AccueilTerritoireStephane Baudet – president de l'Amif Île-de-France

Stephane Baudet – president de l'Amif Île-de-France

« On parle ici d'une association dans la région Île-de-France forte de 1 200 communes dont 800 ont moins de 1 000 habitants. C'est un territoire immense. Quand on est bénévole d'une association comme la nôtre, nous n'avons matériellement pas le temps d'aller gambader dans chacune des communes. D'ailleurs, je me permets de le dire au passage, les présidents des associations départementales de l'Amif, ne se déplacent pas davantage, dans les territoires ruraux comme dans les zones urbaines. Ce n'est pas une critique de ma part, c'est normal, puisque ce n'est pas leur rôle. » Selon Stéphane Baudet, « une association est avant tout au service de ses adhérents. C'est une boîte à outils qui répond à une organisation, avec ses commissions, ses partenaires, et qui vient de vivre, de surcroît, un mandat particulièrement difficile. »
Stephane Baudet – president de l'Amif Île-de-France
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L'Amif est une association qui a plus de 30 ans. Pour son président, « depuis six ans, elle est indiscutablement connue à l'échelle régionale. D'ailleurs, si elle attise aujourd'hui les convoitises, c'est bien qu'elle est suffisamment visible pour qu'on ait envie de se battre pour en prendre la présidence. Cette association n'est pas devenue visible et célèbre pendant ce mandat, juste par l'opération du Saint-Esprit. Elle l'est parce que nous, les maires, nous venons de traverser un mandat particulièrement difficile qui a nécessité que les associations d'élus, au premier rang desquelles l'Amif, soient présentes dans tous les combats qui ont été les nôtres. » Il est vrai que l'Histoire récente n'a pas été très favorables aux élus locaux : « Souvenons-nous, par exemple, 15 jours après le début du mandat, nous sommes tous élus sur la base d'un programme électoral. Le discours de politique générale de Manuel Valls annonce le Pacte de stabilité avec 11 milliards de moins pour les collectivités. Premier combat. Qui est monté au créneau sur cette question de la baisse des dotations ? C'est l'Association des maires d'Ile-de-France. Nous avons manifesté deux fois devant l'Assemblée nationale. Nous avons également manifesté, toutes et tous, dans chacun de nos départements, à l'occasion des Journées du patrimoine... »
Nouvelle épreuve au moment de la présidentielle de 2017 : « Les collectivités ont affronté le regard porté par la gouvernance centrale de notre pays. D'une certaine manière, elles illustraient à ses yeux l'ancien monde avec ses territoires, ses clochers, etc. S'en est suivi d'ailleurs le fameux hashtag “Balance ton maire”. Il a fallu, dans un pays qui aime de moins en moins ses élus, que l'on vienne défendre les territoires des communes qui avaient de plus en plus le sentiment d'être abandonnés, que l'on ose des débats comme celui du statut de l'élu, à moment très difficile. Voilà le type de combat que l'on a eu à mener et sur lequel nous avons été présents.

Au moment où le Gouvernement et le président de la République se sont éloignés le plus de ses territoires, « l'Amif a su saisir la balle au bond pour remettre la composante communale au cœur du débat, avec les cahiers de doléances. C'est par milliers que nous avons fait remonter les informations qui ont initié le fameux “Grand débat” porté ensuite par Emmanuel Macron ».

« Capacité de résilience et de mobilisation »

« Un autre exemple illustre le genre d'actions que l'on est capable de mener. Pendant le confinement, quand le préfet de Région décide d'interdire les marchés forains dans nos communes, à un moment où des quartiers entiers, notamment populaires, doivent absolument trouver une l'offre alimentaire de qualité et de proximité, c'est l'Amif – aidée par le sénateur du Val-de-Marne Christian Cambon – qui est montée au créneau. En moins de 36 heures, nous avons obtenu la réouverture d'une grande partie des marchés. »
Stéphane Baudet aime ces deux exemples, parce, pour lui, ils démontrent à la fois la capacité de résilience et de mobilisation de l'association, « mais aussi, et c'est important, le résultat qu'il produit ». Le président de l'Amif Île-de-France ajoute au bilan les « vrais » voyages d'études, les dizaines de colloques, de petits déjeuners, organisés avec les entreprises, sur des sujets de fond.
Eu égard à la baisse « trop rapide » des dotations de l'État, perdues à jamais, « il nous faut réinventer un modèle communal qui aille dans le sens de l'Histoire Nous avons assumé ce débat avec nos partenaires du privé, nos 80 entreprises partenaires. C'est à dire très exactement le double quand nous sommes arrivés il y a six ans. Nous avons démultiplié les colloques sur tous les sujets qui embrassent la vie municipale pour trouver de nouvelles solutions alors que l'on aurait se contenter de deux dossiers très à la mode après les élections municipales, la transition écologique et la transition numérique. »
Voilà une partie du bilan de six années d'action de de l'Amif… « Et ce n'est pas le bilan de Stéphane Baudet, c'est aussi celui des élus membres du conseil d'administration. »

« A la disposition des territoires ruraux »

« A-t-on été suffisamment à la disposition de tous ces territoires ruraux qui se sentent abandonnés ? » Se demande le président de l'Amif Île-de-France… « Peut-être pas… Nous avons néanmoins essayé d'être à leur côté, à travers plus d'une vingtaine de partenariats signés en six ans sur toutes les strates, de la Région, au Forum métropolitain avec lequel on a notamment publié le “Livre des Mobilités 2030”…. Nous avons noué tous ces partenariats pour nourrir le quotidien des élus franciliens. »

« Dans l'avenir, il va falloir, sans doute être, plus présents, faire comprendre aux maires ruraux que l'on est encore plus à leur disposition qu'ils pourraient le penser. Nous avons évidemment essayé de communiquer directement vers les maires, sur tous les territoires, mais il semblerait que cela ne suffise pas et qu'il faille améliorer ces relations. »

Dans l'avenir proche, de nombreux débats se profilent, non pas clivés politiquement, mais clivés territorialement, « qui vont nécessiter que les élus de gauche et de droite qui constituent notre association se retroussent les manches. Quand il va falloir aborder le débat de la décentralisation entre la métropole du Grand Paris, l'avenir des intercommunalités en grande couronne... On remerciera l'Amif d'être là, d'être ce champ de discussion complètement apaisé, qui permet d'alimenter les débats. »

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