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SMART-UP Stéphanie Bompas CMV Informatics, une “smart-up” réinventée

Stéphanie Bompas est présidente de CMV Informatics, une entreprise familiale éditrice de logiciels, spécialisée dans le retail et le commerce, créée il y a 30 ans.
Stéphanie Bompas CMV Informatics, une “smart-up” réinventée
© DR

Économie Publié le , Propos recueillis par Boris STOYKOV

Vous êtes la dirigeante d'une start-up dans l'informatique et les logiciels. Pouvez-vous présenter votre activité et votre projet ?

Stéphanie Bompas : Je dirais plutôt que je dirige une “smart-up”. Une smart-up est une entreprise établie qui se réinvente avec le dynamisme et l'innovation d'une start-up, en s'appuyant notamment sur ses fondamentaux : son équipe, ses produits et ses clients. Nous sommes éditeurs de logiciels spécialisés dans le retail et le commerce, notamment des logiciels de pricing pour le retail et le e-commerce, et de gestion de magasin pour le retail. CMV Informatics est une entreprise familiale que j’ai reprise fin 2015 et dont nous avons fêté les 30 ans cette année.

Le terme smart fait référence à l'intelligence et au logiciel. Quel est donc le logiciel phare sur lequel vous appuyez vos développements aujourd'hui ?

S. B. : CMV Informatics a deux axes, un premier axe historique qui englobe tout ce qui concerne la gestion de points de vente. Le second axe d'innovation porte sur les logiciels de pricing. Nous faisons de l'optimisation de politique de prix et nous permettons à une enseigne qui a une stratégie et une politique de prix de la mettre en œuvre et de la tester.

Nous disposons d’un premier logiciel, Cabexpert Pricing, un logiciel d'optimisation et de simulation de politique de prix qui est utilisé par des grandes enseignes comme Castorama, So.bio/Bio c Bon (la filiale bio de Carrefour), Brico Dépôt, ou Thiriet, par exemple. Le second logiciel se nomme Posipricing. C’est une solution digitale qui offre la possibilité à ceux qui l’utilisent de comprendre leur environnement et leur positionnement concurrentiel et d’y réagir le plus rapidement possible. Grâce à cette plateforme SAAS, les utilisateurs peuvent avoir des informations sur les prix de leurs concurrents mais aussi visualiser les données traitées de façon à ce qu’elles soient utiles directement. C’est un atout pour les équipes marketing, par exemple, qui peuvent voir où elles en sont et ont la capacité de réagir le plus vite possible par des plans d'action dédiés. Donc, c'est très stratégique, car la donnée est traitée et visualisable directement dans un format correspondant à la politique de prix de l’entreprise. Il s’agit donc de passer directement de l’information à l’action.

« Une smart-up est une entreprise

établie qui se réinvente avec le dynamisme

et l'innovation d'une start-up. »

Le pricing s'adresse donc davantage aux supermarchés, hypermarchés et grandes surfaces ?

S. B. : Le pricing s'adresse aux enseignes de grande distribution, ou plutôt aux équipes centrales, soit de pricing, soit de marketing, soit commerciale, soit achat, que ce soit d'ailleurs du retail physique ou du e-commerce. Parmi nos clients, nous comptons également Karavel, qui est un des grands leaders français du tourisme.

Grâce à ce logiciel, vous adaptez donc votre stratégie de prix ?

S. B. : Grâce à lui, vous adaptez en effet votre politique de prix et vous la travaillez sur le long terme. Vous pouvez travailler l'entièreté d'un catalogue de 90 - 100 000 produits, que ce soit par rayon, par famille ou par sous famille. Si, par exemple, votre stratégie est d’attirer les familles et d’être bien placé sur les produits qui les concernent, vous pouvez vous comparer à la concurrence, regarder vos conditions tarifaires de fournisseurs, connaître l'impact financier, et vérifier comment mettre en œuvre votre stratégie. C'est la simulation de prix en langage naturel. Ce qui signifie que vous pouvez transcrire votre politique de prix telle que vous l’avez pensée dans l’outil et simuler différents scénarii en vérifiant les impacts sur la marge ou le chiffres d’affaires notamment.

Dans votre structure CMV Informatics vous faites aussi des logiciels de gestion d'exploitation des supermarchés.
Est-ce toujours le cas ?

S. B. : Tout à fait, c'est la deuxième branche de notre activité et c'est notre branche historique. Au commencement, en 1979, CMV Informatics était un cabinet de conseil en retail indépendant créé par mon père. Nos clients de l'époque étaient notamment Leclerc en Rhône-Alpes et Système U Est. En 1991, mon père décide de traduire le savoir-faire du cabinet de conseil en logiciel, ce qui a donné naissance à notre premier logiciel d'exploitation magasin, Cabexpert Retail. C'est un logiciel entre la caisse et la centrale d'achat qui gère les fournisseurs, les marchandises, les promotions, la démarque, les prix, etc. Dans l’objectif de toujours innover, nous avons sorti cette année une version mobile de ce logiciel qui permet à nos clients de préparer leurs inventaires et leurs commandes directement en magasin et ainsi gagner du temps. On travaille beaucoup, notamment, avec l'enseigne G20 sur Paris et de supermarché et hypermarchés Système U sur la région Est.


© DR

Quels sont vos objectifs d'avenir ?

S. B. : Nos valeurs d'entreprise sont l'intégrité, l’honnêteté et l'excellence pour nos clients. Notre vision d’avenir est une vision d'innovation. Ayant à cœur que nos clients tirent le meilleur parti de leurs outils, nous avons sorti un nouveau produit de mobilité en magasin et une plateforme de e-learning qui a vocation à les aider au mieux. Nous travaillons aussi avec la BPI sur notre prochain produit dans le domaine du pricing. Nos clients étant satisfaits et nos meilleurs sponsors, nous souhaitons élargir notre visibilité. Nous disposons de 30 ans d'expérience dans le retail, c’est le cas de peu d’éditeurs de logiciels de pricing, donc l'idée est de prendre notre envol et de rencontrer de nouvelles enseignes.

D'un point de vue business, nous sommes liés avec Business France, la BPI et avec la French Tech. Nous avons également un représentant aux États-Unis, car le marché américain et international nous intéresse. Pour nos perspectives d'évolution et d’innovation, nous réfléchissons à l'Europe et aux États-Unis, donc c'est aussi une aspiration en termes d'entreprise et on s’y prépare.

L’entreprise a également une grande tradition de transmission aux jeunes. C'est quelque chose qui nous tient particulièrement à cœur et ce depuis les tout débuts de l’entreprise. Donner aux jeunes leur chance, leur apprendre ce qu'est la vie professionnelle, leur donner des astuces pour avoir un comportement professionnel, sur la manière de s'épanouir professionnellement, d’apporter sa pierre à l'édifice et en être fier, sont des engagements qui nous animent. C’est pourquoi, pour fêter les 30 ans de l'entreprise, nous avons décidé de devenir sponsor des Apprentis d'Auteuil. C’est une fondation qui, depuis plus de 100 ans, accompagne les jeunes qui sont en difficulté pour leur donner une éducation et les amener à décrocher un métier. Elle accompagne 30 000 jeunes et plus de 600 familles. Depuis cette année, nous sommes mécènes, ce qui induit que l’on reverse 5 % des résultats de l'entreprise aux Apprentis d'Auteuil. Et comme nous sommes une entreprise bourguignonne -la maison mère étant à Dijon depuis 30 ans- l'équipe a choisi un projet pour Apprentis d'Auteuil là-bas pour accompagner ces jeunes. C’est une belle réussite tant pour l'équipe, l'entreprise et les clients que pour ces jeunes à qui on aura donné un petit peu plus de moyens. Et ça, c'est très motivant.

Vous avez également un mandat au sein de la CCI de Bourgogne. Pouvez-vous nous en parler ?

S. B. : Pour moi, il est important qu’une entreprise et son dirigeant s’inscrivent dans leur communauté et leur territoire, c’est la notion du « giving back » : je rends à la communauté pour le bien commun. C’est la raison pour laquelle j’ai pris plusieurs engagements à titre personnel, notamment pour la Région Bourgogne, dans le cadre de la CCI, pour la Côte D’Or dans le cadre de Réseau Entreprendre, et plus généralement en France et à l’International dans le cadre de l’Insead.

Dans le cadre de la CCI, je fais partie des nouvellement élus de la Chambre de commerce et d’industrie de Bourgogne Métropole qui est la réunification de la Chambre de commerce de la Côte-d'Or et de la Saône-et-Loire. Dans ce cadre-là, je suis secrétaire du bureau de la CCI et membre du conseil de surveillance de la Burgundy School of Business, dont je suis aussi diplômée. (BSB). Toujours dans le cadre de l’aide aux dirigeants, j’ai rejoint le Réseau Entreprendre Côte- d’Or, un réseau de dirigeants national qui aide les nouveaux chefs d’entreprise et pour lequel j'apporte un conseil bénévole à des porteurs de projets.

Par ailleurs, je suis secrétaire du bureau et administratrice de l'Association des anciens de l’Insead, pour laquelle je suis présidente du comité des nominations. Cela concerne l'organisation des nominations des nouveaux vice-présidents du Comité Exécutif et l'élection des nouveaux Administrateurs. Enfin, je suis présidente de la Salamander Golf Society, l’association Golf internationale de l’Insead. L'objectif de cette association c'est d'être un lieu de rencontre qui conserve les valeurs de l’Insead et qui permet de se retrouver à la fois dans le plaisir du sport et du business de manière intergénérationnelle et internationale, avec les anciens de l’Insead.

Parallèlement, vous accompagnez des start-up. De quelle manière ?

S. B. : Du fait de mon expérience dans la mise d'innovation sur le marché et étant moi-même cheffe d’entreprise et formée au coaching, mais aussi du fait de ma passion pour l'entrepreneuriat, j’accompagne les dirigeants et les dirigeantes dans la création d'entreprise. C'est toujours utile lorsqu’on souhaite créer ou reprendre une entreprise, d’être accompagné, de se sentir moins seul et d'avoir des conseils opérationnels de ceux qui sont passés par là. Je fais cela à titre bénévole et personnel depuis plus de 15 ans, ça relève de ma passion pour l'entreprise.

Y a-t-il de plus en plus de femmes dans le milieu des affaires maintenant ?
Est-ce que cela s'équilibre ?

S. B. : Je ne sais pas si on peut dire que ça s'équilibre, mais dans la création d'entreprise, il y a beaucoup de femmes. Selon les industries et les entreprises, c'est très variable. Par exemple, dans les filières techniques, informatiques et scientifiques en général, il y a beaucoup moins de femmes que d'hommes. Par conséquent, quand vous souhaitez recruter, cela peut parfois s’avérer compliqué.

D’autre part, au-delà du nombre de femmes dans le milieu des affaires, la question est aussi de respecter leurs styles de management, parfois différents des styles de management masculins mais tout aussi efficace. La diversité ne s’exprime pas seulement en terms quantitatif, mais en termes qualitatif : l’intégration des spécificités de chacun au service de tous.

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