AccueilTerritoireFrançois Durovray : Continuer à « Faire Essonne ! »

François Durovray : Continuer à « Faire Essonne ! »

François Durovray est le président du Conseil départemental de l'Essonne. Candidat à sa réélection, il revient sur les temps forts du mandat qui s'achève, notamment à l'aune de la crise sanitaire, et livre l'essentiel de ses ambitions d'avenir. Pour lui, « l'Essonne est une chance »…
François Durovray : Continuer à « Faire Essonne ! »
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Quelles ont été les grandes étapes de votre mandat ?

François Durovray : Le début de mandat a été extrêmement dense. Il a fallu prendre les mesures de redressement financier avec, à la fois, une dette laissée par la précédente majorité qui explosait (multipliée par cinq en 17 ans, atteignant 1 milliard d'euros), des baisses des dotations de l'État et des augmentations de dépenses sociales. Nous avons dû faire des efforts d'économie très importants pour rétablir une gestion saine au sein du Conseil départemental. Dans le même temps, il y a également eu la négociation du contrat de projet de la Région où, une fois encore, l'Essonne était totalement oubliée. Sans ce contrat, des projets dans les cartons depuis 30 ans risquaient de ne jamais voir le jour. Je me suis donc battu pour obtenir les dizaines de millions d'euros qui manquaient pour réaliser ces projets structurants qui maintenant sont devenues réalité et dont je suis très fier.

Sur le volet transports, nous avons obtenu le bouclage du financement du tram Massy-Evry, dont les travaux sont en cours, il sera opérationnel dans deux ans. D'autres projets d'envergure ont avancé ou sont aujourd'hui achevés : le Tzen, le bus en site propre Viry-Corbeil ; le carrefour du Christ de Saclay, le Ring des Ulis dont les travaux démarrent ces prochains jours... Enfin, ce sont bien évidemment les rénovations successives de la grande part des 1 400 km de routes départementales dont nous avons la charge. Toutes ces opérations, pour lesquelles le Département avait besoin du soutien de l'État et de la Région, n'étaient alors ni bouclées ni financées.

Outre les transports, de 2016 à 2018, nous avons structuré un certain nombre de politiques publiques, élaboré les grands schémas départementaux, dont celui des personnes âgées et des personnes handicapées qui a abouti à la création de 400 places de maisons de retraite publiques. On vient d'ailleurs de nous décerner le titre de “Meilleure maison de retraite de France”, ce qui est, là aussi, une fierté. J'ajoute à cela la mise en place de la gratuité de la téléassistance, avec un succès au-delà de nos espérances.

Concernant les collèges, autre axe majeur de notre mandature, nous avons mis en place un programme de rénovation-extension de plus de vingt établissements et programmé la construction de huit nouveaux pour répondre aux meilleures conditions d'accueil des collégiens dont le nombre augmente dans le département. Enfin, nous avons simplifié l'attribution des aides aux communes pour leurs projets structurants, en doublant l'aide pour la construction de crèches, d'écoles, de gymnases…

Avez-vous des regrets, sur des objectifs de ces premières années de mandat qui n'ont pu être atteints ?

F. D. : Oui, notre candidature à l'Exposition universelle. Nous nous sommes battus pour accueillir cet événement international. Nous devions être l'hôte de la France. Je suis intimement convaincu que nous l'aurions emporté face au Japon, l'Azerbaïdjan et la Russie, mais Édouard Philippe, alors Premier ministre, a sonné le glas de ce projet. Pour moi, et tous ceux qui nous ont accompagné, ce fut une blessure. Si Paris avait été candidate, le Gouvernement n'aurais peut-être pas fait ce choix… Quand vous êtes président d'un département qui n'est pas une métropole, vous devez vous battre dix fois plus pour obtenir gain de cause. La ligne 18, qui a maintes fois été remise en cause et dont les travaux ont aujourd'hui commencé, en est l'exemple le plus criant.

Et les dernières années du mandat ?

F. D. : Dans la dernière partie de mon mandat, j'ai souhaité mettre l'accent sur la croissance verte, l'accès au numérique et la protection de notre patrimoine aussi bien culturel que naturel.

Dans le prolongement de notre action pour une écologie responsable et positive (préservation de la biodiversité, lutte contre l'artificialisation des sols, prime “éco-logis”…), nous avons également lancé un grand programme de transformation de l'agriculture, pour produire une partie de notre alimentation, notamment à destination de nos collèges. Il s'agit de créer une légumerie pour approvisionner les cantines en produits locaux et bio.

Le Département va, par ailleurs, soutenir la production locale d'énergies renouvelables – solaire, hydrogène, géothermie, méthanisation… Sur le volet environnement, nous suivons de près les opportunités d'acquisition foncière, pour éviter l'urbanisation. Nous avons acquis plusieurs massifs forestiers et continuerons notre politique de création d'Espaces naturels sensibles. Nous sommes ainsi sortis des sentiers battus, pour répondre aux révolutions écologique et digitale. Ainsi, nous finalisons, fin 2021, le déploiement de la fibre sur l'ensemble du territoire.

Durant les dernières années, nous avons défriché de nouveaux champs, comme celui de la culture avec la création d'Essonne Mécénat, pour obtenir des soutiens financiers, avec Stéphane Bern et Catherine Deneuve, pour la restauration de notre patrimoine à Chamarande, Méréville... Nous avons obtenu les Réserves Pompidou, à Massy, dont la construction va commencer dans un an, pour une ouverture à l'horizon 2025-2026.

Nous vivons un moment de tension et de fragilité
de notre pays qui exige une présence et une intervention
du Département plus soutenue que par le passé,
avec une complexité croissante.

Les Départements ont aujourd'hui des compétences multiples qui ne sont généralement pas simples…

F. D. : Nous avons aujourd'hui des compétences variées comme la santé, le social, la ruralité, l'éducation, les mobilités... Nous vivons un moment de tension et de fragilité de notre pays qui exige une présence et une intervention du département plus soutenue que par le passé, avec une complexité croissante. Chaque dossier demande beaucoup de temps et d'engagement pour réunir les partenaires, les convaincre les partenaires, obtenir les financements...

J'ai réuni régulièrement tous les maires, les présidents d'intercommunalités, les parlementaires, quelle que soit leur étiquette politique. Je leur ai présenté les dossiers et les enjeux pour leurs territoires et, plus largement, pour l'Essonne… J'ai aussi eu la chance de travailler avec Valérie Pécresse à la Région. Je la connaissais déjà bien, puisque nous avons siégé ensemble dans l'opposition au Conseil régional, sous la mandature de Jean-Paul Huchon. Elle a une vraie vision pour la Grande Couronne. En tant qu'ancienne ministre de la Recherche, elle est évidemment très intéressée par Paris-Saclay – aujourd'hui classée 14e université mondiale.

Les compétences sont partagées ; elles nécessitent donc une aventure collective, ce à quoi je me suis employé chaque jour depuis 2015.

Le développement de Saclay, justement, est l'une des grandes réussites franciliennes…

F. D. : Je me réjouis que le Département ait joué un rôle très important dans le démarrage du projet, avec la réalisation de nombreux chantiers routiers indispensables au développement de ce pôle de recherche et d'innovation. Nous avons également joué un rôle décisif dans l'implantation du Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement, avec ses 400 chercheurs. Nous avons eu un rôle déterminant dans la construction de l'IPHE de Palaiseau, l'incubateur d'entreprises qui va ouvrir à la fin de cette année. Ce sont plusieurs dizaines de millions d'euros que le Département a injecté dans l'excellence française et qui, au-delà de l'Essonne, permettra de rayonner à l'international. Nous en sommes fiers.

Dans les prochains jours, nous allons signer une convention avec l'Université Paris-Saclay, qui va accueillir, à partir de l'an prochain, les collégiens de l'Essonne pour une journée d'immersion, afin de leur montrer que les grandes écoles leur sont aussi accessibles. Ils pourront ainsi suivre des études scientifiques dans leur département. L'enjeu, c'est de montrer que Saclay n'est pas une bulle fermée et réservée à une élite, mais une chance pour tous les Essonniens, notamment pour les filles, moins nombreuses à s'engager dans des études scientifiques.

Durant votre mandat, vous avez aussi été confronté à différentes crises…

F. D. : En effet, nous n'avons pas été épargnés par les crises qui ont parfois durement touché le département. Depuis un an, la pandémie nous a conduits à prendre des décisions que nous n'aurions jamais imaginé devoir prendre. Mais cette crise sanitaire a aussi révélé la capacité du Département à agir vite et de façon pertinente pour répondre aux besoins urgents des habitants, en particulier des plus fragiles.

Nous avons la puissance d'une grande collectivité, tout en conservant de la souplesse. Lors du premier confinement, les associations caritatives ont vu un afflux de personnes qui avaient besoin d'aide. Elles ont rapidement manqué de bénévoles. En trois semaines, nous avons changé le dispositif du Tremplin citoyen pour inciter les jeunes à rejoindre ces associations, en contrepartie d'un soutien financier du Département, pour mener des actions caritatives. Nous avons, par ailleurs, augmenté les subventions pour ces mêmes associations afin de leur permettre de faire face à la demande.

Pourquoi vouloir aujourd'hui vous lancer dans un nouveau mandat ?

F. D. : Parce que j'ai l'impression d'avoir encore beaucoup à donner. Nous travaillons sur des temps longs. Une grande part de ce qui se passe en Essonne peut avoir une incidence sur la région, et sur le pays. Je veux d'abord convaincre les Essonniens de la chance qu'ils ont de vivre sur un territoire d'exception, de bénéficier d'un cadre de vie exceptionnel, entre la ville et la campagne, cadre qu'il faut à tout prix préserver.

Bien sûr, nous affrontons quelques difficultés qu'il faut corriger, les mobilités et les problèmes liés à ces villes qui manquent d'identité. J'ai commencé à construire une identité essonnienne qui n'est pas encore totalement affirmée. Mais je crois pouvoir dire que les Essonniens qui s'intéressent au territoire, les présidents d'associations, les chefs d'entreprise et les fonctionnaires qui font l'Essonne, ont un rôle particulier à jouer. J'espère avoir transmis cette fierté d'appartenir à ce territoire que j'ai appelé “Terre d'avenirs”, une terre à la fois ancrée dans un patrimoine naturel, et historique, et tournée vers l'innovation écologique, culturelle, digitale.

Un mandat ne suffit pas pour mener à bien des réformes structurelles ?

« Nous avons besoin de durée, de continuité. C'est évident sur les mobilités que nous suivons avec la Région. Nous avons pris les décisions pour les RER avec Valérie Pécresse au printemps 2007, trois mois après élection. Les premières rames vont arriver l'an prochain. Même chose avec le projet de collège du XXIe siècle que nous sommes en train de bâtir – qui ne commencera à devenir réalité qu'en 2023. Les usages du numérique et la santé seront sans doute un fil rouge des prochaines années, pour avoir des médecins et des spécialistes en plus grand nombre, pour conforter les enjeux du nouvel hôpital de Saclay, de l'hôpital de Corbeil…

Quand vous accédez à la présidence d'un département, vous vous retrouvez à la tête d'une énorme boutique passionnante, qui exige quotidiennement énormément de travail et d'investissement pour prendre en main les dossiers, déterminer les enjeux, connaître les territoires et leurs problématiques, discuter avec tous les acteurs…

J'espère que les électeurs nous donnerons le temps de conforter ce qui a déjà été lancé, de concrétiser les dossiers au long cours, et d'aller sur de nouveaux champs : le digital, la production locale et la santé qui seront trois sujets forts du prochain mandat. »

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