AccueilTerritoireLes Mureaux, une commune minée par les difficultés mais qui « marque des points »

Les Mureaux, une commune minée par les difficultés mais qui « marque des points »

En choisissant Les Mureaux pour prononcer son discours contre « les séparatismes », Emmanuel Macron fait de cette commune des Yvelines un symbole des difficultés de la banlieue, même si le maire défend « un vivre ensemble » dans « la laïcité ».
Les Mureaux, une commune minée par les difficultés mais qui « marque des points »
© adobe stock / REUTERS / POOL - Emmanuel Macron accompagné de François Garay, maire des Mureaux et Valérie Pecresse.

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Située dans la grande banlieue Ouest à une quarantaine de kilomètres de Paris, Les Mureaux avait déjà fait l'objet d'un déplacement il y a cinq ans du Premier ministre de l'époque, Manuel Valls, qui y avait alors dénoncé « l'apartheid social, territorial et ethnique ». Dix ans après les émeutes des banlieues de 2005, il estimait que « les cicatrices étaient encore là » et que « laisser faire, c'est prendre le risque d'une explosion permanente de notre société ».

Les Mureaux ont également déjà vu passer Emmanuel Macron, alors candidat, en 2017, lorsque c'est au milieu des cités populaires qu'il avait défendu une « politique assumée de discrimination positive » pour les habitants des quartiers sensibles. « Je veux dans les quartiers remettre un imaginaire de réussite républicain », affirmait celui qui briguait l'Élysée, en jurant d'être « intransigeant avec le communautarisme ». Car, depuis plusieurs années, les cités sensibles des Mureaux sont minées par des affaires d'islamisme radical.

En 2016, une mosquée d'une commune voisine, Ecquevilly, avait fait l'objet d'une fermeture décidée par le préfet qui l'accusait d'appeler « à la discrimination et à la haine, voire à la violence ». C'est encore aux Mureaux où travaillait Jean-Baptiste Salvaing, 42 ans, commandant de police et adjoint du commissariat, abattu avec sa compagne lors d'un attentat revendiqué par l'organisation Etat islamique en juin 2016.

« Chez nous, il y a un vivre ensemble »

Mais, pour le maire divers gauche François Garay, « aujourd'hui il y a un vivre ensemble chez nous qu'on développe avec les associations culturelles et sportives ». « Le séparatisme, on ne peut pas ne pas en parler », confie à l'AFP celui qui dirige la ville depuis 2001, mais il ne faut pas selon lui « le réduire à l'islamisme ».
« Aujourd'hui, la vraie question c'est comment tout faire pour décloisonner : ce décloisonnement doit amener une population vers nos fondamentaux qui sont la République et la laïcité », fait-il valoir, en énumérant « trois piliers fondamentaux : l'éducation, la règle et la justice ».

L'entourage d'Emmanuel Macron convient que « ce territoire marque des points », alors que le chef de l'Etat entend envoyer « un message positif » sur un dossier où lui-même et sa majorité apparaissent mal à l'aise. Une fois élu, le président de la République s'était à nouveau rendu dans la commune des Yvelines, en février 2018, pour visiter la médiathèque, présentée comme « exemplaire », car elle ouvre le dimanche et propose de nombreuses activités en plus du prêt traditionnel de livres et de vidéos. « L'Elysée sait qu'on a fait beaucoup et on a une très bonne relation avec tous les cultes », avance encore le maire, qui « pense que pour Emmanuel Macron, il est important d'être dans un lieu qui n'est pas un lieu d'affrontement ».

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