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INTERVIEW

Richard Malka : « Nous sommes les derniers à avoir une parole vraiment libre »

L'avocat de Charlie Hebdo et Mila a répondu aux questions de la Semaine de l’Île-de-France, en marge de la rentrée de l'Ecole de formation des barreaux du ressort de la cour d'appel de Paris.
Richard Malka : « Nous sommes les derniers à avoir une parole vraiment libre »
© SIDF

Économie Publié le , Propos recueillis par Quentin Clauzon

Quel est votre sentiment, après avoir été désigné parrain ?

Richard Malka : C’est évidemment une immense fierté. Être reconnu par ses pairs, ça compte. Ce serait faux de le nier, ça me fait chaud au cœur. A travers moi, c’est une reconnaissance des combats que je mène depuis 30 ans. Et évidemment ça me fait plaisir, j’en suis ravi. Je trouve cela beau, une profession qui permet à quelqu’un qui vient de nulle part, qui n’a pas les codes, qui ne connaît personne, qui n’a jamais adhéré à un quelconque syndicat, qui ne connaît pas les membres de l’ordre, d’arriver là. C’est rare, les professions comme ça, donc je l’aime cette profession.

Quel parrain souhaitez-vous être pour vos élèves dans ce contexte particulier ?

R. M. : J’espère leur inspirer l’amour de la liberté, de la nuance, et du courage.

Vous avez évoqué les difficultés, puis les avantages liés à l’exercice de la profession d’avocat…

C’est une profession difficile, c’est une profession qui fait souffrir le cœur, les corps. C’est une profession qui vous habite complètement 24h/24. C’est plus qu’une profession, ça change ce que vous êtes. Il y a toujours un prix à payer à la grandeur. Et c’est une profession qui permet tout, où tout est possible, qui vous enrichit, qui vous épaissit, qui vous apporte un sens, une transcendance. Et cela ça n’a pas de prix.

Vous avez par ailleurs indiqué que la situation serait plus difficile pour eux que pour vous au même âge ?

R. M. : Je disais que la situation des libertés m’inquiète beaucoup plus qu’à mon époque. J’ai prêté serment en 1992, c’était un temps béni. Sous l’angle des libertés, on sent, aujourd’hui, des menaces, des reculs, qui ne viennent pas seulement du pouvoir, mais beaucoup aussi du peuple lui-même. Donc je me demande si cette promotion, cette génération, n’aura pas des combats difficiles à mener et ne connaîtra pas une époque beaucoup plus dangereuse que la mienne à mes débuts.

Il s’agit également, selon vous de l’une des dernières professions à avoir la parole libre ?

R. M. : Oui, j’y crois vraiment. Nous sommes les derniers à avoir une parole vraiment libre.

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