AccueilTerritoirePoissy et le futur Campus des talents

Poissy et le futur Campus des talents

Bien davantage que le prochain camp d'entraînement du Club PSG, opérationnel d'ici fin 2022 - début 2023, ce Campus arboré et végétalisé offrira un stade de 5 000 places, plus d'une quinzaine de terrains, des espaces dédiés au Judo et au Handball, une école “Rouge & Bleu”, une clinique et des hôtels. Visite guidée par Karl Olive, maire de Poissy depuis 2014.
Poissy et le futur Campus des talents

Territoire Publié le ,

Journaliste écrivain, dirigeant l'entreprise KO Production et fraîchement nommé à la Ligue de football professionnel pour représenter la Fédération française de football, ce natif du quartier d'implantation du Campus explique avec un bonheur non dissimulé comment passion pour le ballon rond depuis l'enfance et esprit « darwinien » lui ont permis de saisir cette exceptionnelle opportunité, fort de passes décisives entre les parties prenantes. Les recettes de fonctionnement de la Communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise – 73 communes – s'en trouveront abondées de deux millions d'euros annuels.

Comment ce projet de grande envergure a-t-il vu le jour sur Poissy ?

Karl Olive : En 2002, mon ante prédécesseur à la Ville avait signé avec Unibail une promesse de vente foncière de près de 30 ha pour créer un immense centre commercial bordé de logements et d'un centre culturel. A ce projet, Pierre Bédier présidant le Conseil départemental des Yvelines avait « logiquement » opposé son véto, Orgeval et Chambourcy étant déjà largement pourvues en la matière. Mon prédécesseur, élu en 2008, ayant maintenu la promesse de vente faite à Unibail par multiplication d'avenants, pas moins de 3 millions d'euros d'intérêts s'étaient rajoutés aux 9 millions dus. Déterminé à soulager les habitants de Poissy de ces 12 millions d'euros de dette publique pointée par la Cour régionale des comptes, un de mes engagements de campagne en 2014 avait été le suivant : l'effacer dans les six mois ! Au 31 décembre, l'Etablissement Public Foncier des Yvelines, passé depuis dans le giron de l'Ile de France, - EPFIFF - endossait en effet son portage financier. Mon amitié avec le champion olympique et député des Yvelines David Douillet, rencontré quand je dirigeais les sports sur Canal+, nous avait conduits à partager le projet de centre régional de loisirs dédié aux familles, moi-même issu d'une famille de six enfants unis par la passion du football que j'avais pratiqué au PSG. Aussi, apprenant que son président Nasser al-Khelaïfi souhaitait un camp d'entraînement plus important, le souvenir de ma visite en 2007 de l'exceptionnel centre de performance Aspetar, près de Doha, m'a incité à proposer au président du Club et à son directeur général, Jean-Claude Blanc, plus de 30 ha de foncier idéalement situés à vingt minutes de Paris - entre A13 et A14 - sans problème de pollution industrielle ni de voisinage et auxquels allaient s'ajouter plus de 40 ha sur Poncy. Notre proposition a fait mouche : Poissy l'a emporté à l'été 2016 sur deux autres sites en lice. C'était la meilleure proposition, toutes les planètes s'étant comme alignées sur notre territoire.

Qu'entendez-vous par le fait que toutes les planètes s'étaient alignées ?

K. O. : Notre accord gagnant-gagnant avec la gouvernance du PSG, socle d'une relation de confiance mutuelle et discrète au long cours, allait constituer le point d'ancrage d'un cercle vertueux exigeant en termes de projet social et de développement territorial, rayonnement à la clé. Et pour sa dynamisation effective ! Un travail d'équipe de tous les acteurs impliqués, administrés et Etat compris. La Ville de Poissy, via l'EPFIF, a conclu la vente de foncier nécessaire au PSG de l'euro à l'euro – donc sans plus-value – de manière spontanée, le caractère exceptionnel de la présence du Club finançant à 100 % la réalisation du projet intra-muros ayant fait l'unanimité sur le calcul de long terme, à l'avantage du rayonnement territorial bien au-delà de Poissy. Habitants et collectivités locales concernés ont donc joué très tôt leur propre partition avec détermination, comme l'Etat. Pierre Bédier au Département, Philippe Tautou, à la Communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise – et aujourd'hui Raphaël Cognet son successeur –, ainsi que Valérie Pécresse présidant la Région Île-de-France ont maîtrisé avec efficience leurs outils de responsables locaux. Et le leadership de Nasser al-Khelaïfi et de Jean-Claude Blanc faisant merveille, nous avons d'autant mieux fait jouer nos réseaux pour lancer le portage du message politique, Aigremont et Orgeval à nos côtés. Les synergies créées avec les habitants et la coopération des agriculteurs, propriétaires des terres à compenser, ont également beaucoup compté. Les Pisciacais ont été les premiers informés du choix de leur ville pour la nouvelle implantation du PSG ; leur satisfaction n'a jamais faibli, la gouvernance du Club leur ayant dédié des ateliers d'échanges de proximité. Le sujet de compensation des terres agricoles – soit 30 % des 75 ha de foncier – a pour sa part été géré de main de maître par Christophe Hillairet, président de la Chambre d'agriculture francilienne, et le préfet Jean-Jacques Brot, fin stratège à l'autorité habile et pugnace. Partagée alors avec le sous-préfet Stéphane Grauvogel, actuel directeur de cabinet du ministre de la ville, cette pugnacité nous a été particulièrement précieuse il y a trois ans pour mettre fin à l'installation inopinée malgré nos interventions du premier jour d'un camp de roms deux mois et demi durant et nous laissant
6 500 tonnes de déchets sauvages. 1,8 million d'euros, c'est le montant des travaux de déblaiement en cours assurés par les services préfectoraux et départementaux.

Comment concevez-vous le retour sur investissement ?

K. O. : L'aménagement intra muros du Campus, voulu par Nasser al-Khelaïfi comme le plus beau centre de performance au monde, est entièrement financé par le PSG, entre 250 à 300 millions d'euros. Ce dernier a donc toute latitude dans ses choix, du Cabinet d'architectes Wilmotte et Associés aux experts du volet paysagé. Depuis son amorçage, le projet progresse dans une grande relation de confiance ; main dans la main. Chef d'entreprise et élu local, je sais que les créateurs de richesse ne sont plus les collectivités locales mais les entreprises ; c'est en s'appuyant sur elles, dont les grandes, que se crée le cercle vertueux de l'économie locale. En ce sens, l'implantation du PSG sur Poissy représente bien davantage qu'un simple équilibre financier. Sa présence exceptionnelle, nous le savons, opère comme prévu tel un puissant levier nous aidant à remporter la bataille économique pour une grande partie des Yvelines, restant attelés à notre double exigence : « surfer » sur cet évènement historique pour réaliser un projet social mais de développement territorial aussi. Et c'est le cas. Sur la seule durée des travaux, c'est déjà un millier d'emplois, la gouvernance du PSG s'appuyant sur les forces vives locales pour ses embauches, tout en mettant à contribution les producteurs locaux. Ce projet se confirme également dans ses vertus de développement, en termes non seulement de patrimoine immobilier mais de démocratie quotidienne avec un grand “D” aussi. Ceci, grâce à notre méthode innovante de pilotage transversal de projet, de sorte que les travaux n'ont pas souffert du contexte historiquement sans précédent de Coronavirus. L'aménagement de plus de 90 % de zone naturelle sensible, à la place du projet initial de centre commercial de 25 ha, c'est déjà en soi une plus-value inestimable pour les habitants. Et si, au-delà du camp d'entraînement du PSG, du stade et des 16 terrains sportifs, vous comptez aussi l'aménagement d'espaces pour le Judo et le handball, la construction de la clinique - et ses passerelles avec notre hôpital intercommunal situé en face -
celle d'une école “Rouge et Bleue” et de plusieurs hôtels… la plus-value explose en termes d'attractivité et de compétitivité ! Certaines marques automobiles l'ont compris très tôt : Porsche a sollicité l'implantation de sa plus grande concession d'Europe en 2022 sur la RN13, comme Jeep-Alfa Roméo.

Inhérente au projet de campus, la requalification des voies publiques valorise l'environnement des habitants en termes de mobilité ; que dire alors de l'organisation des fouilles archéologiques pour leur patrimoine culturel ?

K. O. : La requalification des voies, c'est un plus non négligeable pour les habitants, certains étant habitués depuis plus de 50 ans à des voies usées. En outre, et pour répondre à leur demande, le campus s'adossera à une voie cyclable inédite ; une mobilité douce appréciable, avec la création de trois nouveaux ronds-points arborés dans le cadre de l'aménagement des deux nouvelles voies routières. Merci à la Communauté urbaine dont c'est la compétence. Mais sachant combien, ici, la terre était riche de son passé, notamment de vestiges de maladreries, la Direction régionale des affaires culturelles aidée des Service des fouilles archéologiques interdépartementales 78-92, a piloté en amont, et selon une précision chirurgicale, déjà plus de la moitié du site. Les éléments déterrés sur plus d'un quart des lieux font déjà l'objet d'une exposition publique régulièrement fréquentée par les habitants, d'anciens combattants, les élèves, les associations. Cette dimension intergénérationnelle, garante de notre devoir de transmission de l'Histoire, allait de soi. L'affluence, lors de la Journée européenne du patrimoine de septembre dernier, l'a encore démontré.

Le début des travaux sur le Campus a été marqué par la plantation du tout premier chêne ; était-ce là une symbolique à corréler aussi à l'édification de l'Ecole contre le décrochage scolaire ?

K.O. : En lieu et place de la pause traditionnelle d'une première pierre, nous avons en effet tenu à planter un premier chêne, fort, solide… en présence des habitants ; une manière de fixer durablement notre cap vers la transmission des savoirs et de la culture pour un enracinement pérenne de nos jeunes. Entre ces chênes et placée sous le haut patronage de la Commission française de l'Unesco, l'Ecole Rouge & Bleu, troisième du nom après celles de Paris et de Mantes-la-Jolie, s'érigera d'ici fin 2022 - début 2023 également. Sur appel à candidatures, elle accueillera des enfants entre 7 et 11 ans, non forcément licenciés en football mais désireux d'acquérir le goût et l'envie d'apprendre en plaçant le sport au cœur de leur développement personnel. Cette école s'inscrit dans la continuité de l'action de la Fondation Paris Saint-Germain, première fondation d'entreprise à avoir été créée par un Club sportif en France.

Ces perspectives égayent cette fin d'année 2020 alors, quid de la prochaine étape ?

K. O. : Aménager un site couvrant près de 75 ha n'est pas rien avec les différentes étapes administratives à respecter, mais l'enthousiasme des parties prenantes catalysant le projet a fait de celles-ci des facilitateurs. Le coup d'envoi des travaux, il y a déjà une bonne année, ininterrompus depuis, me permet de vous annoncer l'inauguration ce 18 décembre de la nouvelle voie reliant la N13 au Hameau Berthemont – La Bidonnière.

Partage
Envoyer à un ami
Connexion
Mot de passe oublié ?