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Développement économique Alain Aubry - Président de Roissy Dev - « la reprise se fait sentir »

Alain Aubry est depuis octobre 2020 le président de Roissy Dev, l'agence dédiée au développement économique de la communauté d'agglomération de Roissy Pays de France. Cette intercommunalité située à cheval sur le Val-D'Oise et la Seine-et-Marne (42 villes pour 350 000 habitants) est marquée par la présence de l'aéroport Paris-Charles de Gaulle, leader européen du transport passager et fret, mais aussi l'aéroport du Bourget, premier aéroport d'affaires européen. Si le secteur a souffert de la crise sanitaire, la reprise commence à se faire sentir, selon Alain Aubry.
Alain Aubry - Président de Roissy Dev - « la reprise se fait sentir »
© Roissy Pays de France

Économie Publié le ,

A quoi sert Roissy Dev ?

Alain Aubry : Roissy Dev est l'agence de développement économique de la communauté d'agglomération Roissy Pays de France. Association loi 1901, elle est l'outil économique de l'intercommunalité et réunit les élus du territoire, mais compte une majorité d'entreprises. L'objectif est de les associer à la stratégie de développement économique du territoire.

L'agence est un trait d'union entre les sphères publiques et privées, avec l'objectif de favoriser l'implantation de nouveaux projets à valeur ajoutée et pourvoyeurs d'emplois. Elle accompagne également les demandes et besoins des entreprises locales, dans le cadre de leur développement ou des difficultés qu'elles peuvent rencontrer. Elle met à jour un observatoire économique et promeut le territoire à l'international.

Votre agence s'est fixée quatre missions (promotion, animation, grands projets et tourisme). Comment cela se traduit-il concrètement ?

A. A. : Par de nombreuses actions. Tout d'abord l'implantation d'entreprises, nous recevons et prospectons des demandes d'entreprises que nous orientons vers les zones d'activités capables de les accueillir. Nous effectuons ce travail en réseau avec les aménageurs, mais aussi les agents d'immobilier d'entreprises, pour mailler au maximum le marché de l'offre.

Nous promouvons également le territoire vis-à-vis de cibles professionnelles et de prescripteurs (salons, presse, réseaux sociaux).

Le territoire compte près de 30 000 entreprises. Afin de faciliter et rationaliser les échanges avec elles, nous participons au développement d'associations de chefs d'entreprises locaux. Ces associations nous permettent de relayer l'information économique, de proposer des actions communes et d'observer des remontées du terrain.

Nous accompagnons et communiquons autour des grands projets du territoire (Ligne 17 du Grand Paris Express, Agoralim-Rungis, Triangle de Gonesse…) qui sont autant de leviers de développement pour le territoire et les entreprises qui le composent. Elles peuvent y trouver des débouchés en termes de marchés. Ces grands projets participent à l'attractivité de notre territoire et façonnent le Grand Roissy de demain.


Le territoire couvert par Roissy Dev abrite près de 30 000 entreprises. ©  Roissy Pays de France

Quelles sont les particularités de votre territoire ?

A. A. : Notre principale singularité réside bien entendu dans la présence de l'aéroport Paris-Charles de Gaulle, leader européen du transport passager et fret, mais aussi l'aéroport du Bourget, premier aéroport d'affaires européen. Notre économie repose donc essentiellement sur l'industrie et les services aéroportuaires (aéroport, compagnies, catering, fret, maintenance, etc.). Notre territoire est d'autant plus atypique qu'il compte 42 communes allant de 80 à 60 000 habitants, avec une connotation à la fois urbaine et rurale. Nous développons nos zones d'activité, mais nous avons aussi sanctuarisé 16 000 hectares de terres agricoles à travers une charte, qui nous engage pour les 50 prochaines années.

Être à cheval sur deux départements, c'est un avantage ou un inconvénient ?

A. A. : C'est une force, car tous les territoires environnant l'aéroport sont désormais réunis dans l'agglomération Roissy Pays de France. Sauf le secteur de la Seine-Saint-Denis qui, à travers l'Etablissement Public Territorial Paris Terres d'Envol, collabore avec l'agglomération au sein du Club des Acteurs du Grand Roissy (instance qui associe également la Communauté de communes Plaines et Monts de France). Nous sommes val-d'Oisiens autant que Seine-et-Marnais.

La baisse du trafic aérien, due à la crise sanitaire, a-t-elle redéfini vos priorités ?

A. A. : Bien sûr. 80 % de notre économie repose sur l'activité aéroportuaire. Avec une croissance de 3,5 % du trafic aérien jusqu'à mars 2020, cette spécialisation nous a permis de financer beaucoup d'équipements pour nos populations, à attirer de nombreuses entreprises et à créer des emplois. Mais le revers de la monoactivité a eu des impacts immédiats sur les entreprises ainsi que sur les ménages riverains, dont beaucoup travaillent sur ou pour la plateforme Paris-CDG.

C'est pourquoi nous travaillons à une diversification économique de notre territoire pour obtenir des leviers de croissance complémentaires.

Quel impact a eu cette crise sur votre territoire ?

A. A. : Un impact instantané : l'aéroport est le premier équipement à avoir fermé et le dernier qui refonctionnera normalement, car lié à la situation sanitaire mondiale. Après la crise sanitaire et économique, nous avons vu arriver une crise sociale pour nos populations travaillant dans l'aéroportuaire, mais pas seulement. Les secteurs de l'hôtellerie et de l'événementiel ont aussi été frappés de plein fouet.

C'est pourquoi l'agglomération a participé au Fonds Résilience de la Région Ile-de-France, pour aider les entreprises qui rencontraient des difficultés. Ce sont 633 000 euros sur 2020 et 2021 qui ont été mobilisés. Ce fonds a ainsi permis d'accompagner 140 entreprises pour un montant total à hauteur 2 474 291 euros. 421 emplois ont ainsi pu être préservés.

Par ailleurs, la Communauté d'Agglomération a décidé l'exonération partielle de la CVAE à hauteur de 3,6 millions d'euros et d'un dégrèvement de la CFE des TPE-PME dans les domaines du tourisme, de l'hôtellerie, de la restauration, du sport, de la culture, du transport aérien et de l'événementiel.

Comment vivez-vous l'abandon des projets du Terminal 4 et d'EuropaCity ?

A. A. : C'est toujours difficile, car ce sont des projets porteurs d'emplois et de développement pour notre agglomération.

Mais je suis optimiste : le Gouvernement a demandé à ADP (Aéroports de Paris) de retravailler une copie axée vers l'aéroport de demain, plus vert et tourné vers l'hydrogène et les biocarburants.

Par ailleurs, le projet Agoralim - porté par le Marché d'intérêt national de Rungis - nous permet de nous projeter sur la filière agro-alimentaire, en favorisant la production locale, les circuits courts, l'innovation et la formation. De plus, l'agglomération Roissy Pays de France a reçu le label national “Projet alimentaire territorial“.

Dans cette perspective, en quoi consiste la “Roissy Dev Box” ?

A. A. : C'est un outil né de notre réflexion à l'occasion de la crise sanitaire sur la relance des entreprises par le territoire. Nous avons souhaité créer une boîte à outils numérique pour dynamiser la reprise d'activité. Il s'agit d'une plateforme web hébergée sur le site de Roissy Dev (www.roissy-developpement.com).

Vous y trouvez un accès facilité aux marchés publics lancés par la communauté d'agglomération et les communes qui la composent. Un lien vers la plateforme de marchés franciliens Maximilien est également intégré.

Autre fonctionnalité : un répertoire des compétences vidéo : les chefs d'entreprise présentent leur activité à travers une capsule vidéo. Ainsi, il est plus facile d'aller chercher son prestataire au bout de sa zone d'activité plutôt qu'à l'autre bout de la France.

Enfin, nous y avons également intégré une bourse aux locaux pour favoriser les implantations d'entreprises.

Quel est le but de la plateforme Roissy Dev Emploi ? Quels sont vos besoins en la matière ?

A. A. : L'objectif de Roissy Dev Emploi est de trouver un emploi sur le territoire. C'est un service en ligne permettant de trouver facilement et rapidement des offres d'emplois en CDI, CDD, stage ou alternance dans différents domaines. Il s'agit d'un méta-moteur mis à jour quotidiennement et qui recense localement toutes les offres disponibles sur les plateformes web.

Comment va évoluer votre action en matière de formation ?

A. A. : Nous souhaitons que les formations pour nos habitants suivent les transformations en cours, pour trouver un job ou se reconvertir. Je pense à l'accompagnement au numérique pour les créateurs d'entreprises ou les dirigeants souhaitant digitaliser leur activité. Le Gouvernement est venu annoncer l'installation sur notre territoire d'une Cité scolaire à vocation hôtelière, secteur très présent mais avec des difficultés de recrutement.

Enfin, je crois beaucoup à la formation dans le domaine agro-alimentaire lié au projet Agoralim.

Qu'espérez-vous de l'année 2022 ?

A. A. : Je reste vigilent et optimiste. L'année 2022 sera encore fragile avec une part d'incertitude. Mais la capacité de résilience de notre territoire est forte et la reprise se fait sentir : le trafic aérien reprend, le taux d'occupation des hôtels augmentent et les visiteurs reprennent le chemin des salons professionnels. Soyons attentifs et positifs ! n

 

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