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Paul Parizot : « il va y avoir un appel d'air très fort en matière d'emploi »

Paul Parizot est le directeur de Lynx RH, à Montigny-le-Bretonneux. Cette agence, spécialisée dans le recrutement en CDI, CDD et intérim de profils Bac+2 à Bac+5 dans les fonctions supports, l'informatique et l'ingénierie, fait état, ces derniers jours, d'une reprise de l'activité. Une quarantaine de postes est à pouvoir.
Paul Parizot : « il va y avoir un appel d'air très fort en matière d'emploi »
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Économie Publié le ,

Revenant sur l'année de crise sanitaire, durant laquelle il a été contraint de réorienter son activité, Paul Parizot se montre toutefois optimiste sur l'activité des prochaines semaines. Dès les restrictions sanitaires levées, le chef d'entreprise s'attend à une reprise forte des embauches.

Quel est votre zone d'activité ?

Paul Parizot : Nous sommes amenés à travailler dans toutes les Yvelines, mais l'agence est installée à Saint-Quentin-en-Yvelines. Une grande partie de nos missions sont effectuées ici, mais également sur la zone de Vélizy, très orientée informatique et tertiaire, ainsi que dans des zones plus industrielles au nord des Yvelines, Sartrouville, Poissy et Mantes-la-Jolie.

Comment décririez-vous le bassin principal sur lequel vous intervenez ?

P.P. : Saint-Quentin-en-Yvelines est la deuxième plus importante zone économique d'Île-de-France après La Défense. C'est une ville nouvelle, avec beaucoup de sites importants, de sièges de grandes entreprises. Pour les métiers de Lynx RH, c'est très intéressant : il y a forcément des besoins en fonction support. Mais c'est aussi une zone où se posent des problématiques de mobilités, de transport, même si Saint-Quentin fait partie des agglomérations les mieux desservies. Il est important, pour les recruteurs, de le prendre en compte. C'est un gage de réussite et de stabilité.

C'est aussi un bassin de population important, qui ne travaille pas forcément à SQY. Mais c'est un souhait qui revient souvent aujourd'hui. Lorsque les personnes se retrouvent disponibles sur le marché du travail, elles aspirent à travailler localement. Notre rôle, c'est d'essayer de faire coïncider cela, en fluidifiant le marché de l'emploi.

Quels sont les secteurs importants ?

P.P. : C'est un territoire assez technologique, avec beaucoup d'industrie. Les Yvelines sont, historiquement, une terre d'automobile et d'aéronautique. Les sous-traitants sont donc présents également. C'est aussi une terre industrielle au sens large, avec des entreprises qui peuvent intervenir en tant que fournisseur de matériel ou de services pour le BTP, un secteur également important. Nous avons aussi – même si c'est moins marqué que dans d'autres départements de grande couronne –, des entreprises du transport et de la logistique. Je n'oublie pas non plus tous les domaines de l'énergie, qui sont dans une très forte dynamique.

Votre activité a-t-elle évolué durant la crise sanitaire ?

P.P. : L'année dernière a été, bien entendu, particulière. Le marché de l'emploi était globalement très bien orienté jusqu'au mois de mars. Nous nous approchions d'une situation de plein emploi. Les processus de recrutement étaient très courts. Les entreprises se décidaient très vite. Le marché était très dynamique. Tout s'est arrêté du jour au lendemain, pendant deux mois. Nous n'avions pas, à l'époque, le statut de commerce essentiel, mais nous avons continué l'activité en télétravail. Ce qui nous a permis de réorienter certaines activités, bien que nous ayons perdu 80 % de celles-ci en l'espace d'une semaine.

Etant d'un naturel optimiste, j'ai pris le parti de préparer l'après-crise, en travaillant sur des domaines qui pouvaient avoir besoin de nos services. Certes, cela n'a pas suffi à combler toutes les pertes d'activité, mais la dynamique a profité au moral des équipes. Cela nous a aussi permis de développer certains clients qui étaient plus en demande que d'habitude. Je pense au secteur de l'agroalimentaire, qui a connu un boom d'activité, et à d'autres domaines sur lesquels nous étions moins positionnés, comme la grande distribution, ou encore à des activités de service dans le domaine hospitalier. Nous avons, par exemple, recruté des techniciens de maintenance de machine de blanchisserie hospitalière. Il n'était pas facile de recruter dans cette période où la population était anxieuse.

A la sortie du premier confinement, nous avons donc redémarré rapidement, même si certains secteurs n'ont toujours pas repris, comme l'aéronautique. Nous essayons d'apporter notre aide aux candidats qui viennent de ces domaines et qui possèdent, par ailleurs, des expertises logicielles ou technologiques qui peuvent être dirigées vers d'autres secteurs.

Finalement, l'année 2020 s'est vraiment bien terminée. Il y eu un appel d'air important. Malgré tout, nous n'avons pas retrouvé le niveau d'avant-crise.

Qu'en est-il, aujourd'hui ? Sentez-vous une reprise ?

P.P. : Oui, les secteurs qui ne sont pas touchés fonctionnent. Je pense au BPT, à nos domaines industriels, dans l'énergie, l'automobile, la défense. L'industrie au sens large fonctionne également. Je parlais du BTP, le niveau d'activité augmente et entraîne dans son sillage tout un tas d'autres activités : toutes les entreprises de matériels de travaux publics/du bâtiment vont avoir besoin de techniciens de maintenance, de chauffeurs. Toutes ces sociétés ont aussi besoin de fonctions supports. Sur les métiers de Lynx RH, nous avons un niveau d'activité qui est proche de ce que nous avions avant, mais c'est aussi parce que nous avons réorienté nos efforts.

Quels sont les métiers les plus prisés ?

P.P. : Dans le tertiaire, on va trouver les métiers de la comptabilité, de la paye, du social, la gestion du personnel, que ce soit en entreprise ou en cabinet comptable. Les métiers de l'immobilier restent aussi en tension (gestionnaire locatif, gestionnaire de copropriété…). Dans les domaines de l'ingénierie, je pense aux fonctions de dessinateur, de dessinateur-projeteur. Moins dans l'aéronautique, mais plutôt dans le bâtiment ou de l'énergie. Idem pour les métiers de la maintenance, de manière générale, dans le bâtiment, la maintenance industrielle, et la maintenance d'engins. Les métiers de l'électricité, de la mécanique/hydraulique sont en très forte tension.

Une quarantaine de postes est ouverte actuellement. Les offres se renouvellent. Le problème, c'est que nos clients ont un peu plus de freins, un peu plus de difficultés à se décider. Ce qui implique, pour nous, des processus plus longs et un niveau d'exigence plus élevé. Nos clients se rendent compte aussi qu'ils ont davantage de choix, de candidatures. Ils s'adaptent au marché.

Mais néanmoins, il y a des opportunités. Notre force, c'est notre très bonne connaissance du tissu économique. Il nous arrive souvent de travailler à partir d'un candidat sur ses domaines de compétence et de voir vers quelles sociétés il peut s'orienter. Nous contactons alors des sociétés en présentant cette candidature.

Comment voyez-vous les semaines à venir ? Le reconfinement relatif renforce l'incertitude ?

P.P. : Oui, le confinement ajoute de l'incertitude. Nous essayons d'agir là où il est possible d'agir, en essayant de faire de la proximité vis-à-vis des candidats, en anticipant au maximum les attentes. Ceci dit, j'ai le sentiment qu'à partir du moment où les restrictions seront levées, il va y avoir un appel d'air très fort en termes d'emploi. Je sais que le BTP s'attend à une croissance très forte cette année. Lorsque les domaines à l'arrêt vont commencer à rouvrir, comme l'événementiel, la restauration, le tourisme, les personnels qui travaillaient dans ces domaines et qui les avaient quittés, vont y retourner. Ce qui va provoquer de nouveaux appels d'air et générer des opportunités. D'autant que la situation n'est pas catastrophique, sauf dans certains domaines, grâce aux différents dispositifs d'aide proposés. n

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