à ne pas opposer croissance économique et développement durable. La stratégie d’implantation de nos centrales, près des villes nouvelles, qui, tous les 20 ans, se reconstruisent, s’est très vite révélée attractive pour les professionnels du BTP ». L’Île-de-France importe encore 40 % de matériaux issus des carrières des régions périphériques, selon Yprema. Dans un contexte de flambée des prix de l’énergie, la solution de proximité qu’elle propose peut permettre aux entreprises du BTP de mieux maîtriser leurs coûts de transport. L’entreprise contribue par ailleurs à l’obligation de recycler 70 % des déchets inertes.

Si l’activité est donc promise à un bel à venir, y compris sur le site de Trappes, deux obstacles gênent encore son plein développement. Le premier, plutôt technique, est d'ordre légal. Le second concerne les terrains. « Il faut un accès plus pérenne au foncier en Île-de-France. Lorsque nous cherchons des solutions, elles peuvent ne pas être jugées bienvenues, car elles sont examinées à l’aune de la matière première, c’est-à-dire les déchets de déconstruction, et pas à partir des matériaux finis, c’est-à-dire les produits routiers », a déploré Claude Prigent, expliquant aussi pour faire reconnaître son activité comme industrielle et non pas comme relevant des déchets. Ce problème lié aux terrrains concerne particulièrement le site de Trappes. La volonté de repenser les entrées de ville, conjuguée à la reconquête du corridor ferroviaire a conduit RFF, gestionnaire du site trappiste, à vouloir changer sa destination il y a quelques années. Situé entre la RN10 et la voie ferrée, cet espace est particulièrement contraint.

@Eric Morency/Yprema - Le site, situé entre la RN10 et la voie ferrée, est sous contrainte.

Aussi, Claude Prigent aimerait obtenir plus de visibilité pour l’avenir. « Nous serions en mesure d’investir sur une centrale Yprema de nouvelle génération, intégrée architecturalement à son environnement urbain et dotée d’aménagement paysagers significatifs, à l’instar de ce qui a été fait à Emerainville, au cœur de Marne-la-Vallée et à Massy », a-t-il expliqué, assurant que si la visibilité dont il avait besoin lui était fournie, il lui serait possible de tenir tous ces engagements sans faute. Le dirigeant s’est même dit prêt à changer de terrain pour pouvoir rester sur Trappes. Toutefois, ses recherches sont restées infructueuses. « C’est difficile, nous avons besoin du soutien des collectivités. Nous avons aussi examiné la possibilité de nous installer en zone d’activité. Nous sommes prêts à le faire. Nous pouvons réaliser 20 % d’espaces verts, nous l’avons prouvé sur d’autres sites », a-t-il ajouté.

Trappes et SQY « attachées à cette entreprise citoyenne »

Ali Rabeh, maire de Trappes et vice-président de la CASQY, a également salué, lors de cette cérémonie, le soutien accordé par l’entreprise à la vie locale. Sur SQY, Yprema sponsorise le club de basket l’Etoile sportive des cheminots depuis 20 ans, une fidélité extrêmement rare selon celui qui a été adjoint aux sports dans sa Ville. « Notre territoire est une ville nouvelle, il est son cœur historique, en pleine régénération. Trappes est inscrite dans le plan national de renouvellement urbain, aboutissant à ce que des quartiers entiers soient voués à la transformation urbaine dans les prochaines années, avec des démolitions qui vont arriver et des reconstructions », a souligné Ali Rabeh, estimant qu’il était nécessaire que l’économie locale bénéficie aussi des perspectives de régénération du territoire. « La présence d’une entreprise telle qu’Yprema, qui permet de fournir les clients potentiels à proximité immédiate à l’échelle de SQY, le permet. Vous êtes un exemple qu’il faut valoriser », a-t-il poursuivi, avant d’inciter les entreprises à favoriser le recrutement local et à former. « On ne peut plus construire sans se poser la question de la durabilité, du réemploi des matières premières, du recyclage. Vous constituez donc un chaînon essentiel entre la déconstruction et la reconstruction et c’est une fierté pour la Ville de Trappes que ces chaînons soient implantés sur son propre territoire », a conclu Ali Rabeh.

Un partenariat innovant

La société Carrières de Voutré, qui dispose de son propre site à proximité de la centrale d’Yprema, propose également une solution innovante pour réduire l’impact des déplacements. L’utilisation de containers pour l’approvisionnement en matériaux et le retour en terre lui permettent de réaliser un double fret et ainsi d’optimiser l’utilisation des voies ferrées. « Le 29 septembre dernier, 600 tonnes de terres d’Yprema ont été chargées à destination de Voutré, dans la Mayenne », a salué Claude Prigent, estimant que cette solution était unique en Europe. Chaque convoi représente l’équivalent de 50 camions en moins sur la route, à l’aller, et au retour, illustrant d’une nouvelle manière les possibilités offertes par l’économie circulaire.

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