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Rénovation thermique : Bruno Le Maire visite le LNE à Trappes, un site exemplaire

Le ministre de l’Économie a visité dernièrement le chantier de rénovation énergétique du Laboratoire national de métrologie et d’essai (LNE) de Trappes, sur plus de 50 000 m2.
Rénovation thermique : Bruno Le Maire visite le LNE à Trappes, un site exemplaire
© SIDF

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25 %. Voici les économies d’énergies espérées à terme, suite aux importants travaux de rénovation énergétique menés sur 50 000 m2 de bâtiments du LNE. D’où la visite du ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, sur ce site, dans une période d’appel à la sobriété énergétique et de chasse au gaspillage.

Cet établissement public industriel et commercial rattaché à Bercy tire 80 % de ses ressources du secteur marchand concurrentiel. « Cette rentabilité nous permet de contribuer au financement des missions de service public », a expliqué Thomas Grenon, directeur général du LNE. L’entreprise, implantée dans sept villes en France (dont Trappes, Paris, et Saint-Denis) et à l’étranger (Hong-Kong, Londres, et Washington), est notamment chargée de réaliser des essais et des analyses dans les domaines des produits de consommation, des emballages, de l’énergie et de l’environnement, mais aussi de la santé, des produits de la construction et du transport. Comme son nom l’indique, elle est aussi spécialisée dans l’étalonnage et le conseil en métrologie dans les domaines de la thermique, de l’optique, de l’électricité et de l’acoustique. Le LNE réalise également des missions de certification et de formation.

« Notre ambition, c’est d’être le laboratoire deréférence des technologies de demain », a ajouté Thomas Grignon, citant la compétitivité industrielle (fabrication additive, nanotechnologie, robotique), l’économie numérique – le LNE est leader européen sur l’évaluation de l’IA –, les technologies quantiques et la cybersécurité. La transition écologique en fait aussi partie, le LNE s’intéressant à la fois à la métrologie du changement climatique et à l’économie circulaire.

Des bâtiments datant des années 1970

Dans le cadre de sa politique RSE, entamée depuis plusieurs années, le LNE réfléchit également à sa consommation énergétique. Datant des années 1970, ses bâtiments sont, selon les propres termes de Thomas Grenon, de vraies « passoires énergétiques ». Au-delà, une mauvaise isolation pose problème en termes de qualité de vie pour les salariés. « Nous étions donc prêts à répondre au plan de relance lorsqu’il a été lancé. Nous avons obtenu 8 millions d’euros », a expliqué le dirigeant. Le principe d’une isolation extérieure de quatre bâtiments, en utilisant le plus possible des matériaux biosourcés – avec le remplacement des menuiseries –, a finalement été retenu . « Nous attendons un gain énergétique de 25 %, soit 1,6 millions de kWh/an », a-t-il poursuivi. La fin de ces travaux, budgétés à hauteur de 4,8 millions d’euros, est prévue en octobre 2023.

« Ce projet de rénovation thermique s’inscrit dans un aménagement global du site avec une gestion de l’eau exemplaire, la désimperméabilisation du site, la restauration de la biodiversité», a ajouté Thomas Grenon, indiquant que le groupe s’intéressait aussi au solaire pour ses toitures et à l’électrification de son parc automobile.

Invité à parcourir une partie de ces travaux, le casque vissé sur la tête, Bruno Le Maire a notamment découvert les quatre bâtiments faisant l’objet de travaux. Une fois à l’intérieur du hall d’essais énergétiques, le ministre de l’Économie a également été briefé sur l’activité du LNE relative aux performances thermiques des isolants. En effet, l’entreprise évalue notamment les performance d’isolation thermique des différents matériaux isolants en vente sur le marché.

Des leçons à apprendre sur la rénovation énergétique

« Je me suis dit, en faisant cette visite, que, dans le fond, l’ensemble des responsables politiques devraient faire un stage au Laboratoire national de métrologie. Je me rends compte d’une chose essentielle qu’est le sens de la mesure. J’avais compris que c’était votre vocation ici, et je considère que notre vie politique nationale aurait bien besoin de cette mesure », a ensuite plaisanté Bruno Le Maire.

Indiquant avoir beaucoup appris lors de cette visite, le ministre de l’Économie a assuré qu’il en tirait quelques leçons simples, comme le fait que les responsables politiques avaient besoin d’apprendre. « Moi, je n'ai pas été formé aux méthodes de lutte contre le réchauffement climatique. Je ne suis pas un climatologue, je ne suis pas un spécialiste. Je ne sais pas comment est-ce qu'on isole correctement un bâtiment, ni quelles sont les techniques qui sont efficaces et les techniques ne le sont pas. Je ne suis pas un spécialiste des ponts thermiques. Je crois qu'il est essentiel que nous ayons tous l'humilité de reconnaître qu'en matière climatique, nous avons des leçons à prendre », a-t-il confié, expliquant avoir appris – via les architectes – qu’il était préférable de rénover que de construire un nouveau bâtiment. Cela n’est pas forcément évident, mais le coût en CO2 sera bien plus élevé qu’en rénovant.

« Je trouve tout cela passionnant, notamment de voir que ce n'est pas simplement une question d'émissions de CO2. C'est une question de confort, au quotidien, pour les salariés ou les citoyens, avec une bonne isolation, comme celle que vous allez mettre sur ce bâtiment du LNE », a-t-il ajouté, rappelant que cela permettrait d’avoir des « températures vivables » dans les bureaux. « On voit bien que l’ancien modèle est stupide économiquement, stupide d’un point de vue climatique, et stupide en termes financiers », a-t-il poursuivi. « On a des bâtiments qui émettent beaucoup de CO2, et on rajoute la clim, qui, poussée à fond, va émettre encore davantage de GES dans l’atmosphère. Ce modèle est indéfendable, invivable, insupportable », a asséné Bruno Le Maire.

Chacun doit changer ses habitudes

« Vous proposez ici une isolation totale. Je comprends qu'il faut aussi faire les fondations, il faut faire les façades, il faut briser la lumière, il faut briser la chaleur, il faut en même temps avoir un bon isolant et du coup, les salariés auront, quelle que soit la température extérieure, une température intérieure constante de 24 degrés, sans climatisation. C’est cela le modèle vers lequel nous devons aller », a assuré le ministre de l’Économie. Pour lui, il y a donc tout intérêt à « expliquer que la question climatique, c'est effectivement rendre le monde vivable, mais c'est aussi rendre notre quotidien vivable ».

Dans un contexte de « sobriété énergétique », le Bruno Le Maire a également expliqué qu’il fallait « faire attention, au quotidien, à réduire sa consommation d’énergie ». Cela demande à chacun de « changer ses habitudes et ses comportements ».

Le ministère de l’Économie participera d’ailleurs pleinement à cette révolution climatique, qui est aussi une révolution culturelle. Concrètement, cela se traduira, à Bercy, par une baisse de 15 % des consommations d'énergie d'ici deux ans, par la réduction des éclairages, du chauffage ou de la climatisation. « Nous sommes, avec l'ensemble de mes agents, totalement engagés dans la lutte contre le réchauffement climatique », a assuré Bruno Le Maire, avant de conclure : « Ce que j'ai vu aujourd'hui, dans votre établissement public, est la preuve qu'on peut faire vite, qu'on peut faire bien et qu'on peut faire fort ».

Le plan du Gouvernement

Le Gouvernement s’est fixé pour objectif de réduire la consommation énergétique des bâtiments de l’Etat de 10 % sous deux ans, de 40 % d’ici 2030 et de 60 % d’ici 2050.

Depuis 2019, il a investi 3,8 milliards d’euros, dont 2,7 milliards d’euros dans le cadre du plan France Relance, pour rénover quelque 4000 bâtiments. Près de la moitié de ces sites ont déjà été livrés à la rentrée. Le Gouvernement table sur des économies de l’ordre de 800 GWh par an grâce à ces investissements, soit la consommation énergétique d’une ville de 200 000 habitants.

L’État a aussi lancé des appels à projets visant à réduire à très court terme sa dépendance aux énergies fossiles importées. Quelque 800 projets ont été sélectionnés en juin 2022, pour 50 millions d’euros, permettant d’économise l’énergie équivalant à la consommation d’une ville de 25 000 habitants. Une nouvelle enveloppe de 150 millions d’euros est prévue pour 2023.

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