AccueilÉconomie« L’amélioration de l’attractivité de Paris observée en 2020, se confirme cette année »
LIONEL GROTTO Directeur général de Choose Paris Region

« L’amélioration de l’attractivité de Paris observée en 2020, se confirme cette année »

Plusieurs événements de ces dernières années ont changé la donne, comme le Brexit, ou encore la crise sanitaire. Malgré ces changements, le bilan de l’année est plutôt positif pour l’attractivité parisienne.
« L’amélioration de l’attractivité de Paris observée en 2020, se confirme cette année »
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Économie Publié le , Propos recueillis par Martin Bizeray

A la suite de l'édition 2020 des Assises de l’attractivité, vous étiez plutôt enthousiaste et vous dressiez un bilan positif de l'attractivité de la région. Où en est-on aujourd’hui ?

Lionel Grotto : Nous avons sorti un baromètre qui permet d’avoir des éléments là-dessus. On observe, d’une part, que l’Ile-de-France reste très bien positionnée. Une amélioration globale de l’attractivité de la métropole se confirme même. Nous avons pu accompagner l’extension d’une entreprise américaine à Roissy sur un site de production avec un potentiel de 100 emplois en deux ans, nous avons également plusieurs projets en cours dans la logistique, notamment à Neuilly, avec un potentiel de 100 emplois sur trois ans. D’autres projets sont en cours d’élaboration ou de réalisation dans les domaines des technologies innovantes, autour de la mobilité, de la santé, dans les biocarburants ou encore dans l’aéronautique. Dans tous ces secteurs, on voit des choses qui bougent au niveau de l’attractivité. Depuis septembre, les reprises de visite de manière physique sont bénéfiques pour l’attractivité, les dirigeants sont contents de pouvoir revenir sur site pour les futures implantations d’entreprises. Parallèlement à un certain retour à la normale, les entreprises se posent beaucoup de questions autour de la manière dont ils vont s’adapter à la suite de cette crise sanitaire. Cela se traduit, pour nous, par un mouvement du centre de Paris vers la périphérie proche. Les dirigeants se questionnent aussi sur le cadre de travail offert à leurs salariés. Il y a un retour du dynamisme, mais avec une prise en compte par nous et par les investisseurs de nouveaux paradigmes. Il faut que l’on réponde aux attentes de nos clients.

D’autre part, nous avons pu observer que de grands groupes ont choisi en 2020 d’investir dans des territoires voués à un grand avenir comme Saclay ou Marne-la-Vallée. Marne-la-Vallée c’est 80 passages de TGV par jour, une connexion directe avec Amsterdam. C’est le début d’un mouvement que nous observions déjà en 2020 et qui s’est confirmé cette année.

Quelles vont être, selon vous, les enjeux de l'année à venir en termes d'attractivité pour Paris, la métropole et la région ?

L. G. : L'enjeu, dans les prochains mois, va être de pouvoir travailler de manière collective, d’arriver à faire évoluer cet immobilier d’entreprise dans les bons territoires et puis répondre aux attentes des clients. Il y a également un vrai défi de simplification à relever. Pendant la crise de la Covid, nous avons été en mesure de passer au-delà de la bureaucratie qui empêchait d’arriver à nos objectifs dans un délai court. Aujourd’hui, sur certains projets, je pense notamment aux projets industriels, la complexité administrative, particulièrement en Ile-de-France, rend les choses assez compliquées. Je pense que ce sujet ne peut pas rester en état et doit faire partie des grands défis de la métropole. Il y a un écosystème de comparaison qui existe à côté et notre enjeu est de continuer à nous comparer et à faire évoluer dans le bon sens ces difficultés administratives.

Quelles sont les difficultés administratives que vous évoquez ?

L. G. : Il y a beaucoup de communes dans la région Ile-de-France et ce sont elles qui ont le dernier mot sur les permis de construire. Par rapport à d’autres pays européens, la région parisienne et la France comptent beaucoup plus de communes par habitant et cela pose des questions sur la capacité d’action et d’ingénierie de ces communes sur des sujets et des dossiers qui sont parfois très lourds. Au niveau de l’Etat, il y a également énormément d’administrations déconcentrées qui ont des missions définies, sur la protection de l’environnement, des forêts, de lutte contre l’artificialisation des sols, etc. Cette multiplication des acteurs est un vrai sujet pour nous, un sujet sur lequel nous devons rester vigilants. Il faut que nous veillions à ce que toute cette mise en place de règles se fasse dans un système cohérent qui ne produise pas un blocage à l’arrivée.

Quels sont les points forts de Paris et de l'Ile-de-France en termes d’attractivité ?

L. G. : Dans les choses qui reviennent de manière assez fréquente, la disponibilité de personnels qualifiés est un avantage que nous avons sur beaucoup de nos concurrents. Sur le sujet de la qualité de vie, nous sommes également en avance. Cette notion est réellement perçue par les investisseurs et également présente dans les territoires autour de Paris. D’autres métropoles européennes ne disposent pas forcément de cet atout. Egalement, le fait que nous ayons de nombreuses infrastructures publiques, car Paris a cette chance d’être le cœur de la France et le cœur de l’Europe en termes de transports, du ferroviaire. C’est un vrai atout dans un monde qui s’ouvre. En termes d’infrastructures numériques, Paris et l’Ile-de-France sont également fortement présentes. Les entreprises parisiennes ont peut-être pu mieux passer cette période de la crise sanitaire en raison de la forte présence d’infrastructures numériques. On peut encore l’améliorer, notamment au niveau de l’implantation de datacenters. Nous avons encore du travail sur ces sujets, mais globalement, nous sommes plutôt bien positionnés et bien classés par les investisseurs sur ces sujets-là.


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Quelles sont les métropoles concurrentes de Paris ?

L. G. : Les choses peuvent se regarder globalement. Au niveau mondial, nos concurrents sont Londres et New York. Dans les classements, on constate que Londres est réellement en perte de vitesse au profit de Paris. Nous sommes en train de dépasser Londres, petit à petit. C’est une dynamique importante au niveau européen. Sur les autres villes européennes, aucune n’est à la taille de Paris. Au niveau de la finance, Francfort et Amsterdam sont des concurrents, sur les sujets d’innovation, la Rhénanie du Nord-Westphalie est bien classée avec Düsseldorf, sur l’industrie, nous sommes un peu plus en retrait que d’autres métropoles françaises et européennes. Paris a cette résilience, cette capacité d’être positionnée sur de nombreux secteurs et de pouvoir se projeter sur le long terme.

Avez-vous observé un effet Brexit sur l’attractivité de Paris, par rapport aux métropoles britanniques, notamment Londres ?

L. G. : Les choses ont assez peu évolué sur les derniers mois, nous avons compté au total 150 projets en Ile-de-France, directement liés au Brexit. On observe que le choix de Londres devient moins systématique. Cette tendance est de plus en plus marquée, c’est une décrue progressive pour Londres, mais la dynamique prend du temps. Par rapport aux investisseurs américains, on observe une augmentation des projets et investissements en France. Paris est la première métropole européenne en dehors Royaume-Uni pour ces investisseurs. On observe que pendant que l’image de la métropole de Londres continue de se dégrader, celle de Paris est de plus en plus prisée.

Que peut changer le résultat d’une élection présidentiellepour l’attractivité d’une métropole comme Paris ?

L. G. : Lors des années d’élections, nous sommes très régulièrement interrogés sur les issues possibles et les différentes conséquences que le résultat pourrait avoir sur les entreprises et, par la suite, sur l’attractivité de la métropole. Donc, forcément oui, il y a un impact et l’attention va être portée essentiellement sur la visibilité à long terme qui est un sujet sur lequel la France n’a pas toujours été exemplaire de ce point de vue. Il faut donner un cap sur de grandes directions, sur les filières industrielles. Lors de la dernière élection, il y avait l’évocation de la possible élection de Marine Le Pen, il y a eu un effet et une inquiétude des investisseurs. Nous devions leur apporter des éléments de réponse.

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