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Colloque sur la protection de l'enfance : Les Yvelines et les Hauts-de-Seine veulent se réinventer

Malgré les 370 millions d'euros consacrés par les deux départements à la protection de l'enfance, la politique est jugée inefficace.
Colloque sur la protection de l'enfance : Les Yvelines et les Hauts-de-Seine veulent se réinventer
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L'aide sociale à l'enfance est une politique publique légitime, dispendieuse et largement inefficace ! ». C'est le constat dressé par Pierre Bédier, président des Yvelines, lors du Colloque organisé dernièrement sur la protection de l'enfance au Campus des Mureaux. « Comme nos Départements n'ont pas pour habitude de glisser la poussière sous le tapis, nous entendons bien exercer pleinement nos responsabilités », ajoute Marie-Laure Godin, vice-présidente des Hauts-de-Seine.

Les deux départements voisins flèchent pourtant plus du tiers des dépenses sociales vers la protection de l'enfance (165 millions d'euros dans les Yvelines, 205 millions d'euros dans le 92). Les failles du système ne viennent donc pas d'un manque de ressources, pour les deux collectivités. « Sans prévention nous le savons, les risques d'escalade d'enfants vulnérables vers la spirale de l'échec, de l'exclusion ou de la délinquance, peuvent très tôt s'enclencher. C'est pour cela que nous avons lancé en 2019, la généralisation des bilans de santé dans toutes les écoles maternelles des Yvelines et des Hauts-de-Seine, pour détecter, le plus en amont possible et de manière systématique, d'éventuelles fragilités sociales ou de santé », complète la vice-présidente. Les moyens humains ne sont pas non plus en défaut, avec 500 professionnels dédiés, qui cherchent à recruter sans trop de succès, et 560 accueillants familiaux.

« L'Aide sociale à l'enfance est une politique mal évaluée car personne n'a vraiment envie de se pencher sur son évaluation », abonde Pierre Bédier. Si, à l'origine, il s'agissait de mettre à l'abri, de nourrir, de soigner et d'éduquer les orphelins de guerre, le public est aujourd'hui composé de jeunes issus de familles dites dysfonctionnelles. Outre la prise en charge matérielle, il faut aujourd'hui accompagner les jeunes vers l'autonomie, lors de leur formation puis de leur insertion sociale et professionnelle.

C'est pourquoi les deux départements ont donc décidé de recentrer leurs interventions autour des besoins fondamentaux des enfants placés en fédérant tous les acteurs du social et du sanitaire, avec la création d'un institut interdépartemental du psycho-traumatisme de l'enfant, le financement de places en faveur de l'internat en 2021, à hauteur 600 000 euros pour les Yvelines, la création d'une cellule d'inspection en charge de veiller à la sécurité des enfants et des établissements habilités, mais aussi l'élaboration d'un plan personnalisé pour chaque jeune de 16 à 21 ans.

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