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IDF : les services de l'Etat se mobilisent pour l'emploi

Lors d'une conférence de presse conjointe, Marc Guillaume, préfet de la région d'Île-de-France, préfet de Paris, et Valérie Pécresse, présidente de la Région Île-de-France, ont présenté les principales mesures d'aide mises en œuvre pour soutenir les entreprises, les emplois et préparer l'avenir.
IDF : les services de l'Etat se mobilisent pour l'emploi
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Le 5 novembre dernier, Valérie Pécresse, présidente de la Région Île-de-France, a tenu avec Marc Guillaume, préfet de la région d'Île-de-France, préfet de Paris, Jean Bassères, directeur général de Pôle emploi, et Stéphanie Von Euw, vice-présidente de la Région Île-de-France, chargée de l'emploi, de la formation professionnelle et de l'apprentissage, les dispositifs et aides prévus dans le cadre du plan de mobilisation régional pour l'emploi et l'investissement dans les compétences.

Le marché du travail en Ile-de-France (IDF) a été particulièrement touché par les conséquences économiques et sociales de la crise sanitaire et l'économie francilienne a plus que jamais besoin d'être soutenue. Les services déconcentrés de l'Etat sont ainsi entièrement mobilisés pour actionner, sur le terrain, les leviers d'aide du plan de relance adopté par le Gouvernement. Cette conférence de presse a donc été l'occasion de les détailler.

Sauvegarder l'emploi et relancer les entreprises

L'objectif de la Région est d'amortir les conséquences du confinement sur l'emploi, notamment par le biais de l'activité partielle. Au 25 octobre dernier, 6,7 milliards d'euros avaient déjà été mobilisés en IDF depuis le début de la crise. S'agissant des indépendants et des plus petites entreprises, le fonds de solidarité mis en place par l'Etat a bénéficié à 1 million d'entreprises franciliennes, représentant 1,5 milliard d'euros d'aides au 23 octobre. Autres mesures d'aide, le report des charges fiscales, à hauteur de 1 milliard d'euros, et sociales, pour 3,5 milliards d'euros ainsi que des prêts garantis par l'Etat, accordés aux entreprises franciliennes pour un budget de 45 milliards d'euros au 3 novembre, dispositif prolongé jusqu'au 30 juin prochain.

Enfin, la Région IDF a mis en place un fonds visant à permettre aux filières automobiles et aéronautiques de rebondir en développant des chaines de valeur d'avenir ou stratégique tout en préservant les compétences et en préparant demain. Ainsi, les neuf projets lauréats montés en Ile-de-France au 4 novembre et représentant un investissement productif de plus de 20 millions d'euros bénéficieront de 10 millions d'euros d'aide supplémentaires.

Plus d'informations sur les dispositifs d'aides au secteur industriel à l'adresse www.entreprises.gouv.fr/files/files/secteurs-d-activite/industrie/politique-industrielle/dispositifs-entreprises-industrielles.pdf

Développer l'offre de formation

Parce qu'en cette période économique critique, il est d'autant plus essentiel de proposer une offre de formation diplômante solide, la région IDF a signé avec le Conseil régional une aide de 1,8 milliard d'euros sur la période 2019-2022. Elle compte depuis le début de l'année 100 000 entrées en formation et poursuit l'objectif d'en atteindre 3 000 chaque semaine d'ici la fin de l'année.

Comme l'a souligné Valérie Pécresse, la Région a pris conscience du besoin de formation des demandeurs d'emplois et a parallèlement constaté que certains secteurs étaient à l'arrêt, notamment en raison du contexte économique dû à la pandémie, alors que d'autres embauchaient toujours beaucoup. L'IDF fait face à une pénurie de salariés dans les secteurs de la santé, sanitaire et social, du numérique, du BTP, de l'environnement ou encore de l'industrie. De ce fait, le niveau de chômeurs augmente alors que de nombreux secteurs cherchent de la main-d'œuvre. L'enjeu est donc d'arriver à former cette main d'œuvre et, par là même, arriver à mener à bien les grands projets de la Région. En 2020, 40 000 places de formation ont été ouvertes dans ces secteurs et une prime supplémentaire de 1 000 euros a été ajoutée à la rémunération de leurs stagiaires.

La Région a ainsi étendu son offre de formation à destination de tous les demandeurs d'emploi, quel que soit leur âge, ainsi qu'aux bénéficiaires du RSA. Ces formations sont regroupées sur deux sites, orianeformepro ou oriane.info, qui permettent de se mettre en contact avec Pôle emploi, une mission locale ou encore une école de deuxième chance. Par ailleurs, l'Aide individuelle régionale vers l'emploi (AIRE) mise en place par la Région permet aux demandeurs d'emploi de se faire financer une formation de leur choix, en dehors de celles financées par la région. Pour cela, il leur suffit d'être en possession d'une promesse d'embauche ou de choisir une formation dans un secteur en tension. La Région prévoit aussi de développer des formations rémunérées spécifiques à la création d'entreprises car, comme l'a souligné Valérie Pécresse, certains chefs d'entreprise risquent de passer la main à la suite de la crise sanitaire.

Deux mesures supplémentaires seront mises en place urgemment, en réponse à deux priorités de la Région. Tout d'abord le permis de conduire, jugé trop difficile par la présidente de la région et vu comme un frein aux jeunes en insertion professionnelle, fera l'objet d'une expérimentation dans le Val d'Oise. Une aide de 1 300 euros, « qui correspond au prix moyen d'un permis de conduire », sera versée aux jeunes en insertion professionnelle, inscrits dans une mission locale, en école de la deuxième chance, dans un espace d'insertion ou dans une formation professionnelle financée par la région ainsi qu'aux demandeurs d'emploi de moins de 26 ans vivant en zone rurale ou en quartier prioritaire de la politique de la ville (QPV). Ensuite, 10 000 formations en e-learning, concentrées principalement sur le numérique et visant les métiers des secteurs en tension vont être ouvertes, avec des inscriptions possibles dès le 1er décembre prochain.

Faciliter l'insertion professionnelle des jeunes

Afin d'aider les jeunes dans leur entrée dans la vie active, la Région a déployé le dispositif “Emplois Francs+”. Grâce aux emplois francs, la Région peut verser une aide financière à chaque employeur privé recrutant un demandeur d'emploi ou un jeune suivi par une mission locale et résidant dans l'une des 272 QPV d'Ile-de-France. Avec ce nouveau dispositif, l'aide financière a été augmentée pour tous les contrats signés entre le 15 octobre 2020 et le 31 janvier 2021 soit 17 000 euros sur trois ans pour un recrutement en CDI, dont 7 000 euros la première année et

8 000 euros sur deux ans pour un recrutement en CDD d'au moins six mois, dont 5 500 euros la première année.

La région IDF compte également accélérer le déploiement du Plan régional d'insertion pour la jeunesse (PRIJ), qui vise à offrir un accompagnement renforcé et personnalisé des jeunes en difficulté d'insertion, âgés de 16 à 25 ans et issus de l'un des 77 QPV franciliens grâce à la mobilisation d'une centaine de référents de parcours et de l'ensemble des acteurs de terrain : l'État, les collectivités territoriales, Pôle emploi, les missions locales et la CAF. L'objectif de ce dispositif est de repérer les jeunes en difficulté et de leur proposer un parcours individualisé, qui aboutira sur une solution d'insertion personnalisée. Un contact régulier sera maintenu par les référents avec les jeunes, et ce malgré la période actuelle de crise sanitaire. Au 30 septembre dernier, 3 500 jeunes, venant de 95 QPV franciliens et accompagnés quotidiennement par 164 référents, étaient concernés par le PRIJ, dont 1 800 sont sortis en emplois ou d'une formation qualifiante.

Parallèlement, toujours dans le but d'encourager l'embauche des jeunes franciliens, la Région a déployé une aide de 4 000 euros à destination des employeurs pour toute embauche à temps complet d'un jeune de moins de 26 ans, entre le 1er août 2020 et le 31 janvier 2021.

Convaincue que l'apprentissage est une formation d'avenir pour les jeunes, l'Ile-de-France a prévu d'organiser avec les services de l'Etat, et à partir des 9 000 places disponibles dans les centres de formation d'apprentis (CFA) franciliens, des sessions d'apprentissage coaching, avec l'objectif de près de 100 d'ici la fin de l'année. Ces mises en relation se feront en distanciel ou en présentiel, dans le respect des règles sanitaires. L'apprentissage sera également valorisé auprès des employeurs qui percevront des aides exceptionnelles pour le recrutement d'apprentis :
ils recevront, pour la première année de chaque contrat conclu entre le 1er juillet 2020 et le 28 février 2021, 5 000 euros pour un apprenti de moins de 18 ans et 8 000 euros pour un apprenti majeur. Ces mêmes montants seront versés aux employeurs de salariés en contrat de professionnalisation, pour chaque contrat conclu entre ces mêmes dates.

Enfin, soucieuse d'opérer une relance inclusive, la Région prévoit une aide jusqu'à 4 000 euros à la mobilisation des employeurs pour l'embauche d'un travailleur handicapé du 1er septembre 2020 au 28 février 2021.

Toutes les informations relatives à ces dispositifs sont disponibles sur le site : travail-emploi.gouv.fr

Diffuser davantage les dispositifs de la Région

Pour que les jeunes puissent s'orienter vers les meilleurs dispositifs correspondant à leurs besoins, la Région doit également mieux les faire connaître. à ce titre, de nombreux webinaires ont été organisés par la Direccte, afin de promouvoir ces différents outils. Pôle emploi a également ouvert un numéro vert, le 39 95, qui oriente les jeunes vers l'interlocuteur le plus à même de les renseigner sur ces dispositifs ainsi que les employeurs qui souhaitent s'informer sur les mesures du plan “1jeune1solution”. Il est également possible de joindre l'une des 70 missions locales, qui ont accueilli 70 000 jeunes en 2019, ainsi que l'un des points d'accueil déployés sur l'ensemble du territoire, qui sont plus de 150.

La Région a, en outre, publié un guide à destination des employeurs, avec l'ensemble des mesures dont ils peuvent bénéficier pour l'embauche d'un jeune, disponible à l'adresse www.prefectures-regions.gouv.fr/ile-de-france/content/download/74088/479782/file/Guide_1jeune_1solution_interactif.pdf, et ouvert un compte #1jeunefrancilien1solution sur les différents réseaux sociaux : Linkedin (@1-jeune-1-solution-en-IDF), Facebook (@1jeune1solutionIDF) et Instagram (@1jeune1solutionIDF).

Enfin, a été mis en place un guichet numérique avec le chatbot NOA permettant de répondre 24h/24 et 7j/7 aux questions que pourraient se poser les entreprises sur les mesures du plan 1jeune1solution : www.prefectures-regions.gouv.fr/ile-de-france/Region-et-institutions/L-action-de-l-Etat/Economie-et-finances-publiques/Innovation-Recherche/Le-chatbot-NOA-une-nouvelle-offre-de-service-pour-les-start-up.

Comme l'ont rappelé les participants lors de cette conférence de presse, la mobilisation de la Région pour que perdurent les recrutements malgré la crise ne faiblit pas et tous les acteurs partagent l'enjeu de la nécessité d'augmenter les prescriptions vers les actions financées par la Région. Exemple concret, Pôle emploi envoie près de
10 000 SMS par jour aux personnes qui pourraient être concernées. n

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