AccueilTerritoireArnaud Péricard : « Nous avons de très bonnes raisons de regarder positivement devant nous en 2023 »

Arnaud Péricard : « Nous avons de très bonnes raisons de regarder positivement devant nous en 2023 »

Arnaud Péricard, maire de Saint-Germain-en-Laye, a fait le bilan de l’année écoulée et est revenu sur ses événements marquants, notamment la gestion de l’épidémie de Covid, la hausse de l’inflation et l’invasion en Ukraine.
Arnaud Péricard, maire de Saint-Germain-en-Laye.
© DR - Arnaud Péricard, maire de Saint-Germain-en-Laye.

Territoire Publié le , Propos recueillis par Boris Stoykov

Affiches Parisiennes : L’année 2022 vient de se finir. Qu'est ce qui a été le plus marquant pendant cette année, pour vous et votre ville ?

Arnaud Pericard : L’année passée a été marquée par énormément de défis qu’il a fallu relever, notamment le défi de la résilience en sortie de pandémie. On pensait, début 2022, redécouvrir la vie d'avant et on s'est vite rendu compte que les choses étaient un peu différentes de ce qu'on avait anticipé. Il y a eu l’invasion en Ukraine le 24 février dernier, qui, après avoir terrorisé l’Europe et tout le monde occidental, a laissé place à la solidarité européenne. Cela a été évidemment une période très compliquée. De la résilience également après l'été, quand on s’est rendu à l'évidence qu'un certain nombre de choses de la vie courante allait être impacté, comme la consommation énergétique et le retour de l'inflation. Donc il a fallu faire face à des défis auxquels nous n'étions pas ou peu préparés. En parallèle de tout cela, il a fallu maintenir le navire à flot, le fonctionnement de nos services publics de manière générale, et nos projets pour investir pour l'avenir. Donc c’était une année marquée par des sentiments contrastés, une année hautement intense sur bon nombre de sujets.

A.-P. : S’agissant de la guerre en Ukraine, vous avez été récemment à Kiev avec une délégation de votre parti Horizons. Qu'est-ce qui vous a amené à vous rendre là-bas ?

A.-P. : Je soutiens le mouvement pour la liberté ukrainienne depuis le 24 février, même avant, depuis 2014. C'est un pays que je connais bien puisque je m’y étais déjà rendu à titre professionnel et j’y ai un certain nombre de contacts. En février dernier, j’ai été l'un des premiers à faciliter l'arrivée d'une délégation de parlementaires ukrainiens en France et début mars, j’ai fait le lien pour l’organisation d'entrevues avec les Pouvoirs publics français, puisque les Parlementaires se faisaient les porte-paroles de leur gouvernement et de leur chef d'Etat. Ils étaient venus demander de l'aide, militaire et humanitaire. Depuis l’invasion, j'ai pu me rendre en Ukraine fin septembre, et à la suite de ce premier voyage, j'ai indiqué qu'il fallait absolument y aller pour que la voix de la France se fasse entendre par le biais des collectivités locales. Cela me semblait être un moyen important parce que je m'étais rendu compte que l'organisation administrative ukrainienne était proche de l'organisation française, avec un État très centralisé et des collectivités territoriales. Il fallait qu’on crée une coopération bilatérale décentralisée et Horizons étant une formation politique qui s'adosse sur énormément d'élus locaux et de collectivités, elle me semblait être un échelon tout à fait adapté à la mise en œuvre de cette coopération. J'ai incité Edouard Philippe à y aller à la fin du mois de décembre dernier, avec plusieurs livraisons de générateurs et de véhicules, pour montrer l’existence de cette coopération et prouver que la France est également présente sur le terrain ukrainien à travers ses collectivités et ses partenariats.

A.-P. : A qui est destinée à cette aide que vous envoyez en Ukraine ?

A.-P. : Par exemple, le générateur que la ville de Saint-Germain-en-Laye a acquis étant assez puissant, il ira dans la région de Dnipro pour alimenter tout un hôpital. Tous les autres ont été livrés. Il y a des petits formats pour alimenter par exemple ce qu'on appelle les points d'invincibilité. Ils prennent la forme d’une grande tente alimentée par un générateur, soit 3 ou 4 litres d'essence par heure, et qui permettent de proposer un point relais avec des chariots électriques, des relais Wi-Fi, des points chauds, des micro-ondes ou des points de repos, qui font l'objet de délestages ou de coupures d’électricité. Les plus gros générateurs peuvent alimenter un bâtiment administratif, une école ou des équipements publics. Et le besoin est énorme, notamment à Kiev où vous avez environ 20 à 25 % de puissance électrique en moins. C'est 6 heures d'électricité en moins sur une journée, c'est autant de chauffage, de puissance électrique, de capacité pour faire la cuisine, s'éclairer ou vivre en moins, surtout dans un pays où il fait nuit à 15h30-16 heures en ce moment.

© DR

A.-P. : Combien de jours avez-vous passé là-bas ?

A.-P. : On est d'abord passé en Pologne, on a été reçu à l'Ambassade de France en Pologne et par le maire de Varsovie, qui est une personnalité très europhile, très francophile, qui parle couramment français. La Pologne paie un très lourd tribut à l’accueil des réfugiés, soit plusieurs millions de réfugiés ukrainiens. On voulait saluer par notre présence le soutien des Polonais et voir leurs structures d'accueil. Ils sont très bien organisés. Ensuite, nous sommes restés environ trois jours à Kiev et une partie de la délégation avec Edouard Philippe est partie à Odessa, tandis que l'autre partie, que je menais, avait des réunions avec les autorités ukrainiennes à Kiev.

En septembre dernier, quand j'y étais, il n’y avait pas de problématiques d'électricité, c’était le début de la contre-attaque, donc il y avait un effet d'euphorie et Kharkiv était en train d'être reprise. Mais là, j'ai senti un climat beaucoup plus dur, les gens respectent bien plus les alertes aériennes. Il y en a quasiment tous les jours, et même sans nécessiter de mise aux abris, elles appellent à la vigilance. On a eu des coupures électriques même si on était privilégiés parce que nous étions dans un hôtel. C'est bien évidemment beaucoup plus difficile pour les populations locales qui, elles, vivent tous les jours avec les coupures électriques et les risques de bombardement.

A.-P. : Lors des réunions avec les politiques et hauts fonctionnaires ukrainiens, que demandent-ils ? Voient-ils une issue à cette guerre ?

A.-P. : Les décideurs publics ukrainiens ne voient que la victoire de leur pays, et pas autre chose. Pour autant, ils sont lucides, ils se rendent compte que la fin de l’hiver sera compliquée, que cela va aboutir à un renforcement militaire de part et d'autre. Est-ce que les positions seront figées, est-ce que la situation va évoluer ? En tout cas, j'ai trouvé que le discours politique des décideurs était toujours très fort et très positif, avec une vraie force de résilience, une réelle capacité à tenir sur les infrastructures civiles et électriques. C’est la clé pour qu'il n'y ait pas de blackout.

A.-P. : La guerre a engendré certaines difficultés en Europe, comme la hausse de l’inflation et la crise énergétique. En tant que commune, avez-vous des problèmes ou bien tout est maîtrisé ?

A.-P. : Les dépenses d’énergie représentent 3,5 à 4 % du budget de fonctionnement d'une collectivité, donc 10 % des dépenses de personnel (qui représentent 50% du budget de fonctionnement) . Donc ça reste encore maîtrisé, pour autant qu'on adopte des approches vertueuses. Mais cela incite bien évidemment à revoir tous les investissements que l'on fait sur les bâtiments, sur les usines, les isolations thermiques, sur l'éclairage public. Ce sont des transformations que nous nous avions déjà engagées il y a quelques années, par exemple le chauffage des logements collectifs, à 70 % composé d'énergies renouvelables, entre la biomasse et de la géothermie. A l'avenir, beaucoup de villes vont aussi s'engager sur des réseaux de chauffage urbain composés d'une part plus importante d’énergies renouvelables, comme la géothermie. Après, évidemment, on fait plus attention sur les éclairages publics, sur le décoratif ou le chauffage. On suit des approches vertueuses et on renforce notre stratégie avec des réflexions qu’on avait pour certaines déjà initiées.

© DR - Arnaud Péricard à Kiev, en compagnie d’Édouard Philippe, le maire du Havre.

A.-P. : Au niveau sanitaire, est-ce que vous appréhendez un retour de la Covid, de la grippe ?

A.-P. : Je suis devenu le président de l'hôpital de Poissy - Saint-Germain et je suis également président de la Fédération hospitalière de France (FHF) pour les Yvelines donc c'est un sujet qui me concerne tout particulièrement. On sait très bien que la période entre Noël et le jour de l’An est souvent très critique pour l'offre de soins qui est très dégradée en raison des congés, y compris à l'hôpital.

Chaque recrudescence ou chaque petite vague de Covid repartent plus fortement qu'avant, même si elles ne sont pas très inquiétantes. On est dans une épidémie de grippe et de bronchiolite qui est sérieuse, qui a de l’avance par rapport à ce que l'on avait anticipé, mais ce sont des choses que l’on doit affronter. Il n'y a pas de létalité plus importante qu'auparavant, que ce soit sur la Covid ou la grippe, mais tout ça intervient dans une offre de soins déjà très dégradée.

A.-P. : On connaît votre préoccupation pour les personnes âgées. Etes-vous rassurant vis-à-vis d'eux ?

A.-P. : On incite toutes celles et ceux qui sont en fragilité à se protéger en portant le masque, en tout cas en incitant les gens qui vont les visiter à adopter un certain nombre de gestes barrières. Il faut les voir, c'est important, surtout en cette période de fêtes. Il faut qu'il y ait de la compagnie, de la curiosité, de la solidarité. Ça s'exprime en se voyant et justement, pour que l'on puisse continuer à se voir, il faut respecter ces règles, qui ont été allégées, mais qui font la différence et restent importantes.

A.-P. : Pour vos vœux aux Saint-Germanois, restez-vous optimiste pour l'année qui vient ?

A.-P. : Je suis toujours optimiste. J'ai une chance extraordinaire que de pouvoir conduire cette ville et je le dois aux Saint-Germainois. Je veux avoir des vœux d'optimisme malgré les adversités et les difficultés. On se doit de préparer l'avenir pour nos enfants et nos petits-enfants et de rester optimiste. Surtout que Saint-Germain a énormément d'atouts pour faire face à l'avenir. Je suis sûr qu’en France, dans les Yvelines, comme à Saint-Germain, nous avons de très bonnes raisons de regarder positivement devant nous en 2023.

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