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Arnaud Péricard, leader des Yvelines

Avocat au barreau de Paris et de New York, Arnaud Péricard est maire de Saint-Germain-en-Laye, une ville qui est en train de prendre beaucoup d'avance et devient l’un des territoires les plus en vue des Yvelines.
Arnaud Péricard, leader des Yvelines

Territoire Publié le , Boris Stoykov

Malgré les difficultés de cette année particulière en raison de la Covid-19, comment abordez-vous les fêtes de Noël dans votre ville de Saint-Germain-en-Laye ?

Arnaud Péricard : Je les aborde sereinement. Maintenant, malheureusement, on s'habitue à la crise sanitaire mais surtout à la gérer sur notre territoire. La deuxième partie de cette année 2021 a été notamment concentrée sur l'organisation sanitaire et on redémarre cette année 2022 avec la vaccination des enfants comme priorité. A côté de cela, on réorganise un certain nombre d'événements car, en ce moment, tout le monde est en train d'annuler ses cérémonies de vœux. On a donc une gestion au jour le jour et il faut être pragmatique et réactif, mais toutes les équipes savent le faire maintenant, y compris la population. Ça fait partie du travail quotidien aujourd'hui d'un maire, dont la mission a quand même beaucoup évolué. Il y a deux ans, ce n'était pas le cas.

La priorité, c'est le soutien au commerce local et à l'économie locale, ce que l'on a fait tout au long de cette année, notamment avec l'inauguration de nouvelles rues piétonnes, l'ouverture de nouvelles pistes cyclables, la réouverture de nos galeries marchandes en plein centre-ville. On a également mis en avant l'esthétique, le patrimoine de la ville, en rénovant, en ravalant, en faisant en sorte que l'espace public dans toute la ville soit de meilleure qualité. C'est vraiment la priorité du moment et cela va de pair avec la fin des travaux sur le ravalement du château de Saint-Germain, dans sept ou huit mois.

Nous avons commencé et nous engageons les grands projets de demain, notamment sur le quartier de l'hôpital où les démolitions ont eu lieu. Donc, non seulement on agit au quotidien pour le sanitaire, pour la santé, pour la qualité et la propreté de l'espace public mais on construit aussi l'avenir, avec le projet de l'hôpital comme celui du nouveau Campus qui doit accueillir cinq à six mille étudiants d'ici cinq à six ans donc doubler la population d'étudiants sur Saint-Germain-en-Laye. Ce sont des grands travaux, des grands projets qui nous permettent d'engager Saint-Germain pour après-demain et de préparer la ville de demain.

Sur le plan sanitaire, vous avez rouvert votre centre de vaccination, y a-t-il du monde ?

A. P. : On a beaucoup de monde mais on a surtout été un peu surpris par le fait que la veille de l'ouverture, le Premier ministre a annoncé que les personnes de plus de 65 ans pouvaient venir sans rendez-vous, soit 15 à 20 % de flux à gérer en plus tous les jours. Il a fallu trouver les moyens et les ressources humaines pour le gérer, ce que l'on a fait. Pour le moment, ça se passe très bien mais l'un des enseignements que l'on peut faire, c'est que la médecine de ville, y compris les 17 pharmacies de la ville, ont du mal à gérer seuls les flux de vaccination et les rappels. Avec toutes les maladies et les virus du moment, les pharmacies sont débordées donc, il faut les soutenir. On est dans une logique un peu différente de celle que l'on a mise en place il y a un an, une logique de flux très importante où il fallait des grands vaccinodromes. Aujourd'hui, il faudrait plutôt de petits centres de vaccination, notamment parce que pour la troisième vaccination, il n'y a pas de visite médicale, ce qui permet une organisation plus rapide, sauf pour les enfants. En termes d'organisation, c'est de la logistique, il y a des flux avec des visites médicales qui nécessitent un peu plus de temps, des espaces d'attente parents-enfant qui doivent être mieux organisés et d’autres pour les rappels, les deuxièmes ou les troisièmes doses.

Comment se portent les commerçants cette année ?

A. P. : Entre les dispositifs d'aides de l'Etat, de la Région, du Département et tout ce que l'on a mis en place en termes de communication, d'animation et de soutien à l'action économique, beaucoup de petits commerçants et artisans ont souffert l'année dernière, mais ils ont pu traverser cette année 2021 le mieux possible. Ce Noël est un enjeu important. Pour le moment, il y a eu beaucoup de monde, comme le week-end dernier, donc notre rôle est de faire en sorte que beaucoup de monde viennent ici dépenser de l'argent dans nos commerces. On fera les comptes fin janvier, notamment après les soldes, pour voir comment les choses se passent. Il y a aussi un effet de lassitude et des tensions sur le marché du travail. Pour autant, un nouveau restaurant-épicerie-magasin vient de s'installer à Saint-Germain, l’Idéal des gourmands, et qui a embauché 60 personnes. Il y a donc des opportunités qui se créent et à nous de les accompagner.

En cette période de fêtes de Noël, la ville a-t-elle prévu des animations ?

A. P. : Il y a quelques semaines, on a fait une Winter Party place du Marché avec le lancement des illuminations de Noël, avant que les restrictions ne soient mises en place. C’était un événement très réussi. On voulait un moment un peu festif pour lancer les fêtes de Noël et pour accompagner dans cette politique d'animation, notamment avec le marché de Noël qui marche très bien et avec plus d'illuminations dans la ville. On essaye de diversifier nos animations car il est important que Noël reste un moment magique et féérique.

Attendez-vous avec impatience l'ouverture du tram 13 ?

A. P. : Oui, c'est un élément important. Pour autant, le tram 13 doit être poursuivi sur Achères et sur Conflans, voire même jusqu'à Pontoise. Ce seront les phases 2 et 3. Il y a encore des petites problématiques de financement entre la région, le département et l'Etat. Donc il y a des discussions en ce moment. L’ouverture qui permettra de relier le RER à Saint-Cyr-l'École et à Saint-Germain est une très bonne chose et le tram va, je l'espère, permettre à des populations qui sont peut-être un peu éloignées de nous, comme une partie de Versailles, Saint-Cyr ou Noisy, de venir à Saint-Germain plus facilement. Pour nous, c'est un élément d'attractivité du territoire. A ce titre, le tram va notamment permettre de relier le parc du château de Saint-Germain au parc du château de Versailles. C'est aussi un élément important de mise en valeur culturelle et patrimoniale de notre site. Donc, on l'attend avec impatience et enthousiasme. Avec le tram, Saint-Germain va prendre beaucoup d'avance sur son territoire et devenir l’un des territoires leaders des Yvelines.

Vous sentez-vous en concurrence avec d'autres villes alentours, comme Versailles ou Poissy ?

A. P. : Avec Poissy non, c’est une ville très différente. Versailles, c’est la préfecture et il y a une longue histoire culturelle et historique, proche de nous, entre les Versaillais et les Saint-Germainois mais chaque ville a ses particularités et veut défendre les qualités de son territoire. Je sens quand même qu'il y a beaucoup plus de défis sur les cœurs de ville, beaucoup de maires ont redécouvert ce que nous avons mis en place depuis plusieurs décennies, la valorisation du patrimoine et du commerce en centre-ville. Si la grande distribution est utile et complémentaire, elle a causé énormément de ravages aux cœurs des villes. Saint-Germain a pris le parti de tout concentrer dans le centre-ville, même si cela crée notamment des problématiques de stationnement et de circulation qui sont historiques, mais c'est plus agréable de lever les yeux et de regarder du patrimoine classé Monuments historiques que d'être dans un grand centre commercial. On n'est pas en concurrence avec qui que ce soit, on a notre modèle qui est copié et c'est très bien, on est ravi de ce que l'on fait. Tout ce qui peut contribuer à ce que la périphérie de Saint Germain soit de meilleure qualité est bon pour notre ville.

Récemment, vous vous êtes engagé auprès d'Édouard Philippe dans son nouveau parti, Horizons. Quel est le sens de cet engagement ?

A. P. : Édouard Philippe, fait partie d’une lignée politique dont je me revendique, comme je l'avais fait en étant l'un des responsables de la France Audacieuse, aujourd’hui intégrée dans Horizons, avec Christian Estrosi qui porte la voix d'élus locaux, de maires, une voix territoriale. Horizons a peut-être une voix plus politique et qui va peser sur le débat national. Édouard Philippe en est en quelque sorte la synthèse de la lignée du Général de Gaulle, de Jacques Chirac, de Nicolas Sarkozy, par son expérience, son affinité, sa proximité avec Alain Juppé. C'est quelqu'un d’intelligent, de cultivé, de fort sur ses convictions, qui a une expérience d'élu local importante en étant maire, donc c'est quelqu'un qui a le sens de la proximité et qui sait la gérer sur le terrain. Je me suis engagé à ses côtés et je suis ravi de l'accompagner dans ce mouvement dans lequel je veux prendre des responsabilités. Je souhaite aider à le structurer, à le mettre en place et à organiser ce mouvement qui va compter dans les années à venir.

Vous soutenez le Président de la République et son action mais également Valérie Pécresse dans la sienne au niveau régional. Est-ce un problème ?

A. P. : Il ne faut jamais se tromper d'élection. Les élections ne sont pas une démarche empirique qui a vocation à se répéter d'une à l'autre parce que les enjeux et les problématiques sont différents. Le piège serait de croire qu'une élection municipale vaut toutes les autres.

Sur une élection municipale, vous faites de la proximité, du terrain. Vos politiques et vos projets sont bons ou mauvais, pas de droite ou de gauche. 90 % de nos délibérations sont adoptées à l'unanimité et la tendance est la même partout. Vous avez vocation à rassembler sur une liste municipale des hommes et des femmes dont la majeure partie ne sont pas membres d'un parti. Cela ne les empêche pas d'avoir des convictions politiques mais ils ne sont pas forcément membres de formations politiques. Pour une élection européenne, vous allez voter pour celui qui porte le plus l'idéal européen, ou qui s’en détache. Pour une élection sénatoriale, vous allez voter pour des sénateurs qui incarnent le mieux votre territoire et qui sont les plus à même de porter au Parlement la voix des élus de votre département. Et sur la région Ile-de-France, Valérie Pécresse a honoré son contrat vis-à-vis des Saint-Germainois et je me suis fortement engagé à ses côtés parce qu’elle est une bonne présidente de région. Mais l'élection présidentielle, c'est encore autre chose, c'est avant tout une rencontre entre un homme ou une femme et les citoyens d’une nation. Ce n'est pas l'apanage d'un parti politique. Il faut faire attention à ne pas être pris en otage par des courants politiques de sa formation politique parce que cette élection transcende les clivages politiques. Le président Emmanuel Macron est fait d'un métal que peu d'autres candidats ont et il incarne le mieux cette voie et la force de la France sur le territoire et à l'étranger. Valérie Pécresse sera peut-être un jour présidente de la République, elle en a aussi toutes les qualités, mais ce n'est peut-être pas son moment. Le président de la République a besoin d'être reconduit pour avoir de la permanence dans l'action qu'il mène et continuer à réparer le pays.

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