Je viens d’une famille qui a fui l’Allemagne et la Pologne, à cause des guerres. Pour eux, pour moi : la plus belle réalisation de l’Europe, c’est d’abord la paix ! Chaque année, nous battons le record de longévité de la paix sur le continent européen. C’est une chance que nous ne devons jamais oublier. Mais l’Europe, c’est aussi la libre circulation des personnes et ses gains économiques, humains et culturels. C’est Erasmus dont 4 millions de jeunes ont déjà bénéficié. C’est le financement de 4 repas sur 10 servis par les Restos du Cœur. C’est encore Galileo, notre propre réseau de satellites à l’heure où tout citoyen utilise une cinquantaine de satellites par jour et où la géolocalisation est partout. C’est aussi la digue de Montesson qui protège les habitants des inondations, en partie financée par l’UE. C’est bien sûr l’État de droit, notre conquête et notre seul avenir possible, qui protège chacun de nous. Oui, l’Europe qui gagne existe ! Ce sont des projets qui réussissent et qui changent notre quotidien. C’est ce que nous défendons depuis 2017 et que nous allons défendre avec plus de force encore au cours des mois à venir.
Jeudi, le Président de la République a en effet dévoilé les grands axes de la Présidence française de l’Union européenne (PFUE) qui commencera demain. Européen convaincu, européen convaincant, le Président a rappelé que le modèle européen est notre force. Bouleversement climatique, révolution numérique, inégalités, enjeux migratoires, tentatives de déstabilisation des démocraties : face aux crises, nombreux sont ceux qui voudraient ne s’en remettre qu’aux seules Nations. Depuis 2017, nous défendons l’inverse : c’est à la nécessité de nous unir que nous œuvrons, pour résister et transformer le quotidien. A travers la PFUE, c’est à une Europe toujours plus souveraine et toujours plus humaine que nous continuerons à travailler, comme nous le faisons depuis 2017.
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Une Europe plus souveraine
Une Europe plus souveraine, c’est d’abord une Europe capable de maîtriser ses frontières. Nous allons initier une réforme de l’espace Schengen et créer un pilotage politique de la maîtrise des frontières et un mécanisme de soutien d’urgence en cas de crise. L’Europe est le seul bon niveau pour répondre à cette double exigence d’efficacité et d’humanité que pose la crise migratoire.
Une Europe plus souveraine, c’est une Europe de la défense. Depuis 2017, de cette ambition nous avons fait des avancées considérables. Il nous faut entrer dans une phase plus opérationnelle, définir pour nous, Européens, nos intérêts communs et une stratégie partagée.
Une Europe plus souveraine, c’est une Europe qui assume ses responsabilités dans le monde. L’une de ces responsabilités est de redonner des perspectives aux pays qui nous entourent, qu’il s’agisse du continent africain où la jeunesse a besoin d’un avenir ou des pays des Balkans occidentaux qui font face à de multiples tensions. à travers cette PFUE, nous renforcerons les liens et la coopération, en créant notamment un “new deal” économique et financier avec l’Afrique et en déployant un agenda en matière d’éducation, de santé et de climat sur le continent.
Une Europe plus souveraine, c’est enfin une Europe capable de respecter et de faire respecter ses priorités pour l’avenir, notamment en matière d’économie et de climat. À l’initiative de la France, l’Europe est devenue le premier continent du monde à s’engager sur la neutralité carbone en 2050. Nous irons plus loin, en continuant à concilier compétitivité industrielle et ambition climatique, à travers la taxe carbone aux frontières que nous portons depuis 4 ans, la protection de nos océans, la lutte contre la déforestation importée, mais aussi la mise en œuvre de l’accord international sur la taxation des multinationales et la modification des règles budgétaires afin de favoriser un investissement à la hauteur de la sortie de crise. Nous continuerons également nos efforts pour faire de l’Europe une puissance du numérique. L’avenir nous l’impose. Nous avons déjà réussi à porter une réglementation européenne de protection des données individuelles qui est devenue un standard mondial ! Nous avons déjà réussi à acter au niveau international la taxation des plateformes qui doit maintenant entrer dans les faits. Nous irons plus loin en évitant que les géants du numérique deviennent des monopoles sans règles et renforcerons la lutte contre la haine en ligne.
Une Europe plus humaine
La PFUE doit être un grand moment d’humanisme européen. Pour enfin rapprocher l’Europe des citoyens, la rendre plus démocratique et plus accessible.
Une Europe plus humaine, c’est d’abord une Europe qui protège, défend et renforce nos valeurs. Ces valeurs ne sont pas négociables, elles sont existentielles. Je suis fière de voir ce combat placé au cœur des ambitions françaises. C’est notre responsabilité d’Européens. Nous veillerons au respect de ces valeurs à travers de nouveaux instruments, à l’image d’un fond de soutien au journalisme indépendant et d’investigation, mais aussi en menant un travail indépendant sur l’Histoire de l’Europe face aux révisionnismes dangereux qui se répandent sur notre continent et que nous ne pouvons laisser prospérer.
Une Europe plus humaine, c’est aussi une Europe qui défend son modèle social. Le Président l’avait dit dès 2016 : si notre Europe ne protège pas mieux les plus faibles, laisse prospérer le dumping social, apparaît comme un marché sans règles, il y aura d’autres Brexit. Nous avons d’ores et déjà obtenu des résultats ces dernières années sur le travail détaché, avec le changement de ses règles et l’accroissement de ses contrôles. Notre Présidence de l’Union européenne doit être l’opportunité d’aller plus loin, en travaillant sur la directive sur les salaires minimum afin d’assurer un salaire décent à tous mais aussi sur la directive sur la transparence salariale afin de favoriser l’égalité femmes-hommes.
Une Europe plus humaine, c’est enfin une Europe citoyenne. Depuis quatre ans, nous avons agi pour ouvrir Erasmus à tous les jeunes Européens : nous l’avons élargi aux apprentis et nous avons déjà doublé le nombre de bénéficiaires. Pour aller plus loin, le Président propose de travailler à un service civique européen de six mois, ouvert à tous les jeunes de moins de 25 ans pour un échange universitaire ou d’apprentissage, un stage ou une action associative.
Depuis 2017, l’Europe est de retour et la France est de retour en Europe. Loin des eurosceptiques ou des européens de circonstance, comptez sur nous pour continuer à bâtir un avenir commun solide, jusqu’au bout !