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ESSONNE

Modul’Air, des bureaux flambants neufs réalisés avec des containers maritimes

Imposant, tout de verre et de métal vêtu, sa silhouette massive se découpe sur le paysage essonnien de la Base 217. C’est Modul’Air, un bâtiment de presque 2 000 m² construit à partir de containers maritimes et dédié à l’utilisation de drones.
Modul’Air, des bureaux flambants neufs réalisés avec des containers maritimes
© Kevin Dolmaire

Économie Publié le ,

C’est une agglomération entre ville et campagne de presque 200 000 habitants, à une trentaine de kilomètres de Paris et aux innombrables atouts. Cœur d’Essonne Agglomération est une interco dynamique dont la Base 217, une ancienne base aérienne installée sur un terrain de 300 Ha, fait la fierté. Elle s’étend des communes du Plessis-Pâté à celle de Brétigny-sur-Orge et a servi de lieu de tournage pour plusieurs longs métrages dont Eiffel, sorti en 2021 dans nos salles obscures. Au-delà de l’ambition de devenir un pôle cinématographique à l’échelle française, la Base 217 a de nombreux engagements pour faire rayonner le territoire de Cœur d’Essonne.

L’atout Base 217

« La base 217, c’est le grand projet phare de l’agglo », explique Eric Braive, le président de Cœur d’Essonne Agglomération, également maire de Leuville-sur-Orge. Outre le futur studio de cinéma, la base est engagée pour une agriculture durable et pour la création de nouveaux emplois. En effet, elle a créé plus de 6 500 postes depuis sa création, accueillera en exclusivité le célèbre Festival de l’Humanité en septembre 2022 et a d’ores et déjà accueilli le premier salon dédié aux drones, la Drones Paris Région Expo depuis 2018.

Avec la Base 217, l’agglomération a l’ambition de créer et d’innover sur des filières précises. L’agriculture biologique d'abord, avec le projet Sésame, le développement durable de l’agriculture ensuite, avec la ferme de l’Envol, déjà présente sur la base, juste derrière les entrepôts Amazon. Plus récemment, c’est Modul’Air, 1 800 m² de bureaux toutes surfaces confondues qui ont été construits, faisant de cette nouvelle structure le premier bâtiment public du projet d’aménagement de la Base, juste à côté de la route départementale 19. Si se spécialiser dans les drones est loin d’être commun pour une agglomération, Cœur d’Essonne veut faire de cette technologique une “filière d’agglo" et y dédie ainsi ces nouveaux bureaux aux startup qui y travaillent. “C’est une filière que nous portons avec des entreprises comme Thalès”, explique Eric Braive, citant au passage la “volonté de porter la culture du drone à Cœur d’Essonne Agglomération”.

La culture “drone” au cœur de l’Essonne

Penser, réaliser puis construire Modul’Air, c’est avant tout la volonté d’avoir “un outil pour accueillir les entreprises de la filière drone”, démontre Olivier Quittard, directeur du développement et de l’immobilier chez Air 217, la société publique locale de Cœur d’Essonne. Alors l’agglomération a défini plusieurs objectifs lors de l’élaboration du projet. D’abord celui de construire un bâtiment innovant, ensuite celui d’opter pour une vraie signature architecturale. Cette signature, ce sont les containers maritimes présents dans le bâtiment qui l’apportent. Aux manettes du projet, l’agence Looking for architecture (LFA) co-dirigée par Laurent Graber et l’entreprise Capsa Container, dont Félix Baezner est le directeur général.

L’opération a débuté en 2017 lorsque Capsa répond à l’appel à projets de Cœur d’Essonne, qui se termine tout juste après dix mois de travaux et plus de quatre ans et demi de réflexions. Dans l’aventure, l’agglomération Cœur d’Essonne a été présente mais aussi Calq, une agence d’architecture parisienne représentée sur le projet par José Buitrago, maître d’œuvre. Avec l'ensemble des acteurs dédiés à Modul’Air, c’est “une vraie aventure collective” que raconte Olivier Quittard et une première finalement, pour beaucoup d’entre eux.

© Kevin Dolmaire

Modul’air, histoire d’une grande première

Lorsque Capsa et LFA arrivent en tête de l’appel à projets de l’agglomération, Félix Baezner explique que l’entreprise est un peu fébrile, à la fois très enthousiaste de travailler sur Modul’Air mais avec de l’appréhension face au plus gros projet qu’on leur ait jamais demandé de réaliser. “Ce qui nous a amenés à répondre au projet, c’est la curiosité d’aller au contact d’un projet aussi fou”, raconte Félix Baezner en souriant.

Capsa n’a pas hésité à aller demander de l’aide et a finalement reçu celle de Calq. “C’était le premier projet Calq avec des containers maritimes”, explique José Buitrago, qui a coordonné le chantier de construction. Le container, cet objet ultra optimisé, est un standard universel et un élément que Capsa explore “depuis près de dix ans”. D’un réfectoire pour le groupe Deyer à une bibliothèque à Avignon, en passant par la micro-brasserie déployée avec Kronenbourg, le container maritime est central chez Capsa.

A Modul’air, les containers sont empilés les uns sur les autres, trois par trois, formant des salles de réunion, des locaux de recherche et de développement pour les entreprises et startups qui s’y installeront. “Le container est un produit solide qui apporte une dimension architecturale technique”, précise Félix Baezner, en montrant les 25 containers de 20 pieds présents sur le bâtiment et les 18 containers de 12 pieds qui ont permis de l’aménager.

Au total, le bâtiment présente plusieurs parties : conception, atelier, vol indoor et vol outdoor. Les drones qui peuvent voler sur la Base 217 vont des petits modèles de la taille d’une main à des modèles aux dimensions gigantesques pouvant aller jusqu’à six mètres d’envergure. Un totem de 20 mètres de hauteur est aussi présent sur le site, afin de contrôler les vols expérimentaux.

L’innovation au cœur de la Base 217

Comme Olivier Quittard l’annonçait, le bâtiment s’est voulu innovant dès le début. En effet, Laurent Graber explique que le bâtiment comprend un système de ventilation naturelle pour qu’il ne fasse “pas plus chaud dedans que dehors” puisque l’idée du projet était d’allier “bon sens économique et bon sens technique”. Pour le chauffage, une chaudière à gaz est située à l’extérieur du bâtiment et des radiateurs “classiques” ont été installés à l’intérieur.

En somme, le bâtiment est fin prêt pour accueillir les entreprises qui viendront y travailler et certaines sont déjà présentes dans les locaux. Si Olivier Quittard laisse planer le doute quant aux prochaines constructions qui seront réalisées sur la base, Cœur d’Essonne Agglomération attend cependant la construction prochaine d’une passerelle piétonne reliant Modul’Air à la gare de Brétigny, sur la ligne du RER B.

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