AccueilÉconomieLa GSC, une garantie vitale pour les mandataires sociaux révocables

La GSC, une garantie vitale pour les mandataires sociaux révocables

« Créer une entreprise sans assurance chômage tout en étant parent, faut pas faire çà ! » Tel est le cri du cœur de Craig Pooler, originaire de San Francisco et établi en France depuis plus de 25 ans comme banquier d'affaires, puis comme serial entrepreneur sur Paris, aux côtés de jeunes et prometteuses pousses du numérique.
La GSC, une garantie vitale pour les mandataires sociaux révocables
© Adobe Stock

Économie Publié le ,

C'est en homme averti que témoigne ce mandataire social pour avoir lui-même recherché, alors que tout allait dans sa vie d'actionnaire majoritaire de sociétés, une garantie lui permettant de gérer le risque professionnel auquel l'exposait par nature son activité, en complément de sa protection sociale. Bien lui en a pris car, selon lui, la sérénité que lui avait apportée la GSC lui a « sauvé la vie » de mandataire social, par deux fois confronté à la réalisation de ce risque en 2008, comme en 2016. Toujours passionnément entreprenant, ce fringuant startupper - CEO de la plateforme technologique StoragePal cofondée il y a un peu plus de trois ans - connaît trop l'écosystème des créateurs et les risques inhérents aux affaires pour ne pas faire partager son retour d'expérience auprès de jeunes et moins jeunes talents, peu importe qu'ils se soient déjà lancés ou s'interdisent de le faire, empêchés par le poids des risques.

Dans quelles circonstances aviez-vous souscrit une garantie de perte d'activité, en complément de protection sociale ?

Craig Pooler : La protection sociale présente en France de réels avantages à ne pas négliger, en dépit de ses contraintes. Mais sa mise en œuvre a toujours été complexe à gérer en termes administratifs pour les entrepreneurs et investisseurs menant de front leur vie personnelle et le fort aléa incertitude auquel les expose leur activité professionnelle. Marié et père de deux enfants, j'avais eu spontanément pour préoccupation de trouver un moyen d'amortir le cas échéant le choc que provoquerait la perte de mon activité. Un assureur du GAN m'ayant conforté sur l'existence d'une garantie adaptée à ma situation, je me suis rapproché des Assedic de l'époque, connaissant parfaitement le système proposé par l'association GSC et auquel j'ai souscrit dès 2005.

Qu'est-ce que vous a apporté cette garantie que vous avez été conduit à faire jouer à deux reprises ?

C. P. : Elle m'a sauvé la vie ! Je ne crains pas de l'affirmer haut et fort. Le parcours, l'univers d'un serial entrepreneur influe grandement sur son univers personnel. Vous imaginez bien alors que lorsqu'arrive le jour où votre mandat social vient à être révoqué après tant d'investissements personnels en temps et en énergie, le choc est rude ; non pas seulement pour vous mais également pour vos proches. Le premier incident de parcours professionnel que j'ai rencontré au cœur de la crise financière mondiale en 2008 m'a mené droit à mon divorce. Dans un tel contexte, conserver un minimum de sérénité pour rester en capacité de se projeter plus avant et pour se donner les moyens de rebondir moralement, et donc matériellement, reste primordial ! Tel a été mon cas, ayant pu compter sur l'indemnisation de la GSC après mes trois premières années d'adhésion. Oui, fort de ce premier recul, c'est bien la sérénité que cette garantie avait apporté au père et à l'entrepreneur dans l'âme que j'étais qui a favorisé mon rebond. Et c'est encore en pouvant compter sur ce même apport de sérénité que j'ai réussi à rebondir à nouveau d'un point de vue professionnel après la vague de défaillances d'entreprises intervenue en 2015. J'ai de fait tissé avec la gouvernance de l'Association GSC de réels liens d'amitié, convaincu qu'il m'appartenait de contribuer à la mesure de mes moyens à la campagne de sensibilisation essentielle de mes comparses, entrepreneurs et investisseurs, à ce précieux gain de sérénité.

Pour quelle raison considérez-vous comme essentiel cet effort de sensibilisation à fournir auprès des acteurs de l'écosystème entrepreneurial français ?

C. P. : Aujourd'hui, une de mes sociétés est en incubation sur Paris et, lorsque j'échange avec d'autres créateurs et investisseurs d'entreprise de l'incubateur, j'observe que très peu d'entre eux ont couvert leurs arrières ; ils ignorent comment le faire, sans compter qu'à 25 ans, on ne pense pas à ce genre de chose. Or, il faut le rappeler avec force : même sans avoir commis de faute de gestion, le développement d'une start-up connaît un taux d'échec de 90%. Car, pour pénétrer un marché fort de son innovation, seule l'idée brillantissime ne suffira pas. Sans expérience professionnelle, les jeunes entrepreneurs peuvent difficilement gérer toutes les dimensions de leur projet. Or, face à l'aléa incertitude, le laps de temps reste très court pour ancrer des parts de marché, sans disposer d'un chiffre d'affaires suffisant, attractivité à la clé ! Certaines personnes, même douées de la brillantissime idée, le savent si bien qu'elles s'interdisent d'elles-mêmes de tenter l'aventure à défaut de pouvoir compter sur une couverture complémentaire à leur protection sociale, d'autres se convainquant que ça ira, coûte que coûte. Ces derniers sous-estiment néanmoins la principale contrainte : trouver des financements structurants en opérant des engagements sur des actifs tangibles de leur entreprise… parfois aussi, sur des garanties personnelles, ce que je me suis toujours gardé de faire. En somme, la pression reste immense et le gâchis peut se révéler énorme. Cela, moins à défaut de lucidité qu'à défaut d'information sur les dispositifs de sécurisation déjà existants, spécialement en cette période actuelle trouble, sanitaire et économique.

Dans son ouvrage paru en juin dernier et intitulé “Ça ira mieux demain”, Philippe Bloch observait un relatif silence des start-up depuis l'apparition de la Covid-19. Qu'en pensez-vous ?

C. P. : Mécaniquement, le taux de réussite des start-up de 10%, hors contexte Coronavirus, pourrait en effet baisser, les jeunes pousses étant par nature plus fragiles que les autres entreprises, elles-mêmes confrontées à cet événement inédit. Car, même avec un bon produit et d'importantes levée de fonds, le challenge à relever pour les startups s'avère encore plus difficile aujourd'hui, mais pas impossible. Nous, startuppers, ne devons surtout rien lâcher de notre élan mais adapter de manière réfléchie non pas notre vision mais notre stratégie. Investisseurs et mandataires sociaux seraient ainsi bien avisés, tant qu'il en est encore temps, de considérer sérieusement l'intérêt de souscrire une garantie contre leur risque de perte d'activité afin de traverser le plus sereinement possible le guet vers de meilleurs jours. n

Partage
Envoyer à un ami
Connexion
Mot de passe oublié ?