AccueilTerritoireLaurence Thouveny – Directrice d'Orange Île-de-France « La connectivité est devenue un bien vital »

Laurence Thouveny – Directrice d'Orange Île-de-France « La connectivité est devenue un bien vital »

Laurence Thouveny, la directrice d'Orange Île-de-France, a deux missions principales : décliner opérationnellement la stratégie de l'entreprise et consolider son leadership sur le territoire francilien. « Au quotidien, je me dois de donner le sens aux 5000 salariés d'Orange sur le territoire de l'Île-de-France pour conduire efficacement les opérations, tout en leur apportant tout le soutien nécessaire pour rendre possible les transformations que nous devons mener ensemble », explique-t-elle. Evoquant également le déploiement de la 5G, Laurence Thouveny fait le point sur une opération pilote de décommissionnement du cuivre menée à Levis-Saint-Nom, dans les Yvelines.
Laurence Thouveny – Directrice d'Orange Île-de-France « La connectivité est devenue un bien vital »
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Comment gérez-vous cette crise sanitaire ? Quelles sont les conséquences ?

Laurence Thouveny : Dès le premier confinement et encore aujourd'hui, nous avons connu une mobilisation exceptionnelle de l'ensemble des salariés d'Orange. En tant qu'entreprise, fournisseur de services essentiels à la vie de notre nation, nous nous sommes organisés avec deux grandes priorités : la santé et la sécurité de nos salariés et la continuité de nos services. Nous avons ainsi mis en place le télétravail pour tous nos salariés, dès lors que leur activité pouvait être réalisée à distance. Je pense en particulier à nos conseillers en service clients. Parallèlement, nous avons poursuivi le déploiement de la fibre partout, et toujours plus largement pour répondre aux besoins de nos clients dans ce contexte inédit. En 2020, nous avons même raccordé plus de nouveaux foyers à la fibre Orange qu'en 2019, et cela malgré deux confinements. Dans le même temps, nous avons réalisé les opérations techniques nécessaires pour que nos réseaux tiennent la charge induite par la croissance très forte des usages pendant cette période. Plus que jamais, la connectivité est devenue un bien vital, et nous avons d'ailleurs mené beaucoup d'actions de solidarité dans des hôpitaux ou en Ehpad, pour permettre aux personnes qui étaient isolées de maintenir le lien avec leurs proches grâce aux outils numériques.

Aujourd'hui, alors que nous sommes rentrés dans un troisième confinement, il y a bien sûr la fatigue, la lassitude des équipes comme de la population et nous restons extrêmement vigilants pour accompagner au mieux nos salariés. La protection de leur santé reste notre priorité.

Sur ce troisième confinement, nos boutiques restent ouvertes, sauf celles situées dans les centres commerciaux, ce que nous déplorons, car nos clients ont besoin de pouvoir continuer à accéder à Internet, changer un mobile cassé rapidement, venir récupérer une nouvelle Livebox ou un répéteur Wi-Fi. Enfin pour rester sur une touche positive, nous avons lancé la 5G à Paris le 19 mars dernier pour accompagner la croissance des usages et offrir un plus grand confort de navigation grâce à des débits jusqu'à trois fois plus rapides que ceux de la 4G.

Quelles sont les grandes lignes de votre stratégie de développement en Île-de-France ?

L. T. : Nous nous inscrivons en droite ligne avec le nouveau plan stratégique d'Orange, Engage 2025, lancé il y a un an maintenant. Avec ce nouveau plan stratégique, notre ambition est de renforcer notre leadership sur les réseaux très haut débit (fibre, 4G, 5G) et d'accélérer le développement commercial de nos services de diversification comme Orange Bank, la Maison Protégée, ou encore le Cloud et la Cyberdéfense sur le marché Entreprises. Notre ambition est également de franchir un nouveau palier d'excellence pour tous nos clients, mais surtout nous mettons nos salariés au cœur de notre stratégie, pour bâtir ensemble l'opérateur de demain, ses métiers et ses compétences.

Ce plan Engage 2025 est aussi celui de l'engagement, que nous prenons vis-à-vis de la société et de la planète, parce que notre conviction est qu'il ne peut y avoir aujourd'hui de performance économique sans exemplarité sociale et environnementale. Notre objectif est d'atteindre la neutralité carbone en 2040. Pour cela, nous mettons en œuvre une feuille de route ambitieuse autour de trois axes forts : déployer les technologies réseaux les plus efficaces énergétiquement (la fibre, la 5G en particulier), acheter plus d'énergies renouvelables, et développer l'économie circulaire en collectant et recyclant les boxes et les téléphones mobiles.

Notre raison d'être illustre d'ailleurs parfaitement cet engagement : « être l'acteur de confiance pour donner à chacune et chacun les clefs d'un monde numérique responsable ». Au final, si nous devions résumer Engage2025, le nouveau plan stratégique d'Orange, nous pouvons simplement dire que l'histoire de ce plan est celle de la croissance durable.

Le déploiement de la 5G a démarré depuis quelques semaines en Île-de-France et à Paris notamment. Quels sont les enjeux de ce programme ?

L. T. : Depuis le mois de décembre, Orange a lancé la 5G dans des centaines de communes en France et une soixantaine de villes franciliennes (de la petite couronne) dont Paris. Orange poursuit le déploiement et l'ouverture des villes tout au long de l'année 2021. La 5G est une nouvelle génération de téléphonie mobile, compatible et complémentaire des générations précédentes.

La première utilité de la 5G est d'abord d'apporter une solution à la saturation du réseau 4G. En réalité, c'est la seule technologie capable d'absorber la croissance très forte du trafic mobile (de l'ordre de 40 % par an) et donc d'éviter la saturation des réseaux qui peut arriver dès l'année prochaine dans les zones très denses comme à Paris par exemple.

Le deuxième bénéfice de la 5G est bien sûr d'apporter une amélioration des débits, jusqu'à 3 fois plus rapides que la 4G, pour offrir une qualité de service inédite et un confort de navigation inégalé.

Troisièmement, la 5G va être un catalyseur d'innovation pour développer de nouveaux services et accompagner la transformation numérique des territoires et des entreprises dans beaucoup de secteurs d'activités comme par exemple l'industrie, la santé, les transports, ou encore les villes intelligentes. Enfin, en offrant une connectivité plus intelligente et plus performante, la 5G sera plus efficace d'un point de vue énergétique. Pour cela nous utilisons les bandes de fréquences (3,5Ghz) obtenues lors des enchères 5G. Ces nouvelles fréquences sont au cœur de notre stratégie de déploiement 5G et constituent la meilleure réponse pour l'avenir. Orange est aujourd'hui l'opérateur qui a installé le plus grand nombre d'antennes 3,5 GHz, notre priorité étant d'apporter le meilleur débit et la meilleure qualité de service à nos clients. En effet, dans tous ses choix de déploiement de la 5G, Orange agit en tant qu'opérateur responsable : d'abord parce que nous le faisons dans le cadre d'un dialogue constructif avec l'ensemble des collectivités locales, Paris en est un bon exemple. Ensuite nous déployons la 5G là où c'est nécessaire, donc dans un premier temps dans les zones les plus denses, afin d'éviter tout risque de saturation de la 4G. Enfin, nous avons lancé un grand programme de collecte et recyclage des mobiles pour accompagner l'équipement en téléphone mobile 5G de nos clients. Au final, ce que nous guide c'est de déployer une 5G utile au grand public, aux entreprises et aux territoires !

Pouvez-vous nous parler de l'expérimentation à Lévis-Saint-Nom ?

L. T. : Dans le cadre du projet de décommissionnement progressif du cuivre, Orange anticipe et travaille dans un premier temps à partir d'expérimentations d'arrêt du cuivre à la maille de communes pour préparer ce changement de technologie. La première expérimentation a débuté en juin 2020 à Lévis-Saint-Nom, dans les Yvelines, en accord avec la mairie de cette commune, l'ARCEP (L'Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse) et l'ensemble des opérateurs commerciaux et bien sûr en lien étroit les équipes techniques d'Orange sur place. Le but de cette expérimentation est d'accompagner les habitants qui n'ont pas encore migré sur la fibre vers cette nouvelle technologie en leur permettant de conserver leurs services de téléphonie fixe et d'internet avec un réseau plus moderne et performant, et cela quel que soit leur opérateur. Ensuite, l'objectif est tout simplement de démonter et d'enlever physiquement le réseau cuivre.

Pourquoi cette expérimentation est nécessaire pour préparer le décommissionnement du cuivre ?

L. T. : Cette première expérimentation est essentielle pour apprendre à partir de situations concrètes et en tirer tous les enseignements nécessaires à la construction d'un plan industriel de décommissionnement du cuivre. L'enjeu est de préparer le plus efficacement possible la suite du projet et d'identifier les sujets à adresser pour passer à une échelle supérieure dans de bonnes conditions. En effet, nous sommes rentrés dans une phase d'accélération de la migration des clients du cuivre vers la fibre. A titre d'illustration, aujourd'hui en Île-de-France, ce sont déjà 2/3 des lignes de cuivre ne sont plus utilisées et que pour autant nous devons continuer à entretenir. Dans ce contexte, il faut maintenant qu'on anticipe très concrètement la fin du réseau cuivre et qu'on travaille à son décommissionnement, pour demain n'avoir qu'un seul réseau fixe à entretenir, pour garantir la meilleure qualité de service possible à tous nos clients. Après Levis-Saint-Nom, d'autres expérimentations vont suivre, avant de s'engager dans la phase d'industrialisation du décommissionnement du cuivre qui démarrera en 2023 pour s'achever en 2030. La " fin du cuivre " ne signifie pas la fin des offres dites fixes (téléphonie, internet et TV) : elles vont perdurer mais sur un support plus moderne et performant, la fibre optique. La modernisation des réseaux sur le territoire est en effet, un enjeu clé pour Orange.

Pourquoi cette commune ?

L. T. : Nous avons choisi Lévis-Saint-Nom pour trois raisons essentiellement. Tout d'abord pour sa taille, c'est une ville de 1600 habitants, finalement assez représentative de 80 % des communes en France (près de 80 % des communes en France ont moins de 1600 habitants). Deuxièmement, Lévis-Saint-Nom est maintenant couverte à 100 % en fibre optique, déployée par Orange. Et enfin troisièmement, le réseau fibre est accessible à l'ensemble des opérateurs commerciaux. Cette première expérimentation, et donc ces premiers enseignements, sont plutôt centrés sur le marché grand public et dans une moindre mesure sur le marché des professionnels. Cela nous donne une bonne idée de ce qui se passera sur ce type de communes, qui je le rappelle est représentative d'une grande majorité de communes françaises.

La Communauté d'agglomération Grand Paris Sud participe désormais à vos côtés à la collecte et au recyclage des mobiles usagés. Quel est le sens de cette opération ?

L. T. : Cette opération est issue du partenariat signé avec le président Michel Bisson pour développer des projets autour du numérique. Comme nous pensons qu'il n'y a pas de performance économique sans exemplarité sociale et environnementale, nous sommes engagés sur des objectifs ambitieux pour l'inclusion numérique et l'environnement. Notre programme de collecte et recyclage de mobiles qui ne sont plus utilisés en est un bel exemple, et je suis très heureuse que nous nous soyons associés avec l'agglomération Grand Paris Sud, et d'autres collectivités locales, afin de maximiser l'efficacité de ce programme. Nous avons engagé une démarche similaire avec l'Université Gustave Eiffel à Champs-sur-Marne (Seine-et-Marne) et d'autres démarches sont en préparation avec des collectivités locales et territoriales ainsi que les clubs de football et de rugby amateur sur le territoire Île-de-France.

Plus largement, comment caractérisez-vous vos engagements RSE ?

L. T. : En complément de notre engagement pour l'inclusion numérique, nous intensifions notre démarche visant à limiter l'impact de nos activités sur l'environnement avec pour objectif de réduire notre impact carbone de 26 % d'ici à 2025 et d'atteindre la neutralité carbone en 2040, que ce soit :

sur nos sites, par davantage de bâtiments et réseaux éco-responsables, par des déplacements optimisés et plus écologiques, mais aussi par l'encouragement des initiatives éco-responsables des salariés,
dans nos boutiques, avec la mise en place de notre campagne RE : reprise, reconditionnement, recyclage (et bientôt réparation). Nous visons, à horizon 2025, un recyclage de 30 % de nos mobiles et 10 % de nos mobiles commercialisés seront des mobiles reconditionnés.
sur le marché “entreprises“, nous nous sommes engagés dans un vaste programme, de dématérialisation des contrats et des échanges avec nos clients.

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