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Yvelines Julien Denormandie et Cédric O lancent la French AgriTech sur la Plaine de Versailles

le - - Économie

Julien Denormandie et Cédric O lancent la French AgriTech sur la Plaine de Versailles
© DR - Cédric O et Julien Denormandie se sont rendus à Saint-Nom-la-Bretèche.

Les deux ministres se sont rendus à la Ferme Horticole Théart, à Saint-Nom-la-Bretèche, pour découvrir deux start-up innovantes en matière agricole, dans le cadre du lancement de la French AgriTech, dédiée à l'accélération de l'innovation agricole.

Optimisation de la gestion de l'eau, production plus écologique, amélioration de la traçabilité des aliments et de la traçabilité alimentaire… Les agriculteurs sont de plus en plus nombreux à s'armer d'outils technologiques.

La France connait une forte dynamique sur les secteurs de l'AgriTech et de la FoodTech, au point d'abriter certains des leaders européens de ce marché. Deux startups très prometteuses en la matière sont incubées à la Ferme Horticole Théart. Le ministre de l'Agriculture, Julien Denormandie, et le secrétaire d'Etat chargé de la Transition numérique, Cédric O, ont donc souhaité découvrir leur potentiel de plus près.

UV-Boosting

Cette start-up a développé une technologie permettant de stimuler les défenses naturelles des plantes grâce aux flashs d'UV-C. « Des lampes à UV nous permettent de flasher des vignes ou des fraises. Cette stimulation vient booster les défenses naturelles de la vigne pour la rendre plus résistante aux maladies fongiques », explique Baptiste Rouesné, directeur général d'UV-Boosting.

Pour les vignerons, l'intérêt est clair : avoir un moyen de lutte supplémentaire contre ces maladies, pour aborder plus sereinement leur transition vers une agriculture plus durable. « La majorité des exploitants a envie de passer au bio, ou a minima à des modes d'exploitation plus respectueux de l'environnement, mais ils n'ont pas toujours de solutions économiquement viables à leur disposition », poursuit le startupper. La solution est proposée en complément du traitement au cuivre, qui peut être diminué jusqu'à 60 %.

Cette solution permet à l'agriculteur de ne plus être soumis aux conditions météos. Et contrairement aux traitements classiques, les vignes ne présente pas de résidus. Quelque 70 exploitants utilisent actuellement UV-Boosting. « Notre objectif est devenir leader mondial du soin des plantes par flash lumineux. Les marchés italiens et californiens étant confrontés aux mêmes enjeux que les viticulteurs français, donc nous n'avons pas de raisons de nous cantonner au marché hexagonal », explique Baptiste Rouesné. Un effet contre le gel, qui reste à confirmer scientifiquement, a également été observé. La concurrence, qui fonctionne à partir de machines de désinfection et non de stimulation des défenses naturelles, devrait poser peu de problèmes à UV-Boosting. La machine (voir photo ci-contre) est actuellement proposée au prix de 36 000 euros.

Néofarm

Fondée par Alexia Rey et Olivier Le Blainvaux, NéoFarm développe un modèle de micro-exploitation alliant agroécologie et technologie, qui permet à la fois de cultiver des fruits et légumes bio localement et de réduire la pénibilité du travail, tout en rémunérant de manière juste tous les acteurs de l'exploitation. « La première ferme a été lancé ici cette année, après quatre années de recherche et développement », précise Alexia Rey. « L'agroécologie consiste en des pratiques respectueuses de l'environnement et de la biodiversité. Elles permettent d'être très productif sur des petites surfaces, mais l'inconvénient, c'est quelles nécessitent un travail manuel plutôt pénible, sans intrant chimique ni machine, ce qui prend beaucoup de temps. La technologie permet de réduire la pénibilité et le temps de travail, pour que ce modèle soit plus soutenable financièrement et économiquement ». Pour ce faire, NéoFarm a développé un portique automatisé qui passe au-dessus des planches de culture et s'équipe de différents outils pour réaliser des actions variées (préparation du sol, semis, désherbage), tandis qu'une application permet une gestion complète de l'activité (base de données, planification, etc.).

Chaque ferme, intégrée au sein d'exploitations installées à proximité des villes, avec une distribution des produits en circuit court, forme une véritable solution « clé en main ». NeoFarm a pour objectif d'impacter les modes de consommation des citoyens, en partenariat avec les acteurs du territoire et notamment les collectivités et les agriculteurs.

« Notre ambition est de sortir 2 à 3 exploitations comme celle-ci l'année prochaine. L'idée est d'accélérer ensuite le mouvement pour créer plusieurs dizaines d'unité par an d'ici quatre an », souligne Olivier Le Blaivaux.

Top Départ pour la French AgriTech

Si, comme indiqué, la France connait une forte dynamique sur les secteurs de l'AgriTech et de la FoodTech, de nombreux défis persistent (pré-maturation, changement d'échelle, attraction d'investisseurs, validation scientifique, visibilité…). Le Gouvernement a donc décidé d'accélérer son soutien au développement, à la maturation et à l'exportation de ces savoir-faire, avec le lancement de la French AgriTech. Quelque 200 millions d'euros d'investissements sur cinq ans sont ainsi prévus pour des subventions et des avances remboursables sur la FoodTech et l'AgriTech. « Notre ambition est de faire de la France le berceau de l'AgriTech mondiale », explique Julien Denormandie.

« Il existe assez peu de secteur de l'économie où l'innovation n'a pas émergé de nouveaux acteurs, y compris dans un certain nombre de secteurs industriels. Les dix premières capitalisations boursières sont par exemples des entreprises de la tech. Nous voyons émerger des entreprises très innovantes dans l'ensemble des pays du monde, et elles ne sont pas le fait d'acteurs installés », rappelle Cédric O. « Cette question de la modernisation est absolument essentielle si nous voulons faire en sorte de préserver notre prospérité économique, mais aussi créer de l'activité et de l'emploi ». Pour le secrétaire d'Etat, cette question touche plus largement la qualité de vie, à l'avenir écologique, et à la qualité de notre alimentation. « Nous avons la chance d'avoir dans ces domaines des innovateurs français très performants, et un savoir-faire agricole historique sur ces sujets de la chaine agro-alimentaire. D'où l'importance de structurer un accompagnement et une filière autour de ces start-up sur ces secteurs ». L'objectif est de se mettre au niveau d'une compétition internationale qui est forte dans ce domaine. C'est aussi un enjeu important en matière de souveraineté alimentaire. « Nous avons la volonté d'être les meilleurs d'Europe, voire du monde », conclut le secrétaire d'Etat. Une mission de structuration de la French AgriTech a notamment été confiée à l'association La Ferme Digitale, collectif créé en 2016.




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