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Philippe Chevreteau: «Nous invitons les Versaillais à effectuer d'ores et déjà leurs achats de noël»

Philippe Chevreteau est le président de l'UVCIA, l'Union versaillaise du commerce, de l'industrie et de l'artisanat. Cette association fédère les 1 600 commerçants de la ville royale, répartis parmi les 11 associations commerçantes de quartier. Il était revenu, quelques jours avant l'annonce du reconfinement, sur l'impact des mesures sanitaires mises en places, qui frappent notamment les bars et restaurants de grande couronne, autrefois épargnés.
Philippe Chevreteau: «Nous invitons les Versaillais à effectuer d'ores et déjà leurs achats de noël»
© D.R.

Économie Publié le ,

Comment se porte le commerce versaillais ? Concernant les annonces présidentielles, qu'est-ce que cela augure pour vous ?

Philippe Chevreteau : Cela dépend des activités, certains tiennent leur chiffre d'affaires, mais d'autres sont à 50 %, voire 60 % de moins. Je pense à la famille des restaurateurs. Concernant les bars et les pubs, qui sont totalement fermés depuis samedi 17 octobre dernier, c'est catastrophique, pour eux comme pour leurs salariés au chômage partiel...

Nous allons voir ce qui va se passer. Il n'y a déjà plus beaucoup de passants dans les rues. Avant les annonces du président, nous avions un peu de monde, même si le trafic était déjà bien plus faible qu'en temps normal. Au lendemain des annonces, j'ai moi-même perdu
60 % de trafic au magasin (nous avons des compteurs). Très peu de gens se promènent.

Vous avez peur que cela empire ?

P. C. : Oui, cela a déjà commencé, nous ne voyons vraiment personne dans les rues, y compris les clients qui viennent simplement pour jeter un œil. C'est terrible. Les gens se montrent inquiets, malheureusement. On est parti pour six semaines...

L'application des mesures sanitaires en grande couronne vous a-t-elle étonné ?

P. C. : Non, pas vraiment. La petite couronne était concernée depuis quelques semaines, donc nous nous doutions bien que cela allait nous tomber dessus à un moment donné. Ce qui est ennuyeux, ce sont les restrictions qui s'appliquent aux bars et aux restaurants.

Justement, l'UCVIA a prévu d'organiser des événements prochainement

P. C. : Nous avons prévu des festivités pour Noël, tant du côté de l'association que de la Ville de Versailles, qui va communiquer dans son magazine à partir du mois de novembre. Nous sommes en train de définir les choses un peu plus précisément, de créer des affiches, etc. Nous nous efforcerons de ramener un peu de chaleur, de gaieté dans nos rues, d'apporter un peu de joie aux habitants dans cette période morose.

Quand cela débutera-t-il ?

P. C. : Nous allons lancer les animations à partir du 1er décembre. Chaque quartier organisera ses propres festivités les deux samedis avant noël. Par exemple, Marie-Charlotte Bazin, de la Boutique des créateurs, qui est la présidente de l'association du quartier Notre-Dame, a prévu de faire appel à des orchestres pour jouer des musiques de Noël dans les rues et mettre un peu d'ambiance.

Qu'en est-il concernant la loterie ?

P. C. : Nous ne l'organisons qu'une fois par an. Cette année, nous l'avons malheureusement démarrée le samedi 14 mars, soit deux jours avant le début du confinement. C'est pour cela que nous l'avons reportée fin juin, de sorte que les clients puissent rejouer et que les lots des commerçants puissent être remis en jeu.

Avez-vous monté une plateforme de vente en ligne, en dehors du site internet de l'association ?

P. C. : Nous n'avons pas lancé de plateforme. Au niveau associatif, c'est assez complexe et nous ne pouvons pas gérer ce genre de choses nous-mêmes. Nous avions fait cela il y a quelques années, cela n'a pas pris malheureusement. Certains l'ont regretté durant la crise sanitaire. Nous avons peut-être été trop avant-gardiste à l'époque...

La Ville de Versailles a toutefois remis une plateforme en route pour les commerçants désireux de s'y mettre. Les clients ont la possibilité commander auprès de chaque boutique prise séparément. En effet, il n'est pas possible de passer commande auprès de 10 commerçants différents et de payer en une seule fois, comme sur certains sites internet.

Ce dispositif est-il toujours en place ?

P. C. : Oui, nous essayons de motiver les commerçants, de les pousser à mettre en forme leur site marchand... il faut qu'ils s'y tiennent, mais le temps nous manque. C'est un métier !

Et s'agissant de Versailles Portage, l'association qui vous permet d'organiser des livraisons ?

P. C. : Je suis le président de cette association, qui a notamment pour finalité de favoriser le retour à l'emploi de personnes en situation difficile. Elle est bien sûr toujours présente et se porte mieux qu'à une certaine période. Nous avions, au départ, mis en place un service gratuit, mais économiquement ce n'est pas tenable. Nous avons dû rendre le service payant lorsque les emplois aidés ont été supprimés par l'État. Les commerçants adhèrent au service et partagent les frais avec les clients. Pour se faire livrer à pied, chacun paye de son côté 5 euros. Pour une livraison en voiture, c'est 7 euros.

Cela peut intéresser les restaurants ?

P. C. : C'est un peu compliqué pour eux, puisque Versailles Portage ne fonctionne pas le soir. Il faudrait, en outre, disposer d'un personnel beaucoup plus important. Les restaurants sont tous à plein régime au même moment, soit à 20h. Il y a actuellement trois personnes pour assurer les livraisons.

Avez-vous un message à faire passer aux Versaillais ?

P. C. : Nous faisons passer un message, depuis le 20 octobre dernier, sur une affiche qui indique “Cette année, anticipez vos achats de Noël, vos commerçants sont prêts. Ils vous accueillent dans le respect des règles sanitaires”. Nous ne savons pas ce qui peut arriver dans les prochains jours. Certains clients ont tendance à faire leurs achats à la dernière minute...

Si les commerçants ratent Noël, cela pourrait causer une hécatombe. Le mois de décembre est la période la plus importante de l'année pour la plupart d'entre nous. Nous réalisons en général entre 40 % et 50 % de notre chiffre d'affaires sur cette période. D'autant que notre santé financière est déjà fragilisée par le confinement total...

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