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Journée internationale des droits des femmes

Nadia Ayadi, présidente des Femmes chefs d’entreprises Île-de-France : « Nous voulons peser sur le débat public »

A l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, Nadia Ayadi, présidente des Femmes Chefs d’entreprises (FCE) de la Région Ile-de-France, présente ce réseau créé en 1945.
Nadia Ayadi, présidente des Femmes chefs d’entreprises Île-de-France : « Nous voulons peser sur le débat public »
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Économie Publié le , Propos recueillis par Quentin CLAUZON

Son objectif ? Accompagner la croissance des entreprises membres, par du développement professionnel et personnel. FCE aspire également à émanciper les femmes en les invitant à s’engager dans le débat public économico-politique. A la tête de plusieurs sociétés spécialisées dans la stratégie d’entreprise, l’accompagnement et la formation, Nadia Ayadi est également vice-présidente de la Chambre de commerce d’industrie de Seine-et-Marne et élue à la chambre de commerce et d’industrie Paris Île-de-France.

Pourriez-vous rappeler la raison d’être des FCE ?

FCE est la première association de femmes entrepreneures française et mondiale. Nous représentons près de 80 000 entreprises françaises et un million d’adhérentes sur le plan international. Le réseau a été créé en 1945 par Yvonne Foinant, qui fût également la première femme élue à la Chambre de commerce et d’industrie de Paris dans la catégorie Industrie. Nous avons d’ailleurs baptisée la grande salle de bal de la CCI Paris à son nom, le 1er octobre 2021, sous l’égide du président Dominique Restino, ancien président de la CCI75 et actuel président de la CCIR Paris Ile-de-France.

Nous aspirons à émanciper les femmes en les invitant à s’engager dans le débat public économico-politique. Cela se traduit par des prises de mandat dans les différents organismes et institutions comme les chambres consulaires (CCI et CMA), les tribunaux (Commerce, Prud’Hommes) et autres postes d’administratrices de différents organismes.

Il faut donc accompagner certaines d’entre elles à parcourir ce chemin, en créant des moments de confiance et de convivialité. Nous avons un slogan “Seules nous sommes invisibles, Ensemble nous sommes invincibles“.

Nous voulons peser dans les débats publics sur le développement économique, les sujets d’entreprises et pas seulement sur celui de la Femme. C’est trop réducteur. Nous sommes avant tout des chefs d’entreprises.

Quelles sont vos missions particulières, sur la Région Ile-de-France ?

Je suis arrivée en janvier 2021 à la présidence de la Région Ile-de-France sur demande de ma présidente nationale, Carine Rouvier, avec une feuille de route claire : mettre en lumière notre association, la faire exister sur le plan régional en créant des partenariats avec les différents acteurs du territoire et en devenant une interlocutrice incontournable des débats économiques.

Cette mission de lobbying que je représente, je la mets au service de l’association, que ce soit au niveau national, mais aussi au niveau départemental.

Je viens en appui des présidentes de délégation locale, qui effectuent un travail extraordinaire avec leurs adhérentes. C’est toutes ensemble que nous avançons. Nous avons créé notre propre Comité exécutif, qui établit notre stratégie francilienne à court, moyen et long terme. Nous décidons ensemble des actions à mener. Depuis janvier 2022, Dorothée Elbaz, présidente FCE75, m’a rejoint en devenant vice-présidente Île-de-France. Je fais le souhait qu’à chaque fin de mandat local, je puisse promouvoir une nouvelle vice-présidente régionale. C’est le gage d’une continuité des actions engagées.

Alors, cette journée du 8 mars ?

Ah le 8 mars, cette fameuse Journée internationale des droits des femmes ! S’il est important, pour certains, de la sacraliser dans un calendrier, pour nous, c’est tous les jours que nous valorisons et défendons nos droits.

Pour moi, c’est un positionnement assez patriarcal. Mais bon, elle est inscrite et nous jouons le jeu. Je participe aux différents événements, lorsque l’on me sollicite. C’est surtout pour moi un moment où les médias se tournent vers nous et relaient nos messages. C’est important.

Nous avons un partenariat national avec les CCI et l’association 100 000 entrepreneurs, qui promeut l’entreprenariat féminin auprès d’un jeune public (collégiens et lycéens) sur tout le territoire français. Nous avons ce devoir de préparer la suite, comme l’on fait avant nous d’autres femmes. C’est de notre responsabilité que nous avons envers les générations suivantes.

Car l’histoire nous apprend que rien n’est acquis. Il ne faut pas se laisser porter.

Les lois prises récemment ont-elles été efficaces ?

Le changement de mentalité est un long processus. Attendre que cela se fasse au fil de l’eau, au bon gré de certains sans contrainte aucune, n’est pour moi pas la meilleure solution. Alors oui la loi a permis d’imposer un quota de femmes.

La loi Copé-Zimmermann de 2011 sur la féminisation des conseils d’administration, a déclenché une première vague de nomination. Cette discrimination positive n’a pas permis de mettre en avant des femmes parce qu’elles étaient des femmes, mais elle a seulement octroyé des postes à des compétences.

La récente loi Rixain de décembre 2021conforte cette logique dans les comités exécutifs, car si on fait le bilan de ces années, les avancées ne sont pas extraordinaires. Selon une étude récente de l’Observatoire Skema de la féminisation des entreprises, les femmes occupent seulement 2,5 % des 80 postes de président et/ou directeur général dans les entreprises du CAC 40. Aucune présidente, une seule présidente d’un conseil d’administration et une seule directrice générale. Finalement, elles ne représentent que 19,53 % des comités exécutifs, alors qu’elles sont 33,47 % de la population des cadres, vivier traditionnel de recrutement des dirigeants.

Pourtant, toujours selon cette étude, la féminisation des comex a des effets positifs sur la rentabilité opérationnelle et la responsabilité sociétale des entreprises. Et par conséquent sur la marque employeur. C’est la clé pour attirer les jeunes talents.

Je suis quelqu’un d’optimiste. Nous sommes sur la bonne voie. Nous continuerons à avancer avec les hommes à nos côtés, bien évidemment.

Etude Skema : https://www.skema-bs.fr/facultes-et-recherche/recherche/observatoire-de-la-feminisation

Plus d’infos et adhésion aux FCE sur www.fcefrance.com

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