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Jean-Philippe Dugoin-Clément, candidat pour « porter la voix du terrain »

Jean-Philippe Dugoin-Clément, maire de Mennecy et vice-président de la région Ile-de-France, revient sur sa candidature aux élections législatives pour la deuxième circonscription de l'Essonne.
Jean-Philippe Dugoin-Clément, candidat pour « porter la voix du terrain »

Société Publié le , Propos recueillis par Boris Stoykov

La Semaine de l'Île-de-France : Pouvez-vous nous dire ce qui vous a amené à être candidat aux élections législatives ?

Jean-Philippe Dugoin-Clément : Je suis attaché à cette deuxième circonscription, qui représente un tiers de l'Essonne, 68 communes dont 57 de moins de 3 000 habitants, une circonscription rurale et excentrée des grands pôles urbains et des lieux de pouvoir. J'y suis né, j’y ai fait ma vie personnelle, professionnelle et politique, par la suite. C'est un territoire qui a besoin d'être entendu, d'être défendu et d'être protégé et qui, comme les territoires qui sont un peu excentrés ou éloignés, peut être rapidement oublié et devenir une simple variable d'ajustement. C’est le cas notamment quand on parle de grands choix d'aménagement, de retraits ou d’abandons de services publics, de questions d'accès aux soins, de problématiques de désertification médicale, du maintien des hôpitaux, des postes, des trésoreries, des effectifs de gendarmerie et de police, quand on parle de la continuité de l'éducation nationale en zone rurale ou en zone périurbaine où aujourd'hui, on a un service public qui est devenu défaillant. C'est un challenge que je me fixe, car depuis maintenant un peu plus de quatre ans que j'ai le bonheur d'occuper une fonction de vice-président à la Région Ile-de-France, je pense avoir gagné en maturité et en poids politique et je souhaite les mettre au service des 68 communes de cette circonscription.

SIDF : Le député sortant de votre circonscription, Bernard Bouley, a décidé de ne pas se représenter. Est-ce aussi une des raisons qui vous a amené à vous porter candidat ?

J.-P. D.-C. : Oui, car Bernard Bouley est un ami, quelqu'un que je respecte, et je n'aurais pas été candidat s'il avait souhaité lui-même repartir. Il y a cinq ans, j'avais soutenu son élection. Après avoir occupé la fonction de député pendant un peu moins de deux ans, il a souhaité arrêter pour des raisons qui lui sont propres. Nous allons donc être amenés à effectuer un passage de relais, un passage de témoin. Un point extrêmement important, c'est que je suis maire depuis maintenant 11 ans et en tant que tel, je suis amené à toucher du doigt,, au quotidien, les défaillances du système, les complexités qui sont imposées aux échelons de réalisation, qu’est la commune, les blocages administratifs et juridiques qui font que, bien souvent, en dehors de toute la bonne volonté des ministres ou des présidents, quels qu'ils soient, certaines politiques publiques échouent ou n'ont pas la portée voulue. Je crois que cette expérience de maire, du fait du non-cumul des mandats, est quelque chose qui a énormément manqué à l'Assemblée nationale sortante. J'ai envie d'essayer d'apporter à Paris cette expérience et cette vision du terrain. Je suis avant tout un élu local, un élu de terrain, et je pense que l'Assemblée nationale ne peut pas être une chambre composée de députés qui n'ont jamais eu cette expérience. Cela voudrait dire qu'on serait sur une approche très technique, parfois un peu idéologique, mais pas toujours très pratique. J'ai envie de porter cette voix du terrain, cette expérience du local, de maire.

SIDF : Si vous êtes élu député, vous devrez donc abandonner votre fonction de maire de Mennecy…

J.-P. D.-C. : La loi sur le non-cumul des mandats est une loi contre-productive complètement hypocrite, qui n'a eu qu'un seul effet : affaiblir le Parlement et couper encore un peu plus les Français de leurs parlementaires. C'est un déchirement. C'est aussi un élément qui a fait que j'ai réfléchi extrêmement longtemps avant de me lancer dans cette aventure, parce qu'effectivement je ne pourrais pas cumuler de fonction exécutive, si je suis élu le 19 juin prochain. C'est aussi le parti de se dire que l'on peut agir différemment pour un territoire. Pour une commune, comme pour une circonscription, avoir un député qui s'engage, qui porte des sujets, c'est aussi un moyen d'être mis en avant, de voir ses projets pouvoir se concrétiser plus vite et c'est ce à quoi j'ai envie de contribuer.

SIDF : Vous vous présentez sous la bannière de l'UDI et des Républicains ensemble. Comment cela va se passer ?

J.-P. D.-C. : Je suis investi par l’UDI qui est la formation politique à laquelle j'appartiens, avec une co-investiture des Républicains mais j’existe indépendamment d’une couleur politique avec mes propres convictions. Quand je suis maire de ma commune, réélu à 77 % des voix, j'arrive à rassembler des gens beaucoup plus à gauche et beaucoup plus à droite que moi. Avec le suppléant qui m'accompagnera, Gino Bertol, maire d’une commune de moins de 1 000 habitants, je souhaite porter une candidature qui fédère autour des enjeux locaux et des projets à porter pour notre territoire. Je tire avant tout ma légitimité de ceux qui m’ont élu et qui, je l’espère, le feront demain. Je pense profondément que la politique est une cause trop noble pour être vécue uniquement au travers le prisme des partis politiques. Je suis candidat des maires du territoire, qui compte 68 communes et dont la très grande majorité m'honore de leur soutien. Les seules personnes à qui je serai redevable sont les maires et les habitants de cette circonscription. Ce n'est pas un parti politique, quel qu'il soit, même si j'ai ma sensibilité, ma colonne vertébrale.

SIDF : Pourquoi avoir choisi de vous présenter en binôme avec Gino Bertol dans votre circonscription. Comment vous êtes mis d'accord avec votre suppléant ?

J.-P. D.-C. : C'est un élu local comme moi, quelqu'un de compétent, de motivé, qui a envie de s'engager. C'est important, parce qu’être suppléant sur une circonscription de 68 communes, c'est partager le travail au quotidien et aussi pouvoir être amené à siéger un jour. Le suppléant est quelqu'un qui doit avoir les capacités humaines, techniques, intellectuelles pour pouvoir siéger si besoin était. Ensuite, cette circonscription est construite essentiellement autour de trois agglomérations : la communauté de communes du Val d'Essonne dont je suis issu, l'agglomération d'Étampes et la communauté de communes des Deux Vallées, où est élu Gino Bertol. Et puis, si nous sommes sur une circonscription avec deux communes un peu plus importantes, Étampes et Mennecy, elle reste avant tout rurale et je souhaitais que cette ruralité puisse être incarnée dans le binôme que nous formons, donc avec un maire d'une commune de moins de 1 000 habitants.

Nous sommes dans une circonscription difficile où le Rassemblement national sort en tête à plus de 26 % des voix et si on rajoute les scores d'Éric Zemmour et de Nicolas Dupont-Aignan, on est à plus de 35 % au premier tour. Au second tour, le RN arrive en tête dans de nombreuses communes. Cette circonscription est loin d'être acquise et il va falloir s'engager, travailler avec détermination. Gino Bertol partageait cette envie.

SIDF : Vous parlez d'une extrême droite assez forte dans cette circonscription. Est-ce que vous répondrez à un appel d'union des droites ?

J.-P. D.-C. : Si vous parlez de l’union Zemmour- Marion Maréchal, non, jamais. Je porte une candidature de rassemblement. J'ai toujours été quelqu'un de centre droit, de droite progressiste, je me suis engagé politiquement auprès de Jacques Chirac ou de Nicolas Sarkozy en leur temps, je travaille avec Valérie Pécresse et je suis un ami de Jean-Louis Borloo. C’est mon ADN politique et philosophique. Le glissement d'une partie de la droite vers l'extrême droite est quelque chose qui est pour moi totalement inenvisageable et que pour ma part je ne conçois pas. Encore une fois, je porte une candidature de rassemblement. Je ne demande ni à mes électeurs, ni à quelqu'un qui a besoin d'être soutenu sur un dossier, ni à un maire s’il a voté Mélenchon ou Le Pen. Ça n'intéresse pas. La façon dont je conçois la politique, c'est que l'on est fort que si l’on peut rassembler. La politique, c’est vouloir travailler sur un territoire, pour des objectifs communs. Le rassemblement des droites, ou plutôt des extrêmes droites, auquel appelle Marion Maréchal, n'est pas quelque chose qui correspond à ce à quoi j'aspire pour le pays et est une démarche ultra politicienne qui va totalement à l'encontre de ce que de ce que je veux porter.

SIDF : Une des grandes causes du quinquennat qui arrive et que défend le président de la République est le climat et l’écologie. Vous impliquerez-vous aussi pour ce combat ?

J.-P. D.-C. : Bien sûr. J'ai deux combats que je veux porter à l'Assemblée nationale si les électeurs me font confiance. Le premier, c'est une défense territoriale de la ruralité. Ce sont des territoires qui, depuis des années, connaissent des reculs des services publics, qui sont abandonnés par la République et dont les populations qui excédées. Ils sont face à une République dans laquelle ils ont l'impression d'avoir beaucoup de devoirs mais pas de droits, c’est ce qui génère des votes extrêmes. Je veux porter à l'Assemblée la voix de ces territoires ruraux excentrés, ce qu'on appelle la France périphérique et qu'on peut trouver en Ile-de-France comme dans les régions.

Le deuxième combat vise les sujets pour lesquels je me suis engagé et spécialisé à la région Ile-de-France, souvent assez techniques mais absolument fondamentaux pour l'avenir du pays et l'avenir du monde, qui sont l'environnement, l'aménagement et le logement : comment est-ce que l’on construit l'avenir de nos enfants ?

SIDF : Si vous êtes élu, continuerez-vous votre mandat à la Région ?

J.-P. D.-C. : J’aurai un choix à faire mais je ne l’ai pas encore arrêté. J’ai toujours réfléchi étape par étape et en passant une haie après l’autre. Je ne me présente pas pour faire de la figuration, je n’ai pas encore gagné. Si je suis élu le 19 juin, j'aurai un mois pour consulter, réfléchir et acter la façon dont je gérerai le cumul des mandats. Mais quoi qu'il se passe, je continuerai à travailler, à m'impliquer pour ma commune et pour ma région, dans les sujets que j'ai portés et dans beaucoup de politiques publiques que j'ai pu y impulser.

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