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Contre le séparatisme : faire société, faire République

Mercredi dernier, nous célébrions le 115e anniversaire de la loi de 1905, qui proclame la liberté de conscience, garantit le libre exercice des cultes et pose le principe de séparation des Églises et de l'État. Elle est une loi de liberté et de protection, le socle de notre laïcité, que nous devons, sans cesse, réaffirmer avec force.
Contre le séparatisme : faire société, faire République
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C'est également tout l'objet du projet de loi confortant le respect des principes de la République présenté en Conseil des ministres mercredi 9 décembre : garantir le respect de nos valeurs et le libre exercice du culte face aux dérives séparatistes. Il s'agit au premier chef de lutter contre l'islamisme radical et contre tous ceux qui cherchent à imposer un contre-projet au projet républicain. Pour atteindre cet objectif, le chemin est clair. Le Président de la République en a tracé les contours au Mureaux début octobre. Il passe à mon sens par quatre éléments clés : la citoyenneté, la responsabilité collective de faire vivre nos valeurs, l'égalité des chances, les nouveaux outils que contient ce projet de loi.

« Ce chemin passe en effet d'abord par le renforcement de la citoyenneté. »

Nous avons le devoir de redonner, aux jeunes comme aux moins jeunes, la fierté d'être Français. Nous devons montrer à chaque citoyen qu'il compte pour la République. Le Service national universel participera à mon sens à recréer ce sentiment d'appartenance. Nous devons également rapprocher les citoyens de leurs institutions et du vote, donner à chacun le sentiment que sa voix compte :
c'est le sens de l'abaissement à 16 ans de l'âge permettant d'introduire une pétition au Cese que nous avons décidé. C'est le sens aussi des tournées des établissements scolaires que je mène ou des visites de l'Assemblée que j'organise. Les jeunes sont les citoyens de demain : j'estime qu'il est de mon devoir de leur donner les clés de l'action publique et les moyens de faire entendre leur voix. Je crois que nous devons également récréer des temps forts républicains. Ce travail sur la citoyenneté est un travail de longue haleine, que nous avons engagé et auquel chaque responsable politique doit s'atteler.

« Ce chemin passe ensuite par une responsabilité collective »

La responsabilité de faire vivre nos valeurs au quotidien. Cette semaine au Parc des Princes, des joueurs de foot se sont dressés ensemble contre le racisme, de manière solidaire et exemplaire. Ils ont fait vivre les valeurs que nous partageons tous, de la défense desquelles nous sommes tous comptables. Élus, enseignants, parents, associatifs, représentants religieux : chacun a le devoir aujourd'hui de veiller à ce que notre devise, “Liberté, Egalité, Fraternité”, se traduise en actes quotidiens.

« Ce chemin passe également par l'égalité des chances »

Notre République se doit de tenir ses promesses, partout et pour tous. Cela exige la mobilisation de tous les leviers de l'action publique : éducation, formation, insertion professionnelle, solidarité, renforcement des services publics, logement… Depuis trois et demi, nous avons rendu l'instruction obligatoire dès trois ans ; dédoublé les classes de CP et CE1 pour 300 000 élèves ; renforcé l'orientation scolaire et les dispositifs en faveur de l'insertion des jeunes sur le marché du travail ; porté à 10 milliards d'euros les subventions aux projets de rénovation urbaine dans 450 quartiers ; créé 300 maisons France Service pour rapprocher les services publics des Français ; renforcé la justice et la police de proximité... Nous devons poursuivre cette action en veillant à amener nos politiques publiques dans chaque quartier, auprès de chaque citoyen.

« Ce chemin passe enfin par ce projet de loi »

Il nous donnera de nouveaux outils pour lutter contre les dérives séparatistes, contre ceux qui dévoient la religion et nos libertés pour mettre en cause les valeurs de la République. Il nous permettra d'imposer la neutralité des salariés de droit privé participant à une mission de service public et de renforcer la protection des agents publics. Un chapitre est également consacré au droit des associations. Moi-même issue du monde associatif, je sais à quel point ces dernières – 1,5 million en France – doivent être protégées, précisément parce qu'elles nous permettent de faire société. On ne peut accepter que la liberté d'association soit dévoyée, détournée contre la République par une infime minorité. En particulier, les subventions publiques seront conditionnées à la souscription d'un « contrat d'engagement républicain ». La loi comporte également des dispositions destinées à préserver la dignité de la personne humaine et à renforcer la lutte contre la polygamie et les mariages forcées. L'instruction à domicile sera mieux encadrée. Je veillerai à ce que nous puissions concilier au mieux la liberté pour les parents de choisir un mode d'enseignement avec le droit à l'instruction et l'intérêt supérieur de l'enfant. Les contrôles seront accrus pour lutter contre les écoles clandestines. Enfin, le texte viendra renforcer la protection de tous contre ce fléau qu'est la haine en ligne. Nous devons tout à la fois préserver la liberté fondamentale qu'est la liberté d'expression et empêcher que les réseaux sociaux ne soient des lieux de chasse à l'homme ou des déversoirs de haine.

Le temps du Parlement est désormais venu, ce temps essentiel de débat, de délibération et bien sûr de modification du texte. J'aurai pour ma part une unique boussole, celle de concilier le renforcement de nos grands principes avec la préservation de nos grandes libertés.

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