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Soldes d'été : bilan en demi-teinte pour les commerçants franciliens

Le bilan des soldes de cette période estivale post-confinement n'est malheureusement pas à la hauteur des espérances. Réalisé par le Centre régional d'observation du commerce, de l'industrie et des services (Crocis), l'observatoire économique régional de la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) Ile-de-France, il révèle que la période de promotions qui s'est achevé la semaine dernière n'a pas été satisfaisante à Paris.
Soldes d'été : bilan en demi-teinte pour les commerçants franciliens
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Économie Publié le ,

Alors que les soldes d'été sont bel et bien terminés, il apparait que la fréquentation des clients, que les commerçants parisiens espéraient forte, s'est essoufflée après quelques semaines. C'est ce que révèle la dernière enquête du Crocis, réalisée par téléphone auprès de 300 commerçants parisiens entre le 13 et le 19 juillet dernier par la société Qualitest.

Selon ses dernières données, 55 % des commerçants parisiens interrogés ne sont pas satisfaits de leur activité lors des soldes d'été et seuls 35% des commerçants ont observé une hausse de leur chiffre d'affaires d'au moins 20 % par rapport à un mois normal.

Début des soldes trop tardif

Ce mauvais résultat s'explique, pour la plupart d'entre eux, par une faible fréquentation au mois de juillet et, à ce titre, 57 % des commerçants jugent que les soldes d'été ont débuté trop tardivement, déplorant le choix du Gouvernement de repousser le début de la période de réductions d'une semaine à la fin du mois de juin.

« Les vacances scolaires ont débuté le 6 juillet. On l'a ressenti tout de suite au niveau du trafic, les Parisiens sont partis en vacances », indique la gérante d'un commerce de prêt-à-porter.

Si les commerçants ont pratiqué de fortes remises pour écouler leurs stocks, cela n'a pas suffi pour relancer la consommation des Franciliens : 69 % des répondants estiment que les soldes n'ont pas été l'occasion pour ces derniers de rattraper le retard de consommation dû aux confinement successifs.

Pas de touristes pour compenser les départs en vacances

Avec la situation sanitaire, le nombre de touristes est plus faible qu'en temps normal : 73 % des commerçants n'en ont pas vu dans leur boutique pendant les soldes. L'absence des parisiens partis en vacances n'est donc pas compensée.

« Les Américains et les Chinois sont absents, or ce sont eux qui dépensent le plus », se désole la gérante d'une boutique de prêt-à-porter de luxe proche de Saint Germain des Prés.

Cette année, pour seulement 8 % des commerces, la part des dépenses des touristes représente plus de 40 % de leur chiffre d'affaires pendant les soldes, contre 22 % des commerces en 2019.

L'euphorie de mai retombée en juillet

Autre raison à ce bilan mitigé, la réouverture des magasins quelques semaines seulement avant le début des soldes. A partir du 19 mai, les clients ont répondu présents et plus de la moitié des commerçants étaient satisfaits de cette période.

« A la réouverture c'était très bien, les gens avaient envie d'acheter, on a eu trois semaines intenses, un vrai engouement pour les achats », rapporte le gérant d'une boutique.

65 % des commerçants avaient d'ailleurs fait le choix de faire des ventes privées et des promotions à cette même période et en juin pour attirer et fidéliser les clients. Celles-ci ont donné des résultats satisfaisants pour 67 % des commerçants. Mais après trois semaines d'euphorie, la fréquentation s'est peu à peu essoufflée et les soldes ont finalement été assez peu suivies. En cause notamment, les premiers départs en vacances et une météo pluvieuse.

« Ce sont les ventes privées qui ont précédé les soldes qui expliquent leur échec, le porte-monnaie des Franciliens n'est pas extensible », ajoute la gérante d'une boutique indépendante de prêt-à-porter, qui reconnait que les soldes sont de moins en moins un événement pour les clients.

De l'optimisme malgré tout

Bien que 43 % des commerçants aient perdu au moins 50 % de leur chiffre d'affaires entre le 1er janvier et le 30 juin 2021, par rapport aux six premiers mois de 2019 et que 53 % aient eu une baisse de fréquentation égale ou supérieure à 50 % entre le 1er janvier et le 30 juin 2021, par rapport à la même période de 2019, 70 % se disent optimistes pour les semaines et les mois à venir.

« Les gens vont revenir en septembre, pour la rentrée on a toujours besoin de quelque chose, je suis confiant », déclare un commerçant du 6e arrondissement.

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