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ESSONNE - YVELINES

Barbara Pompili à Maurepas contre le gaspillage

La ministre de la Transition écologique s’est rendue en Essonne et dans les Yvelines pour rencontrer des entreprises et des associations notamment engagées dans la lutte contre le gaspillage alimentaire et non-alimentaire.
Barbara Pompili à Maurepas contre le gaspillage
SIDF - Tom Pezet, cofondateur de Malin, Grégory Garestier, maire de Maurepas, Aurore Bergé, députée des Yvelines, et Barbara Pompili, lors de la visite du magasin anti-gaspi Malin.

Économie Publié le ,

À Maurepas, Barbara Pompili s’est dans un premier temps rendue chez Malin, une enseigne discount anti-gaspillage qui récupère les invendus (produits mal étiquetés, avec un packaging obsolète, un mauvais calibrage pour les fruits et légumes, date limite de consommation trop proche, etc.) et les revend 25 à 50 % de leur prix d’origine (du foie gras était notamment proposé à près de 6 euros contre 20 à 24 euros habituellement). Le magasin, ouvert depuis un mois et demi, permet aux ménages de faire leurs courses à moindres frais, tout en offrant aux entreprises une solution simple et efficace pour écouler leurs invendus. Thibault Godderidge et Tom Pezet, deux « jeunes dynamiques qui bousculent le système », selon la ministre, en sont les cofondateurs. « Il y a un gros travail de sensibilisation et de pédagogie à faire », lui ont-ils expliqué, en désignant des petites pancartes humoristiques indiquant notamment, à propos de tournedos, « le packaging a changé, alors on se débarrasse de moi. Merci Malin de m’avoir récupéré ».

© SIDF - Le magasin Malin récupère les invendus et les propose à 25 % à 50 % de leur prix d'origine.

Le plus grand magasin 100 % vrac de France

La ministre de la Transition écologique a ensuite visité le magasin Day by Day, une épicerie vrac située à quelques encablures de Malin. Ce magasin de 400 m2 propose une large de gamme de produits 100 % vrac (épicerie sèche, liquide alimentaire, entretien et cosmétique). Organisée en réseau, l’enseigne se compose aujourd’hui de 60 commerces et se développe rapidement, avec l’ouverture d’environ 15 établissements par an. La ministre a ainsi souhaité en faire l’un des modèles de développement du vrac en France, qui va s’amplifier également dans la grande distribution. En effet, la filière aura l’obligation de consacrer au moins 20 % de ses surfaces de vente au vrac d’ici 2030, comme le prévoit l’article 22 de la loi Climat et résilience.

« Ce que j’ai vu aujourd’hui, ce sont des exemples parfaits de la lutte contre tous les emballages, qui prolifèrent aujourd’hui dans notre pays, et contre le gaspillage alimentaire, qui concerne encore 20 % de toute la chaine alimentaire chaque année. C’est très grave quand on sait qu’actuellement, six millions de personnes ont du mal à se nourrir », a souligné la ministre.

« Ce qu’on voit, c’est qu’on peut passer des fêtes formidables, avec de bons produits, sans pour autant gaspiller ni utiliser des emballages. Il faut en profiter, quand on a peu de moyens, quand se dit que tel produit, ce n’est pas pour nous. Chez Malin, par exemple, on trouve les mêmes produits qu’ailleurs, avec les mêmes marques, mais avec un prix de 20 % à 50 % moins cher, donc c’est très intéressant. Si vous souhaitez trouver des produits de qualité, vous pouvez également en trouver chez Day by Day. Vous aurez le sentiment très agréable d’acheter une nourriture de qualité, tout en participant à la protection de l’environnement. C’est doublement Noël ! ».

La ministre a assuré que l’on avait « besoin de gens talentueux qui se lancent un peu en avance », comme Day by Day, qui applique déjà et à 100 %
l’obligation contenue dans cet article 22 de la loi Climat et Résilience. « Ces initiatives permettent de montrer aux autres que c’est possible, que ça rend heureux. Les employés sont très souriants et très contents de travailler ici », a constaté avec joie Barbara Pompili, assurant qu’il s’agissait de « commerces de proximité et d’avenir ».


© SIDF - Magasin Day by Day

Le gaspillage non-alimentaire

Au-delà de l’alimentaire, environ 15 % des produits invendus neufs sont encore détruit. C’est tout l’objet du premier déplacement effectué par Barbara Pompili en Essonne en début de journée, à Tigery, aux côtés de l’association Dons Solidaires (cette structure valorise les invendus pour leur donner une seconde vie et rend de nombreux produits plus accessibles pour des familles en situation de précarité). La ministre en a profité pour inciter les acteurs de la filière à s’organiser, pour massifier les dons sur les stocks accumulés à l’occasion des fêtes de fin d’année.

En effet, l’article 45 de la loi AGEC obligera, à partir du 1er janvier 2022, les producteurs, importateurs et distributeurs à réemployer, réutiliser ou recycler les produits non alimentaires invendus. Les produits qui étaient couverts par une filière à responsabilité élargie du producteur avant le vote de la loi anti-gaspillage (produits électriques et électroniques, piles, textiles, meubles, cartouches d’encres…), les produits d'hygiène et de puériculture, les équipements de conservation et de cuisson des aliments, les produits d'éveil et de loisirs ainsi que les livres et les fournitures scolaires seront concernés dès le 1er janvier 2022 par cette interdiction. Au 31 décembre 2023, l’intégralité des produits seront soumis à cette législation. En cas de non-respect de cette nouvelle obligation, la loi prévoit une amende pouvant aller jusqu’à 15 000 euros par manquement pour une personne morale.

Pour le secteur des produits d’hygiène et de première nécessité, 9 % des produits invendus sont encore détruits, notamment par incinération, alors que trois millions de Français se privent de produits d’hygiène de base et que 1,7 million de femmes ne disposent pas de protections hygiéniques en quantités suffisantes. La loi met donc fin à ces pratiques. Dès le 1er janvier prochain, les produits d’hygiène et de puériculture invendus, en plus d’être concernés par l’interdiction de destruction, devront faire en priorité l’objet d’un don. Les savons, shampoings, déodorants, dentifrices, protections hygiéniques, couches, mouchoirs, lingettes, lessives, etc. sont concernés.

« C’est une évolution très importante pour arrêter de gaspiller, alors que des personnes ont besoin de ces produits et ne peuvent pas y avoir accès », a plaidé Barbara Pompili, pour qui ce gaspillage constitue une « aberration écologique et sociale ». Finalement, pour la ministre, « il faut arrêter les systèmes qui n’ont plus d’avenir ».

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