AccueilTerritoireNicolas Lefevre : 12,7 millions d'euros pour « sécuriser un actif stratégique »

Nicolas Lefevre : 12,7 millions d'euros pour « sécuriser un actif stratégique »

Nicolas Lefevre, le sous-préfet à la relance de l'Essonne, a visité le Synchrotron Soleil, à Saint-Aubin. Grâce au plan de relance, son système de refroidissement vieillissant sera remplacé.
Nicolas Lefevre : 12,7 millions d'euros pour « sécuriser un actif stratégique »

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Nicolas Lefevre, l'a rappelé, dans le cadre du plan de relance, l'Etat a soutenu en Essonne une cinquantaine de projets de rénovation thermique et énergétique de bâtiments de l'Etat, de la recherche et de l'enseignement supérieur, pour un montant de 115 millions d'euros. Le Synchrotron Soleil fait partie de ces lauréats. « Il s'agit d'un projet assez atypique : la plupart des projets que nous avons habituellement concernent la rénovation classique de bâtiments avec de l'isolation, la rénovation des fenêtres, des façades, ou bien des toitures. Ici c'est vraiment tout un système, avec un nouveau bâtiment qui est construit », a indiqué Nicolas Lefevre.

Venu pour « souligner l'intérêt devce projet pour le territoire », véritable « actif stratégique de l'État et de la recherche », et pour mettre en relief « toutes les économies environnementales, énergétiques et financières qu'il pourra générer », le sous-préfet à la relance a rappelé que l'aide de l'État atteignait quelque 12,7 millions d'euros, soit la totalité du coût du projet. « C'est l'un des projets les plus importants du Département », a-t-il appuyé.

Le Synchrotron Soleil

« Le cœur de l'installation, ce grand bâtiment rond, l'accélérateur circulaire, est un anneau de stockage dans lequel nous faisons circuler des électrons à une vitesse extrêmement proche de celle de la lumière. Lorsque ces électrons sont déviés par les dispositifs magnétiques, ils émettent, selon le dispositif choisi, soit des rayons X, soit de l'ultraviolet, soit de l'infrarouge, qui sont ensuite utilisés ici pour pas moins de 29 expériences implantées autour de l'anneau. Elles sont toutes différentes, qu'il s'agisse de la technique ou de la discipline scientifique », a expliqué Jean Daillant, directeur général du Synchrotron Soleil.

Le Synchrotron ayant été ouvert en 2008 et la construction ayant débuté en 2002, certaines installations commencent à vieillir. D'autant qu'elles fonctionnent 7j/7 et 24h/24, sauf lors des périodes d'arrêt, rendues nécessaires pour la maintenance et l'installation de nouveaux équipements. « Mais nous avons une exigence de fiabilité, de disponibilité de ces installations qui est extrême. Elles doivent en outre être refroidies. D'où la nécessité d'avoir une station d'eau glacée ». L'idée est donc de remplacer, grâce au plan de relance, l'ancienne station de production d'eau glacée vieillissante, et dont les performances énergétiques et environnementales sont mauvaises.

Il faut savoir qu'une cinquantaine de Synchrotrons comme celui de Saint-Aubin existent dans le monde (en Europe, aux États-Unis, en Asie orientale, notamment). Bien que différents, ils sont tous complémentaires et à la fois en compétition. « Sans trop se vanter Soleil fait partie des meilleurs et fonctionne très bien », s'est félicité Jean Daillant.

Chaque année, les équipes de Soleil, constituées de plus de 400 personnes (dont 350 en contrat permanent) accueillent et accompagnent près de 2 500 scientifiques ou utilisateurs venant du monde entier et ont notamment pour mission de leur garantir des conditions d'expérimentation optimales. Pas moins de deux tiers de ces utilisateurs extérieurs viennent de laboratoires français, et un tiers de laboratoires étrangers. « Sur une année normale (hors pandémie), cela fait environ 5 000 visites d'utilisateurs par an qui viennent toutes les semaines utiliser nos installations pour des périodes allant de quelques heures à une semaine », a précisé le directeur général. Une centaine d'entreprises, de la PME aux grands groupes industriels, sont également amenées à utiliser le dispositif.

« Nous intervenons auprès de 1 000 laboratoires différents. C'est aussi en ce sens que la fiabilité de nos installations est essentielle. Si des personnes sont venues de l'université de Tokyo pour une semaine et que la panne dure autant, ce n'est pas idéal !

Nous essayons de minimiser au maximum tout ce qui peut affecter le fonctionnement de notre fait. Notre calendrier, établi à l'avance, est tenu à 99 % mais il y a toujours des impondérables », a souligné Jean Daillant.

Le “zéro panne“ en ligne de mire

« Lorsqu'il y a une panne sur le circuit de refroidissement, cela provoque plusieurs heures d'arrêt. Il s'agit réellement d'une infrastructure importante », a expliqué Amor Nadji, directeur des sources et accélérateurs, précisant qu'une panne survenue il y a un mois avait bloqué les
« manip » de 5h du matin jusqu'à 15h. « Certaines expériences peuvent être reportées et d'autres non, c'est toute une organisation à revoir », a-t-il ajouté. « L'objectif sera donc désormais de s'approcher du “zéro panne“, comme sur les autres équipements. Mon leitmotiv est de ne pas dépasser deux pannes par équipement et par an sur une durée limitée. Or, aujourd'hui nous dépassons ce chiffre, et de loin, malheureusement. Même lors de la maintenance en août, nous sommes obligés d'arrêter l'ensemble du système, et il faut ensuite attendre plusieurs jours pour le redémarrer. Grâce à ce nouvel équipement, nous pourrons faire de la maintenance tout en faisant fonctionner le système de refroidissement, c'est un gain fantastique ! », s'est réjoui Amor Nadji.

Grâce à ce projet de rénovation complète de la production d'eau glacée existante, le système gagnera en stabilité (qu'il s'agisse de la température et du débit). Des économies de consommation d'électricité conséquentes seront également réalisées, de l'ordre de 113 000 euros par an. La consommation d'eau de ville sera également réduite de 80 %, pour une économie de 230 000 euros par an. Il faudra toutefois attendre deux ans pour voir le projet sortir de terre, qui fera l'objet d'une phase de maîtrise d'œuvre externe (bâtiment) et interne (fourniture des équipements de refroidissement).

Et le directeur général du site de conclure : « Cette aide nous a tout simplement donné la possibilité de réaliser le projet. Dégager 12,7 millions d'euros sur nos budgets nous aurait pris des années. Sans le plan gouvernemental, nous ne l'aurions pas lancé ».

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