AccueilSociétéDroits des femmes : Yaël Braun-Pivet met en lumière des « combattantes »

Droits des femmes : Yaël Braun-Pivet met en lumière des « combattantes »

À l’occasion de la journée du 8 mars, Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale et députée des Yvelines, a réuni des combattantes engagées dans la lutte pour les droits des femmes, venues du monde entier.
Yaël Braun-Pivet a invité des combattantes pour les droits des femmes à témoigner.
© SIDF - Yaël Braun-Pivet a invité des combattantes pour les droits des femmes à témoigner.

Société Publié le , Quentin Clauzon et Boris Stoykov

« Je me sens toute petite par rapport à leur combat, c’est beaucoup d’émotion de pouvoir les accueillir aujourd’hui, de les mettre en lumière », a soufflé Yaël Braun-Pivet. Militante féministe, médecin, juriste, syndicaliste ainsi que représentante d’ONG. À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, la présidente de l’Assemblée nationale a souhaité réunir des femmes engagées, qui se battent pour leurs droits aux quatre coins du monde, autour d’un colloque.

Comme la présidente de l’Assemblée l’a rappelé, dans certains pays, les droits civils et politiques des femmes sont remis en question. Dans d’autres pays, comme la France, ces droits sont une fierté, mais ils ne suffisent pas à régler tous les problèmes, ni à faire disparaître toutes les discriminations dont sont victimes les femmes. Aussi, le 8 mars est, aux yeux de la présidente, un rendez-vous essentiel permettant de procéder à un état des lieux à la fois inquiétant et encourageant.

Porter le flambeau de l’universalité des droits des femmes

Si Yaël Braun-Pivet a relevé, au titre des avancées, des progrès indéniables dans les domaines de l’éducation, de la santé, ou encore de la lutte contre les violences faites aux femmes, elle n’a pas manqué de rappeler qu’une femme sur cinq est mariée avant 18 ans et que quelque 68 millions de fillettes seront exposées au risque de mutilations génitales d’ici 2030. « A chaque heure qui s’écoule, cinq femmes sont tuées dans la sphère familiale à travers le monde. Si le nombre des victimes a reculé de 19 % ces dernières années en Europe, ce qui montre l’efficacité de notre engagement, il tend à augmenter en Amérique du Nord. Quant au droit à l’avortement il régresse », a souligné Yaël Braun-Pivet. En outre, à l’heure actuelle, 40 % des femmes en âge de concevoir vivent dans des pays aux législations restrictives, alors que les avortements non-autorisés ont lieu dans des conditions sanitaires déplorables et sont causes de nombreux décès. « Être la première femme présidente de l’Assemblée nationale, c’est un honneur, mais comportant avant tout et d’abord des devoirs. Défendre les droits des femmes, porter le flambeau de leur universalité, veiller à ce que la France reste toujours en pointe dans ce domaine, telle est ma première responsabilité, c’est aussi celle de l’Assemblée tout entière », a poursuivi l’élue, se réjouissant que celle-ci ait soutenu à l’unanimité l’inscription du droit à l’avortement dans la Constitution.

Ce colloque était également l’occasion d’évoquer la diplomatie parlementaire que la présidente de l’Assemblée développe depuis son élection. Pologne, Ukraine Arménie, Côte-d’Ivoire…Les femmes avec qui elle a échangé dans ce cadre ont exprimé leur reconnaissance mais lui ont aussi et surtout demandé de relayer en France leur combat. C’est dans cet esprit qu’elle a apporté, avec de nombreux députés, son soutien aux détenues iraniennes, dans le cadre d’une vaste campagne de parrainage. C’est aussi en ce sens qu’elle rencontre régulièrement des défenseuses des libertés et de la société civile en lutte contre des gouvernements autoritaires, du Nicaragua à la Biélorussie.

© SIDF - Des diplomates, des responsables d'associations, des lycéens et étudiants étaient présents.

Des témoignages forts

Yaël Braun-Pivet a n’a pas manqué d’évoquer la situation des « milliers de femmes iraniennes qui payent de leur liberté leur soif d’égalité », des femmes ukrainiennes qui vivent la guerre depuis un an, des Indiennes du Rajasthan qui se mobilisent contre les mariages forcés d’enfants, et des femmes afghanes désormais dépourvues de tout droit. « Exclues de la majorité des emplois, elles sont privées de toute scolarité dès l’âge de 12 ans, 3000 d’entre elles se retrouvent sans enseignement, sans espace de socialisation, privées d’accès aux distributions de nourriture et la vente des fillettes est en augmentation pour combler les dettes des familles », a déploré la députée des Yvelines.

Anarkali Honaryar, médecin et première femme à être entrée au Parlement afghan en 2010, a justement été invitée à porter la voix de ces femmes. Réfugiée en Inde depuis le retour des Talibans au pouvoir, elle est engagée dans la défense des minorités non-musulmanes notamment Sikh et Indou. Elle a reçu plusieurs distinctions et a notamment été désignée lauréate de l’initiative Marianne, dédiée au soutien des femmes engagées pour les droits et la liberté pour l’appui apporté aux femmes afghanes victimes de violences domestiques. Elle s’est réfugiée en France depuis la prise du pouvoir par les Talibans en Afghanistan en 2021. Demandant à ce que la voix de ces femmes soit toujours plus diffusée, elle a appelé à ce que l’UE sanctionne plus fermement les décideurs nationaux. « Nous l’avions dit, les Talibans n’ont pas changé, ils sont pires. Ils ont repris les lapidations, les arrestations arbitraires, les Femmes n’ont pas le droit de travailler… La communauté internationale ne doit pas laisser violer ainsi les droits des femmes », a-t-elle lancé dans sa langue natale, estimant que l’éducation était le seul moyen de permettre le progrès et l’émancipation.

La Dr. Nagham Hasan a également livré un témoignage poignant. Cette gynécologue Irakienne, d’origine yézidie, se bat depuis 20 ans pour sa communauté rescapée de Daech et plus généralement pour les droits des femmes et des minorités religieuses. Directrice d’un hôpital dans la région au nord du pays, elle s’est investie depuis 2014 dans le soutien médical, social et matériel aux femmes rescapées des enlèvements et des violences sexuelles perpétrées par l’État islamique en Irak. « On n’oublie jamais la torture et l’humiliation. C’est un choc terrible, on ne s’y fait pas », a-t-elle témoigné. « Nous disons au monde que le génocide continue, plusieurs milliers de femmes sont toujours portées disparues. Nous espérons que la France continuera de jouer un rôle majeur. De mon côté, je continuerai à chercher votre trace, à me battre ».

Diaryatou Bah, militante féministe franco-guinéenne, fondatrice de l’association "Espoirs et combats de femmes", s’est engagée contre l’excision et les mariages forcés après « une enfance volée » et l’horreur des violences conjugales, subies depuis l’âge de 13 ans. Également lauréate de nombreux prix, Diaryatou Bah est conseillère municipale de Romainville. Elle a livré un témoignage particulièrement fort. « J’ai eu la chance d’être dans un pays comme la France, qui m’a tendu la main. Je me suis engagée pour dire aux femmes que l’on peut se reconstruire après de telles violences. Le plus important, c’est d’être debout, présente et de lutter », a-t-elle assuré avec force.

Pour Yaël Braun-Pivet, l’union fait la force

A leurs côtés, ont également témoigné Katayoon Shahabi, productrice de films iranienne arrêtée en 2011 durant six mois, ainsi que Nuray Simsek, professeur turque de philosophie, licenciée après le coup d’état manqué en Turquie et confrontée à la répression du régime, pour ses engagements pour les droits humains et la lutte contre les discriminations. Plus proche de nous, Urszula Grycuk, juriste polonaise, engagée dans la défense du droit à l’avortement et vice-présidente de la Fondation pour les femmes et le planning familial (Pologne) a également appelé à soutenir ses combats. Samantha Munodawafa, juriste au sein de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (Zimbabwe) a, de son côté, témoigné de son engagement dans la lutte contre l’esclavage moderne, soit le trafic illicite de migrants, qui touche beaucoup de jeunes femmes notamment.

« On se sent vraiment toute petite par rapport à ces combats. Chacune, vous avez témoigné du courage dont vous avez fait preuve en vous disant qu’il ne fallait pas vous résigner, en vous disant que vous deviez vous battre pour vous-même et aussi pour toutes les autres femmes. Je sais qu’ensemble nous gagnerons, parce que cette solidarité, nous la faisons vivre, elle est plus forte que tout », a conclu Yaël Braun-Pivet.

© SIDF - La même journée, Yaël Braun-Pivet a rendu hommage à la première vice-présidente de l’Assemblée nationale, Madeleine Braun.

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